Quelque 300 personnes se sont réunies au Centre Pierre-Péladeau, le 10 avril dernier, dans le cadre du Grand Rendez-vous du Quartier latin organisé par l’UQAM en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). En présence du recteur, Stéphane Pallage, de la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, Priscilla Ananian, de la présidente-directrice générale BAnQ, Marie-Grégoire, et de plusieurs personnalités dont le ministre de la Culture et de l’Identité canadiennes, Steven Guilbault, la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, le président du conseil exécutif de la Ville de Montréal, maire de l’Arrondissement du Plateau-Mont-Royal et chef de Projet Montréal, Luc Rabouin, et la présidente du Partenariat du Quartier des spectacles, Monique Simard, les membres de la communauté universitaire, partenaires du quartier et spécialistes invités ont assisté à des conférences et croisé les perspectives sur le devenir du Quartier latin.
L’événement animé par Katerine-Lune Rollet (B.A. communication/journalisme, 2002) a également été l’occasion pour l’Université de lancer son Plan d’action institutionnel de la relance du Quartier latin 2025-2029. Préparé par la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin à l’issue de plus d’une année de rencontres avec toutes les parties intéressées, ce plan trouve son fondement dans l’approche de quartier apprenant, inspirée des villes apprenantes de l’UNESCO.
«L’UQAM est bien engagée dans la transformation de son quartier, déclare Stéphane Pallage. Avec son caractère estudiantin, sa riche histoire et la présence sur son territoire d’une quinzaine d’institutions vouées au savoir et à la culture en français de même que d’une vingtaine d’organismes communautaires, le Quartier latin a tout ce qu’il faut pour redevenir un pôle vibrant au cœur de Montréal. Les efforts consacrés par l’Université en collaboration avec ses partenaires vont tous dans ce sens.»
En introduction du Plan d’action, la vice-rectrice associée mentionne que «le Quartier latin porte des vocations profondément enracinées dans l’histoire de Montréal, un lieu où se rencontrent la culture, l’éducation, le social et le résidentiel. La vision qui est proposée dans ce plan est de retisser les liens entre ces quatre vocations historiques afin de redonner ses lettres de noblesse au quartier, tout en renforçant le foisonnement et le dynamisme de la vie estudiantine».
Un plan échelonné sur quatre ans
Échelonné sur quatre ans, le plan de l’UQAM comporte 17 actions structurantes, regroupées en fonction de trois objectifs inscrits dans la vision d’un quartier apprenant.
Certaines de ces actions ont fait l’objet d’un mémoire dans le cadre de la participation de l’UQAM aux consultations prébudgétaires du ministère des Finances du Québec, en février dernier.
Les trois objectifs consistent à renforcer l’identité du Quartier latin, à accroître l’offre d’activités à la communauté environnante et à stimuler la recherche-action et le maillage des connaissances. Ils ont été identifiés en partant du principe qu’une université urbaine a la responsabilité de jouer un rôle clé et rassembleur dans le développement de son quartier en se portant garante, avec d’autres partenaires, des dimensions éducative, culturelle et sociale de ce développement.
Toutes les interventions de l’UQAM, notamment celles qui visent à rendre son campus attractif pour sa propre communauté et pour la collectivité locale, ont pour objectif de ramener des personnes dans le quartier, propulsant par ce fait même sa vitalité.
Renforcer l’identité du Quartier latin
Le premier objectif du plan vise à renforcer l’identité du Quartier latin et à ouvrir le campus sur son environnement. Dans cette optique, l’intégration du rez-de-chaussée des bâtiments en connexion avec la rue devra être repensée en poursuivant les efforts d’aménagement et de verdissement des cours intérieures et des parvis, à l’exemple de la place Pasteur et de la rénovation du clocher Saint-Jacques. La possibilité de créer de nouvelles ouvertures devra également être analysée afin d’assurer plus de transparence et de perméabilité au niveau des façades, à la hauteur des yeux, et de repenser la localisation des activités qui peuvent participer davantage à l’animation de la rue.
