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Séjours musicaux magiques en Espagne et en Grèce

Une quarantaine d’étudiantes et d’étudiants ont assisté à des ateliers de musiques traditionnelles et partagé la scène avec des artistes locaux.

Par Pierre-Etienne Caza

21 avril 2026 à 16 h 58

Il y avait des étoiles dans les yeux des étudiantes et étudiants en musique qui ont accepté de raconter leurs séjours de mars dernier en Espagne et en Grèce. «C’est la première fois que je ressentais autant d’émotions en jouant de la musique, témoigne Élisabeth Trépanier, qui était du voyage en Espagne organisé par le chargé de cours Luc Boivin. À un des concerts, j’ai fondu en larmes tellement la communion entre les musiciens était belle et puissante.»

Tant en Espagne qu’en Grèce, les journées déjà bien remplies d’ateliers et de découvertes musicales se terminaient souvent par des jam sessions. «Je sais que mon objectif est atteint lorsque les étudiantes et les étudiants continuent à jouer tard dans la nuit avec leurs collègues européens», se réjouit le professeur Ons Barnat, qui avait organisé le séjour en Grèce.

Séjour à Athènes

Seize étudiantes et étudiants du cours Combo d’accompagnement ont séjourné à Athènes avec Ons Barnat. Le groupe a suivi des ateliers dans les locaux d’El Sistema Greece, l’antenne grecque d’un organisme qui a vu le jour au Venezuela et qui offre gratuitement des cours de musique aux enfants migrants. «Les ateliers étaient géniaux, souligne l’étudiant et batteur Alexandre Evans. C’étaient des musiciens de haut calibre qui nous ont montré les bases de la musique traditionnelle grecque.»

La professeure de danse invitée, Evdokia Skarlatou, qui enseigne au groupe les rudiments d'une danse traditionnelle grecque. Photo: Gabrielle Rheault

Après les ateliers, les étudiantes et les étudiants ont préparé deux concerts, l’un donné à l’Institut français de Grèce, soulignant le Mois de la Francophonie, et l’autre à l’American College of Greece. Les Uqamiennes et Uqamiens ont rencontré des artistes grecs et ont eu la chance de jouer avec eux ainsi qu’avec d’autres étudiantes et étudiants. «C’était un incroyable mélange de nationalités, raconte Ons Barnat. Tandis que la guerre en Iran éclatait, nous avions sur scène une guitariste iranienne, un bassiste israélien, une pianiste russe, des chanteuses grecques et des musiciens québécois».

«Nous n’avions qu’une seule journée de répétition pour monter les deux spectacles et nous n’avons même pas eu besoin de partitions, raconte l’étudiant et guitariste Maxime Pilon. Ça cliquait musicalement parlant.»

Les étudiants Jimmy-Dave Hébert, Jules Minville et William Delisle. Photo: Sunthy Williams-Prom Tep

Les deux combos du Québec, baptisés les Rita Moussaka et la Famille des Amis, ont eu l’occasion de faire connaître des pièces du répertoire québécois, notamment d’Harmonium et de Daniel Bélanger, à leurs collègues d’outre-mer.

Alexandre Evans et Maxime Pilon, qui traversaient l’Atlantique pour la première fois, ont adoré leur séjour. «Fouler le sol d’une civilisation millénaire, c’est un sentiment spécial, observe Alexandre. J’ai adoré les randonnées dans les hauteurs de la ville, la visite de l’Acropole et surtout me baigner dans la Méditerranée… même s’il faisait froid!»

Ons Barnat, qui avait organisé en 2024 un séjour semblable en Tunisie, adore initier ses étudiantes et étudiants aux contraintes inhérentes à ce type de voyage. «Nous sommes confrontés à une autre réalité culturelle et musicale, il faut lutter contre le décalage horaire pour assimiler toutes ces notions, répéter et performer sur scène. Je lève mon chapeau à nos étudiantes et étudiants qui ont relevé le défi!»

On peut visionner les stories Instagram réalisées par Ons Barnat durant le séjour ainsi que la vidéo souvenir.

Les étudiantes et les étudiants du cours d’Ons Barnat se préparent à accompagner les étudiantes et les étudiants en chant populaire dans le cadre d’un concert à la Sala Rossa (4848, boul. Saint-Laurent), le 28 avril prochain. Le répertoire de Daniel Bélanger sera à l’honneur lors de ce concert.

Séjour à Pontós

Une vingtaine d’étudiantes et d’étudiants ont atterri à Barcelone avec le chargé de cours Luc Boivin, qui donne depuis de nombreuses années différents cours de percussions au Département de musique. «Pour le cours Grand ensemble de percussions latines, j’ai eu l’idée d’organiser un séjour avec mon bon ami musicien Aleix Tobías, raconte-t-il. Les gens pensent spontanément au flamenco quand on évoque l’Espagne, mais il y a tellement plus. Toutes les musiques ibériques et les formes de chants sont fascinantes.»

