L’ancien recteur de l’UQAM Claude Pichette est décédé le 9 juillet dernier. Recteur durant deux mandats, de 1977 à 1986, il a permis à l’université naissante de faire un important bond en avant et de s’établir comme université incontournable de la métropole québécoise.
Diplômé en sciences sociales de l’Université Laval à la fin des années 1950, cet économiste originaire de l’Estrie est devenu vice-recteur à l’Administration et aux finances de l’UQAM en 1975, puis recteur deux ans plus tard, après le départ mouvementé du recteur Maurice Brossard, qui avait menacé de fermer l’UQAM. C’est notamment à Claude Pichette que l’on doit la finalisation des pavillons historiques de l’Université, Judith-Jasmin et Hubert-Aquin. C’est également sous son rectorat que l’UQAM a créé la Fondation, il y a cinquante ans, et consolidé son financement.
«Troisième recteur de notre université, Claude Pichette a su parler à la communauté comme aucun de ses prédécesseurs, a déclaré le recteur Stéphane Pallage. Il était aimé et il aimait l’UQAM. Comme il l’écrivait lui-même, avec l’amour on fait de grandes choses.»
Claude Corbo, qui a été recteur de l’UQAM de 1986 à 1996 et de 2008 à 2013, a rendu hommage à son prédécesseur dans une lettre publiée dans Le Devoir. «Outre une nette amélioration du climat social dans la communauté universitaire, Claude Pichette s’est particulièrement préoccupé d’accroître les ressources de l’UQAM, souligne le recteur émérite. Il a supervisé l’achèvement des premiers immeubles du campus en propriété de l’université (pavillons Judith-Jasmin et Hubert-Aquin) sis sur la plaque tournante du métro de Montréal, de même que la préparation des dossiers de la deuxième phase de construction. Il a inlassablement réclamé que le financement de base de l’UQAM soit révisé à la hausse en équité avec celui des universités établies, alors que les dépenses par étudiant de l’UQAM étaient inférieures même à celles des cégeps. Il a obtenu que cesse la péréquation effectuée aux dépens de l’UQAM au sein du réseau de l’Université du Québec afin que l’UQAM reçoive du ministère de l’Éducation la subvention de fonctionnement intégrale à laquelle elle aurait eu droit comme université indépendante.»
Lors de son discours de départ prononcé en 1986, Claude Pichette a souligné les avancées réalisées durant ses deux mandats. «L’UQAM aujourd’hui, ce sont des relations de travail transformées, peut-on lire dans l’édition du 17 février 1986 du journal L’UQAM. C’est une situation financière saine au plan comptable malgré un financement inadéquat. C’est une université en forte croissance qui a vu sa population étudiante plus que doubler en sept ans. C’est une université qui a vigoureusement contribué au rattrapage universitaire des francophones. (…) Tout ça a été réalisé parce qu’il y avait foi et amour dans notre engagement envers l’UQAM.»