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Deux livres blancs sur les ruelles vertes

Les publications proposent des recommandations afin de bonifier les modalités des programmes existants.

Par Pierre-Etienne Caza

6 juillet 2026 à 10 h 08

Depuis 2020, la professeure du Département d’études urbaines et touristiques Hiên Pham s’intéresse à la place et au rôle des ruelles vertes en Amérique du Nord. «Il existe une quinzaine de programmes de ruelles vertes et Montréal fait figure de pionnière en la matière», rappelle la titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les petites et moyennes villes en transformation. La métropole en compte désormais plus de 500 aménagées à travers son territoire.

À la suite d’un atelier organisé à l’automne 2024 et réunissant différents acteurs et organisations impliqués dans la création et/ou la gestion de ruelles vertes, la chercheuse avait partagé quelques constats avec Actualités UQAM, soulignant notamment la disparité spatiale et socio-économique des ruelles vertes. En collaboration avec le Pôle sur la ville résiliente et le Regroupement des éco-quartiers, elle a dévoilé récemment deux livres blancs sur les ruelles vertes.

Ces deux publications sont le fruit des discussions tenues lors de l’atelier de 2024 et d’une recension méthodique des écrits et des recherches sur les ruelles vertes dans la littérature scientifique. «L’un des livres s’adresse au milieu de la pratique, comme les municipalités et les OBNL, précise Hiên Pham. On y aborde les différents enjeux de gouvernance et de financement de ce type de programmes, et on y offre des solutions pratiques, à court et moyen terme.»

L’autre livre blanc est destiné au milieu de la recherche. «À partir des hypothèses qui ont émergé de nos recherches et de nos expériences sur le terrain, nous suggérons de nouvelles pistes à explorer ainsi que différentes façons d’organiser les projets. On pense notamment à la recherche participative ou à la science citoyenne, qui se prêtent bien à ce type de recherche.»

En préambule aux deux ouvrages, on rappelle que les ruelles vertes du Québec s’inscrivent dans un mouvement mondial de verdissement urbain. En fonction de ses publics respectifs, chaque livre blanc répond aux trois questions suivantes, en livrant un état des lieux ainsi que des recommandations: Comment favoriser l’équité territoriale des ruelles vertes et leur déploiement à plus grande échelle? Comment valoriser l’implication citoyenne? Comment bonifier et améliorer les programmes de ruelles vertes sur le plan des ressources, de la mobilisation et de la sensibilisation à la biodiversité?

Les deux publications abordent également le cas de Québec et de Trois-Rivières, qui ont aussi créé des ruelles vertes. «Le potentiel existe, même pour d’autres villes du Québec. Voilà pourquoi il est important de poursuivre les études», conclut la chercheuse.