L’UQAM a rendu hommage à Michel Lizée (1950-2021), artisan de la création du Service aux collectivités (SAC) et président du Syndicat des employées et employés (SEUQAM) de 1983 à 1988, en désignant par son nom la salle A-M050 du pavillon Hubert-Aquin. Largement utilisé pour des activités académiques, institutionnelles et syndicales, l’amphithéâtre a été inauguré le 1er juin dernier, en présence du recteur, Stéphane Pallage, du président du SEUQAM, François Laplante-Lévesque, de la directrice du SAC, Geneviève Lamy, et de l’ancienne professeure du Département des sciences économiques Ruth Rose-Lizée, conjointe de Michel Lizée. Une plaque commémorative a également été dévoilée.
À l’UQAM, une désignation toponymique est un geste important, a déclaré Stéphane Pallage. «Ce n’est pas seulement l’inauguration d’un lieu, mais l’inscription d’un nom dans la mémoire vivante de l’Université. Michel Lizée rejoint aujourd’hui d’autres figures marquantes du Québec: Hubert Aquin, Judith Jasmin, Thérèse Casgrain, Pierre Dansereau, Paul Gérin-Lajoie, Pierre Péladeau, Bernard Landry. Ces noms constituent une forme de récit de notre histoire, une histoire d’audace, d’engagement, d’ouverture et d’accessibilité.»
Bâtisseur et défenseur de causes sociales
Titulaire d’un baccalauréat en sciences économiques de l’UQAM et d’une maîtrise en économie politique de l’Université Carleton, Michel Lizée a défendu de nombreuses causes sociales durant sa carrière.
Embauché par l’UQAM en 1972 à titre d’agent de recherche pour étudier les possibilités de collaboration entre l’Université et les centrales syndicales, son travail a mené à la signature d’un protocole d’entente, en 1976, entre l’UQAM et les centrales sur la formation syndicale et la recherche.
Michel Lizée a été coordonnateur au Service de l’éducation permanente, créé en 1975. Ce service a élaboré avec des professeurs et des partenaires externes (syndicats, groupes de femmes et groupes communautaires) la Politique des services aux collectivités adoptée par l’UQAM en 1979, qui a mené à la création du SAC. Cette politique institutionnelle visant à démocratiser le savoir universitaire auprès de groupes et de communautés qui n’y ont pas traditionnellement accès représentait à l’époque un modèle unique et a été à l’origine de nombreuses innovations sociales.
En plus d’avoir présidé le SEUQAM et d’avoir été coordonnateur au SAC de 1979 à 2013, l’économiste a aussi représenté l’ensemble des personnes salariées du réseau de l’Université du Québec (UQ) au Comité de retraite du Régime de retraite de l’UQ (RRUQ) pendant plus de 30 ans, où il a acquis une solide expertise dans le domaine. À la demande de l’organisme Relais-femmes et du Centre de formation populaire (CFP), il a appuyé à compter de 2004 une coalition de groupes communautaires et de femmes dont les efforts ont conduit à la mise sur pied, en 2008, du Régime de retraite par financement salarial pour les travailleuses et travailleurs des groupes communautaires et de femmes (RRFS), dont il a été le secrétaire. Ce régime inter-entreprises à prestations déterminées a remporté en 2008 le prix Initiative gagnante décerné par le Comité sectoriel de main-d’œuvre Économie sociale et Action communautaire. En 2010, la revue Benefits Canada lui remettait son Plan Sponsor Award pour son caractère novateur.
Michel Lizée a aussi travaillé avec le Service de l’éducation de la FTQ, notamment en donnant des cours pour le Fonds de solidarité destinés aux syndicalistes siégeant à des comités de retraite. Il a également participé à l’accueil par le Service de délégations syndicales provenant, entre autres, d’Afrique et d’Amérique latine ainsi qu’à l’organisation de colloques et à la rédaction de mémoires sur le sujet des régimes de retraite.
Dans la foulée de la crise financière de 2008, la crise des régimes de retraite a amené Michel Lizée à jouer un rôle actif dans le débat public pour mettre de l’avant des solutions visant une meilleure sécurité du revenu à la retraite pour l’ensemble de la population.
«Michel a eu quatre grands amours: d’abord le SEUQAM et tout ce qui avait un lien avec la vie syndicale. Son deuxième grand amour, c’est le Service aux collectivités. Son troisième grand amour, c’était les fonds de retraite. Le quatrième grand amour, c’est la cause des femmes. Il croyait que les femmes avaient leur place au sein des syndicats et les encourageait à prendre la place qui leur revenait», a souligné sa conjointe, Ruth Rose-Lizée.
«Quand on évoque le nom de Michel Lizée à quelqu’un qui l’a connu, tout de suite les yeux s’animent, le visage s’éclaire, un sourire apparaît. Il avait l’air de semer le bonheur autour de lui. Plus j’en apprenais sur sa vie et qui il était et plus je prenais conscience du fait que c’était un être important pour le SEUQAM, pour l’UQAM et pour la société québécoise», a mentionné François Laplante-Lévesque.
Michel Lizée a été admis, en 2012, au Cercle d’excellence de l’Université du Québec pour ses contributions au développement du SAC et du Régime de retraite de l’Université du Québec ainsi que pour son implication dans la mise en place du RRFS.
On peut consulter cette entrevue qu’il a accordée à Actualités UQAM en 2009.