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Cinquante ans au service de l’UQAM

Benoit Corbeil se considère chanceux d’avoir occupé des postes qui favorisent l’idéation et la capacité de sortir des sentiers battus.

Par Jean-François Ducharme

4 septembre 2026 à 14 h 44

Les membres du personnel qui travaillent à l’UQAM depuis 25 ans ne sont pas légion, cet engagement étant reconnu chaque année lors d’une fête de reconnaissance. Benoit Corbeil (M.Sc. mathématiques), a participé à deux fêtes de reconnaissance durant sa carrière: en 2001, pour souligner ses 25 ans de service, et en juin dernier, pour souligner son demi-siècle à l’emploi de l’Université! «J’ai commencé à temps plein en janvier 1976, mais si l’on inclut mon emploi à temps partiel aux comptes étudiants, en 1973, je travaille à l’UQAM depuis 53 ans!», raconte le cadre-conseil au Service de la planification et de l’analyse stratégique.

Pourtant, Benoit Corbeil n’a jamais pensé qu’il consacrerait toute sa carrière à l’Université. Titulaire d’un bac en mathématiques, il amorce sa maîtrise à l’UQAM tout en enseignant au Cégep de Saint-Laurent. Il est sur le point d’obtenir sa permanence au cégep lorsque Louis Chapelain, cadre-conseil au vice-rectorat à l’Administration et aux finances, l’approche pour mettre ses compétences en mathématiques au service du développement du nouveau campus de l’UQAM, dont la construction a débuté en 1975. «Louis souhaitait que j’optimise les espaces dans les futures salles de cours et les bibliothèques, un défi passionnant à relever», se remémore-t-il.

Selon les premières esquisses réalisées avant son embauche, les salles de cours avaient une capacité d’accueil d’une trentaine d’étudiants, la moyenne à l’époque. «Le nouveau campus avait le potentiel de faire exploser les inscriptions étudiantes, dit-il. Mes plans ne devaient donc pas se baser sur l’état actuel des choses, mais sur des projections à long terme.»

Des années stimulantes

Ses premières années à l’emploi de l’Université se déroulent dans un contexte effervescent. «À mon arrivée, les pavillons étaient tellement éloignés qu’on avait l’impression que l’université n’existait pas, du moins pas physiquement. La perspective d’un nouveau campus, accessible facilement par métro, changeait complètement la donne. Du jour au lendemain, des milliers de personnes de divers horizons choisiraient d’étudier à l’UQAM, confirmant sa vocation d’université populaire.»  L’inauguration officielle des pavillons Judith-Jasmin et Hubert-Aquin, à la rentrée de l’automne 1979, fait d’ailleurs grimper la population étudiante à près de 20 000 personnes inscrites, soit cinq fois plus que lors de la première rentrée 10 ans plus tôt.

Benoit Corbeil a apporté une de ses principales contributions à l’Université dans les années 1980, alors qu’il travaillait au Vice-rectorat à l’administration et aux finances. Comme le rapportait le recteur Stéphane Pallage lors de la cérémonie de reconnaissance du personnel, en juin dernier, «Benoit Corbeil a tellement optimisé la déclaration de l’UQAM pour les infrastructures que le ministère a changé sa formule de financement. On lui doit d’ailleurs le financement du pavillon de Musique.»

«Je ne peux pas m’approprier tout le crédit, lance-t-il de façon modeste. Cette idée n’aurait pas pu se concrétiser sans le travail acharné de la vice-rectrice Florence Junca-Adenot. Ce changement de méthode a rendu la situation plus équitable pour l’UQAM et pour les autres institutions du réseau de l’UQ.»

«Je me considère chanceux»

Au cours des décennies suivantes, Benoit Corbeil se voit confier divers mandats dans différentes unités, dont l’optimisation des charges d’enseignement, des ressources académiques et la prévision des effectifs étudiants. Il est passé bien près de prendre sa retraite à quelques occasions: en 2009, quand il a accumulé assez d’ancienneté pour obtenir sa pension maximale; en 2015, quand sa conjointe Dominique, qui a elle aussi travaillé à l’UQAM pendant 25 ans, a pris sa retraite; ou en 2020, quand la pandémie de COVID-19 a éclaté.

«Je suis fier d’être resté pour être témoin de plusieurs projets emballants, comme la construction du pavillon de l’Entrepreneuriat et de l’innovation, la création du Carrefour étudiant à la jonction des pavillons Judith-Jasmin, Hubert-Aquin et des Sciences de la gestion et le développement des sciences de la santé.»

Depuis quelques années, il travaille sur un grand projet, celui de proposer un modèle normé de répartition des charges d’enseignement. «Ce projet vise à rendre la situation plus équitable entre des cours magistraux, donnés à 70 ou 80 étudiantes et étudiants, et des ateliers pratiques suivis par une dizaine de personnes.»

Durant l’entrevue, Benoit Corbeil répétera à plusieurs reprises à quel point il se considère chanceux d’avoir été à l’emploi de l’UQAM durant 50 ans. «J’ai toujours occupé des postes qui favorisent les idées. Contrairement à plusieurs autres cadres, je n’ai jamais eu à supprimer un poste ou à réduire des budgets. Mon rôle était celui d’un consultant qui traite l’information et l’amène aux oreilles des décideurs. J’ai aussi eu la chance de travailler avec des collègues de très haut niveau, des gens admirables, que je considère mes amis», conclut-il.