Logés au couvent de Pontós, à une centaine de kilomètres de la capitale catalane, le groupe a vécu l’équivalent d’un tout-inclus musical. «Aleix Tobías joue avec les meilleurs musiciens de Barcelone et il les avait invités au couvent, raconte Luc Boivin. Nous avions droit chaque soir à un spectacle privé. Et le lendemain, ces magnifiques artistes donnaient un atelier au groupe. Ce fut un séjour au-delà de nos attentes.»

Les étudiantes et étudiants confirment. «Les classes de maître étaient incroyables, témoigne Albane Chateau. On s’est rapidement aperçu que dans la musique ibérique, tout est lié: le chant, la danse, la percussion et la guitare.» Sa collègue Élisabeth Trépanier a été agréablement dépaysée. «Il y a plein d’instruments que je n’avais jamais vus!», dit-elle.

Les différents ateliers étaient donnés par les meilleurs musiciens de Barcelone. Photo: Albane Chateau

«Nous avions trois heures de musique le matin, trois heures en après-midi et un concert le soir, raconte l’étudiant Adam Gagné. Et après le concert, Élisabeth commençait souvent un jam pour prolonger le plaisir.»

L’instrument qui a le plus marqué le groupe est le cuadrado, un tambour carré sur cadre. «Quand on est 22 personnes à en jouer, il y a une telle chaleur qui se dégage, c’est impressionnant», souligne Luc Boivin. Plusieurs étudiantes et étudiants en ont rapporté un dans leur bagage.

Le cuadrado, un tambour carré sur cadre, a été le coup de cœur des étudiantes et des étudiants. Photo: Albane Chateau

Le groupe a été impressionné de constater que les musiciens espagnols jouent à l’oreille, sans partitions. «Tout le monde connaît les codes et les rythmes. C’est un peu comme du jazz. Personne ne répète et les concerts sont fabuleux. On ne vit pas ça fréquemment au Québec», témoigne Luc Boivin.

«Au Québec, on joue de notre instrument seul pour répéter et lorsqu’on est en groupe, c’est souvent très performatif, confirme l’étudiant Émeric Berthelot-Lefebvre. Là-bas, c’est la connexion et le plaisir de jouer avec les autres musiciens qui importent. On joue de la musique parce que ça fait du bien.»

Albane Chateau a retenu elle aussi la leçon prodiguée lors du dernier atelier du séjour. «L’intention est plus importante que la perfection, les notes et la justesse, explique-t-elle. Au début de la semaine, nous étions en mode bons élèves, mais à la fin, nous avions compris que c’est l’émotion, la vérité et l’authenticité qui comptent.»

Photo: Albane Chateau

Isolé du reste du monde dans ce couvent, le groupe a développé un esprit de corps qui a marqué l’expérience. «Nous étions 22 personnes et il y avait des gens à qui je n’avais jamais adressé la parole parce que nous ne sommes pas dans la même concentration, raconte Élisabeth Trépanier. Après avoir partagé une espèce de dortoir qu’il fallait chauffer à tour de rôle avec le poêle à bois, je les connais bien. En deux semaines, nous sommes devenus un collectif.»

Ces mots font plaisir à Luc Boivin. «Je vois depuis des années les mondes classique, pop et jazz rester chacun dans leur bulle, alors que nous devrions tous être capables de communiquer par la musique. Les choses commencent à bouger un peu en ce sens, mais c’est long. Un voyage comme celui-ci a permis aux étudiantes et étudiants de s’ouvrir sur le monde et envers leurs collègues. C’est fantastique.»

On peut visionner la vidéo souvenir de ce voyage ici.

Les projets de mobilité de courte durée

«La formule de ces courts séjours musicaux a été rendue possible grâce à des bourses à la mobilité de courte durée offertes par le Service des relations internationales (SRI)», précise la conseillère à la mobilité Gabrielle Rheault, qui accompagnait le groupe en Grèce afin d’assurer la partie logistique du voyage.

Les bourses pour les personnes étudiantes participant aux projets de mobilité peuvent varier entre 1000 dollars et 3000 dollars, afin de couvrir leurs frais de déplacement. «Ces bourses s’inscrivent dans une volonté de mobilité durable, avec un programme de compensation carbone et le souci de choisir des hébergements bons pour l’environnement», précise la conseillère.

Le séjour de mobilité doit s’intégrer dans un cours crédité de l’UQAM et être intégré dans les évaluations du cours. «Les projets de tous les cycles sont acceptés, mais les projets au premier cycle seront priorisés», note Gabrielle Rheault. Le séjour doit avoir une durée minimale de 7 jours et une durée maximale de 10 jours, déplacements compris.

En fonction du budget disponible, jusqu’à quatre projets de mobilité par année pourront être sélectionnés. Les membres du corps enseignant qui souhaitent mettre en place un projet de mobilité internationale de courte durée dans le cadre d’un cours offert à l’UQAM peuvent se renseigner ici.