Une vingtaine d’étudiantes et étudiants se sont inscrits à un cours d’été intensif offert par la Faculté des arts dans le cadre de la 61e Biennale de Venise, la plus ancienne et la plus prestigieuse exposition d’art contemporain dans le monde. Ce cours de premier cycle, qui se déroulera du 8 au 14 juin prochains sur le site de la biennale, a suscité un intérêt tel que les places disponibles se sont rapidement envolées (une liste d’attente est en train d’être constituée). Il sera donné par la professeure du Département d’histoire de l’art Marie Fraser et sa collègue chargée de cours Marie-Ève Charron (B.A. histoire de l’art, 2000), également critique d’art au Devoir.
Le cours portera sur les enjeux contemporains en arts visuels, à travers des œuvres et pratiques artistiques actuelles ainsi que la biennale elle-même. Il abordera son histoire politique, notamment sa volonté récente de décentrer le point de vue occidental et d’ébranler les références canoniques et autres positions d’autorité dans le domaine artistique. Une attention particulière sera accordée à la représentation canadienne, notamment à l’artiste d’origine iranienne Abbas Akhavan, vivant à Montréal et à Toronto, ainsi qu’à l’histoire du pavillon du Canada. En effet, la Biennale de Venise est l’une des rares biennales d’art à avoir conservé une représentation nationale à travers ses quelque 80 pavillons nationaux.
Le séjour sera aussi l’occasion de découvrir les «coulisses» d’une vitrine de l’art contemporain mondial: manutention, encaissage et transport des œuvres, montage, organisation du vernissage, etc.
En mai prochain, avant le départ, trois rencontres auront lieu à l’UQAM afin de se familiariser avec l’équipe curatoriale et la thématique de la Biennale 2026 ainsi qu’avec l’histoire de l’événement et de ses directions artistiques.
Une édition exceptionnelle
La 61e édition de la Biennale de Venise (9 mai au 22 novembre 2026) s’annonce exceptionnelle. Sous le thème In Minor Keys (En touches mineures), elle a été imaginée par Koyo Kouho, première femme africaine à occuper le poste de commissaire de l’événement avant son décès soudain en mai 2025. «Les touches mineures, ce sont aussi les petites îles, les mondes au milieu des océans avec des écosystèmes distincts et infiniment riches, des vies sociales qui s’articulent, pour le meilleur et pour le pire, dans des formes politiques et des enjeux écologiques beaucoup plus vastes», expliquait Koyo Kouho au moment où elle formulait le projet.
Outre l’exposition thématique centrale dans les jardins Giardini, la Biennale se déploiera partout dans la ville avec les pavillons nationaux et divers événements collatéraux au Palazzo Grassi, à la Punta della Dogana, à la Fondation Prada et à la Peggy Guggenheim Collection.
L’édition 2026 propose une immersion dans des formes artistiques intimes et réparatrices, une esthétique relationnelle privilégiant l’humain, l’écoute et l’attention dans un monde saturé de crises. Elle vise, entre autres, à réhabiliter les pratiques vernaculaires et les savoirs ancestraux, à donner une place centrale aux artistes comme médiateurs, à connecter l’art à ses fonctions émotionnelles et sociales, et à faire écho à divers enjeux actuels: décolonisation des imaginaires, écologie, archipels culturels et polyphonie des voix.
Par le passé, d’autres cohortes étudiantes ont eu la chance de suivre des cours à la Biennale de Venise. La directrice de la Galerie de l’UQAM Louise Déry et la professeure Marie Fraser ont également été commissaires d’expositions tenues à Venise. En 2007, Louise Déry avait présenté les œuvres de David Altmejd (B.A. arts visuels, 1998), alors le plus jeune artiste à représenter le Canada à la Biennale (sa plus récente exposition se poursuit à la Galerie jusqu’au 24 janvier prochain). Puis, lors de l’édition de 2013, elle avait mis en valeur les talents d’une autre artiste uqamienne avec la présentation d’une performance de Raphaëlle de Groot (M.A. arts visuels et médiatiques, 2007) qui avait débuté dans les Giardini pour se poursuivre sur les canaux de la ville. Enfin, Marie Fraser a assuré le commissariat des œuvres du collectif d’artistes BGL à la 56e Biennale de Venise en 2015.