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Vers la mise en place d’une approche globale de la santé

Fabrice Brunet, vice-recteur associé au Développement des sciences de la santé, fait le point sur le projet de l’UQAM en santé.

28 avril 2025 à 8 h 00

Un an après son arrivée en poste, le vice-recteur associé au Développement des sciences de la santé, Fabrice Brunet, garde le cap. Dans la foulée de la création de la nouvelle Faculté des sciences de la santé, adoptée par résolution unanime du Conseil d’administration le 23 octobre dernier, il poursuit le travail de mise en place de l’approche globale de la santé privilégiée par l’UQAM.

«Cette approche globale inclut aussi bien les déterminants personnels, génétiques, que les déterminants environnementaux de la santé et de la maladie», précise le vice-recteur associé.


Une année de consultations

Au cours de la dernière année, Fabrice Brunet a mené des consultations auprès de tous les groupes de la communauté universitaire pour enrichir et affiner le projet de la nouvelle Faculté des sciences de la santé. Il a aussi rencontré les instances de l’Université à plusieurs reprises.

La création de la Faculté a été annoncée le 1er novembre dernier à l’occasion d’un colloque organisé par l’UQAM et l’Association pour la santé publique du Québec. Ce grand événement a réuni des experts pour réfléchir à l’évolution des concepts en santé et aux approches innovantes en matière de soins.

«Les échanges et discussions avec les membres de la communauté de l’UQAM se sont poursuivis après la création de la Faculté, nous permettant de peaufiner encore davantage notre vision du projet, indique-t-il. En particulier, nous avons encore plus travaillé sur l’accessibilité aux soins, sur la définition d’une santé pour toute la population, y compris les populations vulnérables et marginalisées. Depuis janvier, nous sommes en train de nous doter des moyens de réaliser cette vision.»

Le développement de la Faculté ne concernera pas uniquement la formation et les études, mais aussi la recherche et l’innovation, comme c’est le cas pour les autres facultés de l’UQAM. «Nous sommes engagés actuellement sur tous ces volets de la mission universitaire», affirme le vice-recteur associé, qui préconise une approche transdisciplinaire, sous une forme de pratique collaborative déjà développée à l’UQAM pour répondre adéquatement aux besoins en santé.

«À travers la collaboration avec les facultés, l’École des sciences de la gestion, les instituts et les pôles, notamment, nous avons dressé un inventaire de tout ce qui existe déjà à l’UQAM – les connaissances, la recherche, l’enseignement, les innovations –, tout ce qui se retrouve sur le site web Expertises en santé, et, parallèlement, nous avons mis en place les éléments pour construire de nouveaux programmes d’études», dit-il.

Les deux dimensions d’une approche globale de la santé, d’une part la prévention et le maintien de la santé, et d’autre part le diagnostic et le traitement de la maladie, seront intégrées dans le développement de la Faculté. Ainsi, la santé physique ou mentale, la dimension sociale de la santé, les vulnérabilités et les spécificités de chaque population, la prévention et la réduction des maladies, leur détection, leur traitement, la réadaptation et le retour à la santé feront partie de cette vision.

«Notre approche de la santé ne se limite pas aux personnes malades ou très malades, souligne Fabrice Brunet. Elle s’adresse à toutes les personnes, dans toutes les circonstances de leur vie, et concerne tous les facteurs environnementaux qui risquent de compromettre leur santé, tout au long de leur parcours de vie.»


Une salle de pilotage

L’utilisation des données fait partie du raisonnement des professionnelles et professionnels de la santé. Elle permet de mieux connaître les besoins individuels et collectifs des patients ainsi que ceux des équipes et du système de santé. La gestion de ces données de plus en plus nombreuses et complexes requiert l’utilisation de l’intelligence artificielle pour assister le professionnel. Ceci nécessite une formation spécifique pour s’assurer d’une approche éthique et responsable de l’intelligence artificielle.

Le vice-recteur associé travaille présentement à la mise sur pied d’une salle de pilotage dont l’objectif sera d’améliorer la prise de décision dans le domaine de la santé. «En combinant l’intelligence humaine avec l’intelligence artificielle, on va potentialiser l’analyse des données disponibles», explique Fabrice Brunet. Plutôt que de se contenter d’analyser des données de façon rétrospective, cette salle de pilotage permettra aux intervenantes et intervenants en santé d’anticiper les problématiques, de faire des prédictions et d’être proactifs pour investir les précieuses ressources là où cela compte le plus.

«Que ce soit au niveau de la rencontre entre un patient et un médecin ou au niveau du système de santé, en passant par tous les échelons intermédiaires, on veut enseigner comment utiliser les données pour améliorer la prise de décision», dit-il.

Un exemple? Chaque hiver, on attend que l’augmentation des cas de grippe engorge les urgences pour réagir, illustre Fabrice Brunet. En s’appuyant sur une meilleure analyse des données, on pourrait agir de façon proactive afin de mettre en place les ressources nécessaires, et des mesures de prévention ciblées afin de mieux faire face à cette augmentation saisonnière.

Utiliser l’intelligence artificielle permet d’analyser des situations complexes et de tester différents scénarios, observe le vice-recteur associé. «Si les personnes vivant aux abords d’une autoroute urbaine présentent un taux élevé de maladies respiratoires, est-ce que le fait de recouvrir cette autoroute permettrait d’abaisser le taux de maladies ou pas? C’est un exemple de sujet de recherche en santé publique ou populationnelle. L’utilisation critique des données et de l’intelligence artificielle peut contribuer à fournir les arguments d’une décision éclairée en santé.»


Des partenariats à l’international

Pour Fabrice Brunet, il est important que l’UQAM développe cette vision globale de la santé en collaboration avec ses partenaires au sein du réseau de la santé et du réseau de l’Université du Québec, mais aussi à l’international. «Nous avons commencé à établir des collaborations avec plusieurs universités en France et ailleurs en Europe qui partagent notre approche globale de la santé.»

Le vice-recteur associé compte aussi organiser d’autres rencontres et consultations au cours des prochains mois, à l’interne comme à l’externe. «On veut s’assurer que les programmes qui seront développés à l’UQAM répondent bien aux besoins de la communauté étudiante, du corps professoral, des personnes chargées de cours, des chercheuses et chercheurs ainsi que de la population», conclut-il.