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Le pavillon de Design reçoit le Prix du XXe siècle de l’Institut royal d’architecture du Canada

Ce prix souligne l’excellence architecturale du pavillon, la qualité de sa conception et sa gestion responsable.

14 avril 2026 à 15 h 38

Le pavillon de Design a été récompensé par le Prix du XXe siècle, remis par l’Institut royal d’architecture du Canada (IRAC). Créé en 2007 pour le centenaire de l’IRAC, ce prix célèbre les réalisations exceptionnelles du XXe siècle. L’Institut souligne l’excellence architecturale et durable du pavillon, la qualité de sa conception et la gestion responsable et continue de l’UQAM depuis son inauguration en 1995.

Un bâtiment moderne intégré au Quartier latin

La conception du pavillon de Design, sur la rue Sanguinet, a été confiée à la firme Dan Hanganu Architectes et sa construction s’est échelonnée de 1994 à 1995. Ce projet a été porté et rendu possible grâce à la vision de l’UQAM et de son École de design.

L’acier et le verre y prédominent et la lumière naturelle y tient une place importante. Des jeux de transparence entre les espaces, créés notamment par des blocs de verre et des grillages métalliques, accentuent le concept du pavillon comme lieu public en lien avec l’extérieur, ouvert vers et sur le Quartier latin.

Une œuvre d’art de Pierre Leclerc complète le pavillon, intégrée à la façade du bâtiment. Il s’agit d’une structure d’acier galvanisé de 12 mètres carrés comprenant 72 plaques de verre clair et givré. L’œuvre, dotée d’éléments mobiles, peut servir de support à diverses interventions graphiques et projections animées.

Depuis son inauguration, le pavillon de Design s’est imposé comme un lieu phare de création, d’apprentissage et de rencontres, tant pour la communauté universitaire que pour les partenaires de l’UQAM, les artistes de la relève, les citoyennes et citoyens de Montréal, et les personnes de passage dans la métropole.

Le caractère unique du concept à l’origine du bâtiment a déjà été reconnu en 1996, alors que Dan Hanganu s’est vu décerner le Prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec, puis en 1999, quand il a reçu la Médaille du Gouverneur général en architecture pour la réalisation du pavillon. L’UQAM a également honoré la carrière de l’architecte en lui remettant, en 2015, un doctorat honoris causa en reconnaissance de la force et de la cohérence de son œuvre. Décédé en 2017, son héritage architectural et culturel est considéré comme l’un des plus importants du Québec. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont l’insigne de Chevalier de l’Ordre du Québec (2005), la Médaille d’or de l’IRAC (2008) et la Médaille du mérite de l’Ordre des architectes du Québec (2009), et a été reçu membre de l’Ordre du Canada en 2010.

«L’UQAM a la volonté de concevoir des espaces qui surpassent leur fonction première, a déclaré le recteur Stéphane Pallage. Le pavillon de Design est au cœur du Quartier latin et s’inscrit pleinement dans son milieu. Il dialogue avec le Quartier et le centre-ville, contribue à leur vitalité, et invite à la rencontre, notamment culturelle et apprenante. Le prix confirme également l’engagement de l’UQAM envers l’excellence, l’écoresponsabilité et l’innovation, ainsi que son rôle actif dans le développement de milieux de vie inspirants pour la communauté et le quartier où elle est implantée.»

Un environnement porteur et stimulant

Le pavillon abrite notamment l’École de design et le Centre de design, dont les activités bénéficient directement de cet environnement qui stimule la créativité de celles et ceux qui traversent ses espaces et se les approprient, par l’enseignement, par l’apprentissage ou au travers de nombreuses expositions et activités artistiques.

La volonté de considérer le caractère initiatique de l’École, lieu privilégié de l’enseignement du design et de l’architecture, a d’ailleurs été à l’origine de la conception du pavillon de Design, à laquelle l’architecte Gilles Prud’homme a contribué comme complice de la première heure de Dan Hanganu. Le pavillon a été imaginé comme un lieu de représentation, de rencontres fortuites et d’interactions sociales, de découvertes et d’explorations, rendant compte de l’identité unique de l’École, dans laquelle «voir et être vu» donne un sens à la célébration de la transmission propre au design. Des étages d’ateliers sont superposés avec des étages de bureaux et classes, chacun composé d’espaces appropriables, de pleins et de vides qui animent le cœur de l’École et rythment la vie académique du pavillon. La générosité de l’architecture offre en plus une lumière naturelle abondante provenant de la grande ouverture vers le toit-terrasse, pensé comme l’aboutissement du parcours ascendant.

«Habiter ce pavillon au quotidien transforme profondément notre manière d’enseigner, d’apprendre, de créer et de collaborer, a souligné le directeur de l’École de design, Thomas-Bernard Kenniff. Les espaces ont été pensés pour favoriser les échanges, les activités de recherche et culturelles et l’expérimentation. Le prix de l’IRAC vient reconnaître non seulement la qualité architecturale du lieu, mais aussi l’effort extraordinaire de tous les acteurs du projet à travers le temps. Il célèbre l’impact concret que sa conception a pu avoir sur la vie académique et créative de notre école, ainsi que pour la communauté du design. Cette distinction prend une résonance toute particulière alors que l’École de design vient tout juste de célébrer son 50e anniversaire, et que le pavillon en est à sa 30e année.»

L’Annuel de design, qui présente chaque année le travail créatif et innovant des étudiantes et étudiants diplômés de l’École de design de l’UQAM, tire d’ailleurs profit de ces espaces intermédiaires et appropriables, en se déployant sur les six étages du pavillon de Design. L’exposition multidisciplinaire, qui rassemble des projets en architecture, design d’objet, design de mode, typographie et illustration, est un rendez-vous incontournable pour découvrir les talents émergents et les tendances qui façonnent l’avenir du design québécois. L’événement se tiendra cette année du 7 au 20 mai.