La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, a annoncé, le 29 mai dernier, un soutien financier de plus de 1,2 million $ à la Fondation de l’UQAM pour la création du Pôle de cohabitation sociale du Quartier latin. Accompagnant l’ambitieux projet de relance du quartier porté par plusieurs acteurs du secteur, la mise en place du Pôle de cohabitation sociale se fera en collaboration avec trois organismes partenaires de l’Université: Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la Société de développement du Quartier latin (SDC) et la Société de développement social (SDS).
Ce projet d’une durée de trois ans a pour objectif de mieux soutenir les personnes en situation de vulnérabilité, notamment les personnes en situation d’itinérance, grâce à une approche préventive, concertée et adaptée aux réalités du Quartier latin.
«Le Quartier latin est un carrefour phare de Montréal, a déclaré Chantal Rouleau. Il s’agit d’un milieu de vie, d’études, de culture et de rencontres dont la vitalité passe aussi par une meilleure cohabitation. Grâce au Pôle de cohabitation sociale du Quartier latin, nous misons sur une approche humaine fondée sur l’écoute, l’accompagnement et la collaboration afin d’offrir des solutions concrètes et adaptées aux réalités du terrain.»
Le recteur, Stéphane Pallage, a salué l’investissement annoncé par Québec. «Le projet du Pôle de cohabitation sociale du Quartier latin, piloté par la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, Priscilla Ananian, repose sur une conviction claire: inclusion, sécurité et solidarité doivent se construire ensemble, a-t-il souligné. L’approche d’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité qui sera mise en place privilégie la présence sur le terrain et le lien humain. Ce projet témoigne aussi de la force de la collaboration entre institutions publiques et acteurs locaux, au bénéfice d’un quartier vivant et apprenant.»
Le recteur a indiqué que les chercheuses et chercheurs de l’UQAM sont tournés depuis toujours vers les besoins des milieux et que leurs travaux s’élaborent avec eux. Mais, l’Université ne se contente pas d’observer et de documenter, elle agit aussi, a-t-il poursuivi. «C’est ainsi, par exemple, que l’UQAM a mis en place cet hiver la 3e édition de sa halte-chaleur, avec l’appui du gouvernement et l’apport précieux de la Société de développement social. C’est aussi dans la perspective de nous engager concrètement dans le quartier que j’ai demandé la création d’un poste de vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin lors de mon entrée en fonction au printemps 2023.»
«Grâce à une présence sur le terrain et en tissant des liens de confiance, les initiatives qui seront mises en place dans les prochains mois contribueront à rendre le Quartier latin plus accueillant et plus inclusif. L’objectif est simple: mieux soutenir les personnes en situation de vulnérabilité tout en améliorant l’expérience de l’ensemble des personnes qui vivent, étudient, travaillent ou fréquentent le Quartier latin, dont près de 40 000 membres de notre communauté universitaire», a noté la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, Priscilla Ananian.
La ministre de l’Enseignement supérieur et ministre responsable de la Condition féminine, Martine Biron, également présente à la conférence de presse, a rappelé que, conformément au budget 2026-2027, une allocation de 3 millions $ sur trois ans est réservée à l’UQAM en vue d’assurer une réponse efficace aux enjeux de cohabitation sociale.
«Le campus de l’UQAM est directement exposé à l’augmentation marquée de la présence de personnes en situation de vulnérabilité, a observé Martine Biron. Cette réalité dépasse le cadre universitaire et soulève des enjeux complexes de sécurité et de cohabitation sociale dans le Quartier latin.»
Investissements de la Ville de Montréal
La Ville de Montréal a annoncé qu’elle accordait un financement pour une équipe de deux nouveaux intervenants sociaux qui parcourront le quartier dès la mi-juin. Cette initiative sera pilotée par la SDS.
Par ailleurs, l’arrondissement de Ville-Marie et la ville centre investiront 1,5 million de dollars en 2026 par l’intermédiaire de la Société de développement du Quartier latin pour améliorer l’animation, la propreté et l’attractivité du secteur.
Marie Grégoire, présidente-directrice générale de BAnQ, a insisté sur l’importance de multiplier l’impact des actions afin de «tisser plus serré le filet social au cœur du Quartier latin». Pour Martin Raymond, directeur général de la SDS, la cohabitation sociale, c’est refuser d’opposer la sécurité et la solidarité. «On a besoin d’un milieu plus sécuritaire, mais on a aussi besoin d’une réponse humaine pour les personnes qui vivent des situations de grande vulnérabilité». Enfin, Julien Vaillancourt Laliberté, directeur général de la SDC, a souligné que «l’initiative visant à réunir des institutions, des organismes communautaires et des acteurs du milieu autour d’une même vision permettra de consolider un environnement plus accueillant, sécuritaire et inclusif pour l’ensemble de la communauté».