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Lancement de la boule Danse dans la neige

L’objet produit en petite série par la Galerie de l’UQAM rend hommage à la célèbre chorégraphie de Françoise Sullivan.

Par Marie-Claude Bourdon

28 février 2025 à 7 h 56

C’est la directrice de la Galerie de l’UQAM, Louise Déry, qui a eu cette idée magnifique: produire une boule à neige – cet objet décoratif renfermant des paillettes qui évoquent une tempête de neige quand on le secoue – sur la chorégraphie emblématique de Françoise Sullivan, Danse dans la neige. Conçu avec le plus grand soin par les techniciens de la Galerie, l’objet produit en petite série de 101 exemplaires numérotés et signés par l’artiste est une véritable œuvre d’art, dont le lancement a eu lieu le 27 février dernier. Il s’agit de la dernière œuvre de Françoise Sullivan à entrer dans la collection de la Galerie.

Avec sa figurine en argent, son globe en verre, son socle d’albâtre, son coffret et son livret de présentation, la boule a peu à voir avec ses semblables en plastique vendues dans le commerce comme souvenirs touristiques. Mais Danse dans la neige n’en est pas moins un clin d’œil à l’hiver québécois en même temps qu’un superbe hommage à la chorégraphie considérée comme une œuvre fondatrice de la danse contemporaine au Canada.

La boule à neige transpose en trois dimensions une des poses de la célèbre chorégraphie exécutée par Françoise Sullivan le 28 février 1948 sur le mont Saint-Hilaire enneigé. «Ce jour-là, évoquera-t-elle, j’ai dansé les pieds légers, sur les pentes rudes de l’hiver. J’ai tourné dans l’air glacé et couru sous le soleil qui s’est voilé, en fin d’après-midi. Les gestes sont devenus évocateurs des mélancolies du nord.»

Ces propos nous sont rapportés dans le livret, dont le texte est signé par Louise Déry. À l’époque, rappelle la directrice de la Galerie, deux complices accompagnaient l’artiste : «Jean-Paul Riopelle, qui l’avait encouragée à réaliser son idée, et Maurice Perron, dont les photographies nous parviendront, immortalisées dans un album conçu et édité par Françoise Sullivan en 1977.»

On a déjà pu voir quelques-unes de ces images à la Galerie de l’UQAM, qui n’en est pas à son premier projet avec l’artiste. Louise Déry a exposé son travail à de multiples reprises et lui a dédié plusieurs publications. Toujours active, Françoise Sullivan a collaboré à la réalisation de la boule à neige, dont la conception et la fabrication sont signées par la technicienne et le technicien en muséologie de la Galerie Johane Levesque et Philippe Chevrette.

L’artiste est ravie de cette nouvelle incarnation de son œuvre. Le 20 février dernier, un autre hommage lui était rendu: la projection Danse dans la nuit, qui illumine DAMIERS 2023, une murale inaugurée en octobre 2023 à l’occasion de son centième anniversaire. Ce projet dont l’UQAM est aussi partie prenante se déploie sur la façade de l’hôtel Hyatt Place, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert, au cœur du Quartier latin.

Le lancement de la boule à neige s’est déroulé à la Galerie de l’UQAM en présence de Françoise Sullivan, qui a relaté le récit émouvant de cette journée mémorable de l’hiver 1948. Son fils, Francis Ewen, Yseult Riopelle, fille de Jean-Paul Riopelle, le recteur, Stéphane Pallage, le galeriste Simon Blais, Louise Déry et Louise Poissant, professeure à l’École des arts visuels et médiatiques pendant près de 30 ans et aujourd’hui directrice scientifique ainsi que membre du conseil d’administration du Fonds de recherche du Québec (Société et culture), comptaient également parmi les personnes présentes.

«Françoise Sullivan est une grande alliée de l’UQAM, plus particulièrement de notre Galerie, a déclaré Stéphane Pallage lors du lancement. Elle est une citoyenne d’honneur de notre Université, qui lui a décerné un doctorat honoris causa. Françoise Sullivan est également une inspiration pour nos étudiantes et étudiants qui choisissent nos formations en danse ou en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Merci aussi à Françoise Sullivan d’avoir cosigné le manifeste Refus global, texte fondateur de notre modernité.»