Quatre nouveaux projets ont été choisis par le comité de sélection du Fonds vert. S’adressant à la communauté universitaire (personnes étudiantes, corps enseignant, personnel cadre et de soutien), ce fonds géré par le Vice-rectorat au Développement humain et organisationnel (VRADHO) offre un appui et un financement pouvant aller jusqu’à 7 000 dollars aux initiatives écoresponsables, menées en concordance avec la Politique no 37.
Le fonds agit comme un levier en appui au Plan d’action intégré en matière d’écoresponsabilité (PAIME) pour atteindre la carboneutralité avant 2040. «Les projets retenus réduisent le gaspillage, diminuent les émissions de gaz à effet de serre, favorisent l’adaptation aux changements climatiques et rendent notre université plus efficace», souligne Cynthia Philippe, conseillère en écoresponsabilité.
Plus de 60 projets ont été financés par le Fonds vert depuis sa création en 2008. L’appel de projets se fait désormais en continu, sans date limite. «Cela facilite la fluidité pour les membres de la communauté, qui peuvent choisir le moment de déposer leur projet en fonction de leur agenda», précise la conseillère.
Réutiliser le plastique dans les laboratoires
Les laboratoires scientifiques génèrent une quantité importante de déchets liés au matériel en plastique à usage unique. Bien qu’ancrée dans les protocoles de sécurité, cette pratique contribue fortement à l’empreinte écologique de la recherche universitaire. Les déchets sont parfois non recyclables en raison de leur contamination par des solvants ou des matières organiques, mais il arrive aussi qu’ils ne soient que légèrement souillés et donc potentiellement réutilisables.
Afin de réduire significativement la consommation de plastique à usage unique dans les laboratoires, le Groupe de travail sur les laboratoires verts mettra en place un système de collecte, de lavage et de réutilisation des articles en plastique, comme les boîtes de Pétri, les embouts, les tubes et les flacons. Le service de lavage sera assuré par la jeune entreprise québécoise Phoenix Impact, spécialisée dans le nettoyage industriel écoresponsable. Cette initiative permettra de diminuer les déchets générés par les activités de recherche tout en sensibilisant la communauté scientifique à des pratiques plus durables.
Le projet pilote sera mis en œuvre à l’été 2026. Le groupe de travail est formé de Karl-Frédéric Bergeron, conseiller à la recherche à la Faculté des sciences, Simon Paradis, technicien de laboratoire au Département des sciences biologiques, et Sébastien Laffitte-Fitou, directeur de la Conciergerie et du service aux usagers.
Une plateforme d’échange et de transfert d’objets
Les déchets des uns sont le trésor des autres. À l’UQAM, des objets ou équipements qui ne servent plus dans une unité pourraient être convoités ailleurs.
Afin de valoriser les ressources existantes et lutter contre le gaspillage, le Groupe de travail sur la consommation écoresponsable a mis en place une plateforme numérique dédiée à l’échange et au transfert d’objets, de matériaux et d’équipements entre les unités administratives et académiques de l’Université. Les membres de la communauté uqamienne peuvent publier, consulter et réclamer des équipements de bureau inutilisés par d’autres unités. La plateforme inclut un système de publication avec photos et descriptions, une interface de recherche, de filtrage, de notifications et de gestion des demandes.
Le groupe de travail est formé d’Ibrahima Khalil Cisse, étudiant en informatique et génie logiciel, Ramona Szanto, directrice des approvisionnements aux Services financiers et de l’approvisionnement (SFA), Karine Tanguay, attachée d’administration au SFA, et Hans Asnong, agent de recherche au Département de géographie.
Gestion des eaux pluviales et de la biodiversité
Avec l’intensification des changements climatiques, les épisodes de pluies torrentielles deviennent de plus en plus fréquents. Ces précipitations soudaines et abondantes posent un défi majeur aux infrastructures immobilières de l’UQAM. À plus large échelle, chaque épisode peut entraîner des refoulements d’égout dans les bâtiments, des inondations de rues et de sous-sols ainsi que la pollution des cours d’eau par le débordement des eaux usées.
Une équipe de travail réalisera un diagnostic approfondi de la gestion de l’eau sur les campus de l’UQAM, en mettant en lumière les pratiques actuelles, les infrastructures existantes et les comportements liés à la consommation et à l’évacuation de l’eau. L’initiative s’inscrit dans une démarche écoresponsable et interdisciplinaire, avec pour objectif d’identifier les sources de gaspillage, les inefficacités techniques et les occasions d’amélioration et d’innovation.
Le projet analysera les surfaces imperméables sur les deux campus du centre-ville, les systèmes de drainage existants et proposera des solutions, telles que l’aménagement de bassins de rétention, l’utilisation de pavés perméables, la végétalisation des toits et la déconnexion des eaux pluviales du réseau d’égout sanitaire, s’il y a lieu.
L’équipe du projet est composée de Florent Barbecot, professeur au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère, Stéphane Bon, directeur du Service des immeubles, Tabaski Fayes, étudiante à la maîtrise en sciences de la Terre, Sébastien Laffitte-Fitou, directeur de la Conciergerie et du service aux usagers, et Véronique Paris, directrice adjointe, Entretien et maintenance.
Des chaises revalorisées grâce au design
Chaque année, entre 150 et 200 chaises se brisent, principalement aux niveaux des assises et des dossiers en plastique. Au lieu d’être envoyées vers des sites d’enfouissement, ces chaises en fin de vie seront revalorisées grâce à un projet novateur de recherche-création mené par les professeurs de l’École de design Maurice Cloutier et Guillaume Sasseville.
Dans une démarche alliant design et économie circulaire, les professeurs, accompagnés de l’assistant de recherche David Sauvé et de l’équipe du Laboratoire Design + Proximité, actualisent des lots de chaises désuètes en leur donnant une nouvelle forme, plus confortable, plus durable et résolument contemporaine.
Avec près de 10 000 chaises réparties dans 300 salles de cours, le potentiel de revalorisation est immense. L’impact du projet pourrait même s’étendre au-delà des murs de l’UQAM. En plus des bénéfices environnementaux associés au maintien en usage des cadres structuraux, la démarche propose une version actualisée de la chaise qui soit représentative du contexte culturel actuel.