Le gouvernement du Québec accorde un financement de deux millions de dollars au réseau de l’Université du Québec (UQ) afin de soutenir son programme de formation médicale panquébécois, centré sur la médecine de famille et la première ligne. La première ministre, Christine Fréchette, et la ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger, en ont fait l’annonce le 13 juillet.
Ce montant permettra à l’UQ de poursuivre les travaux préparatoires nécessaires au développement de ce projet novateur, qui vise à former davantage de médecins appelés à pratiquer durablement dans les régions ainsi que dans les milieux urbains moins bien desservis. Le programme reposera sur une approche de formation ancrée dans les communautés, axée sur la médecine familiale, le travail interprofessionnel et l’adaptation aux besoins des populations locales.
Selon le recteur Stéphane Pallage, présent lors de l’annonce gouvernementale, «cet appui marque une avancée déterminante pour le nouveau programme de médecine familiale dont l’UQAM et l’ensemble des composante de l’UQ souhaitent doter le Québec. Ce programme permettra une prise en charge plus rapide des malades, dans un continuum de prévention et de première ligne efficace».
Renforcer la première ligne
Le programme de médecine s’inscrit en effet dans un contexte de renforcement de la première ligne au Québec. Cette volonté s’accompagne d’un enjeu d’attractivité de la médecine de famille: depuis 10 ans, plus de 600 postes de résidence en médecine de famille sont demeurés non comblés au deuxième tour du jumelage, dont une centaine uniquement en 2026. Le programme mise sur le recrutement en région et dans les zones urbaines moins bien desservies, l’exposition précoce à la première ligne et la valorisation de la médecine de famille.
Il accueillera une cohorte de 200 personnes étudiantes par année et s’appuiera sur une force reconnue. Entre 2020 et 2024, les établissements de l’UQ, dont l’UQAM, ont formé près de 11 000 professionnelles et professionnels dans 14 professions de la santé et des services sociaux, dont plusieurs soutiennent directement la première ligne. Le programme de médecine viendra compléter cette offre de formation en misant sur l’interprofessionnalité et les liens déjà établis avec les milieux de soins partout au Québec.
«Le Québec a besoin de solutions structurantes pour améliorer l’accès à la première ligne, a affirmé Alexandre Cloutier, président de l’Université du Québec. Avec ses dix établissements, l’UQ a été créée pour répondre aux besoins des collectivités sur l’ensemble du territoire. Nous voulons mettre cette mission au service d’un enjeu majeur pour l’avenir du Québec: former des médecins qui s’engageront pour la médecine de famille et qui s’enracineront dans leur communauté de formation.»
«En favorisant la formation d’une relève médicale ancrée dans les réalités des communautés et des populations locales, nous poursuivons nos efforts pour bâtir un réseau de la santé plus solide et tourné vers l’avenir, a indiqué la première ministre Christine Fréchette. L’investissement contribuera à soutenir une pratique durable de la médecine familiale, enracinée dans les milieux où elle est exercée.»
Une démarche concertée
L’appui du gouvernement s’inscrit dans la continuité des travaux amorcés au sein du réseau de l’UQ au cours de la dernière année. Au cours de sa phase préparatoire, l’UQ a mené la plus vaste démarche de consultation de son histoire pour la création d’un programme. Cette démarche a mobilisé des centaines d’organisations, dont des universités, des partenaires du réseau de la santé et des services sociaux, des ordres professionnels, des fédérations médicales, des organisations issues des Premiers Peuples, des milieux communautaires, des municipalités et des associations citoyennes.
Deux activités de concertation sur le projet se sont tenues à l’UQAM au cours des derniers mois. La première, qui avait lieu au Cœur des sciences le 10 avril, a placé les cinq fondements du programme – une médecine communautaire, une médecine humaine, une médecine durable, une médecine collaborative et une médecine efficiente – au cœur des discussions. La seconde, organisée le 22 juin en collaboration avec le Service aux collectivités, a permis aux responsables des Tables de quartier du Centre-Sud et de l’Est de l’Île de Montréal de faire valoir leur point de vue sur les besoins de leur communauté.