Le projet de rénovation de la Bibliothèque centrale de l’UQAM visant à créer un espace citoyen accessible et ouvert à la communauté s’inscrit dans cette perspective. L’Université souhaite également mettre en place un parcours culturel à vocation socioéducative, le «Parcours signature Quartier latin». Ce parcours ponctué de haltes sociales, communautaires, culturelles, nourricières et sportives autour d’un lieu phare, la «Maison du quartier apprenant», bénéficiera d’un appui financier de 1,2 M$ du gouvernement du Québec, annoncé le jour même du Grand Rendez-vous du Quartier latin.
Toujours dans l’esprit de contribuer au renforcement de l’identité historique du Quartier latin, l’UQAM veut développer l’offre de logements abordables pour les étudiantes et étudiants, agrandir son Centre sportif pour en offrir l’accès à la collectivité environnante et stimuler l’activité économique en créant un passeport pour la communauté. Celui-ci serait accessible à une clientèle élargie et permettrait d’accéder à une grille de tarifs préférentiels pour différentes activités dans le quartier: spectacles, restaurants, événements ou services.
Accroître l’offre d’activités à la communauté environnante
Le deuxième objectif du plan d’action est d’accroître l’offre d’activités et de services à la communauté environnante en favorisant les partenariats avec des organisations du quartier.
Déployée sous l’égide du quartier apprenant, la programmation s’appuiera sur la coordination de l’offre existante entre les institutions du savoir et les établissements culturels. Elle comprendra une nouvelle série d’activités, de formations, et de manifestations artistiques axées sur le bien-être de celles et ceux qui habitent et fréquentent le Quartier latin.
L’UQAM entend aussi animer, aux abords du campus, de nouveaux lieux de rencontre entre la communauté universitaire et les collectivités locales. Parmi les sujets de rencontre, on étudie avec des partenaires des projets tels qu’une balade sur la biodiversité dans le quartier, une exposition en dehors des murs, une série de cafés-causeries sur la vacance immobilière et sur les occasions d’activation transitoire de ces espaces.
En lien avec l’aménagement du Parcours signature Quartier latin et avec la création de la Maison du quartier apprenant, l’UQAM veut rendre davantage visible et accessible l’offre existante d’activités, telles que conférences et expositions, offertes à la collectivité. L’Université vise aussi à accroître, en mobilisant le talent étudiant et en collaboration avec ses partenaires, le nombre d’événements festifs et culturels qui ont lieu dans le quartier. Finalement, elle entend développer une offre de services avec les organismes communautaires du quartier, à l’exemple du projet pilote de la halte-chaleur, déployé pour la première fois à l’hiver 2024. Ces services seront développés en impliquant la communauté étudiante et les employés.
Stimuler la recherche-action et le maillage des connaissances
Le troisième objectif du plan d’action est de stimuler la recherche-action et le maillage des connaissances pour répondre à des problématiques du quartier qui font écho plus largement à des enjeux de société au Québec.
Un Observatoire du quartier apprenant aura pour mission d’assurer une veille des initiatives mises en place lors du déploiement du plan d’action afin de mesurer les changements dans le quartier, d’en maximiser les retombées et de contrer les externalités négatives. Il sera piloté par un comité scientifique, en collaboration avec des parties prenantes impliquées dans le Quartier latin. Il veillera également à promouvoir la mobilisation et la vulgarisation des connaissances.
En lien avec la Faculté des sciences de la santé, des projets de formation pratique impliquant la communauté étudiante et la population du quartier seront déployés dans une perspective de santé globale.
Une équipe mixte conjuguant la contribution de chercheuses et de chercheurs, de stagiaires en formation pratique, d’intervenantes et d’intervenants ainsi que de policières et policiers sera formée pour répondre à la recrudescence des problématiques liées à l’itinérance et à l’utilisation de drogues injectables dans le quartier.
Les haltes du parcours culturel à vocation socioéducative, dont les centres de diffusion de l’UQAM que sont la Galerie, le Cœur des sciences, le Centre Pierre-Péladeau et le Centre de design, seront mises à contribution pour favoriser la rencontre entre le milieu universitaire, le monde des arts et la société civile lors d’événements de mobilisation des connaissances.
Face aux changements rapides engendrés par la révolution numérique, l’UQAM, en collaboration avec plusieurs partenaires, propose le développement d’un centre d’innovation en créativité numérique, afin de propulser le Québec en tête du développement et de la commercialisation d’expériences immersives et interactives.
Conditions de réussite
La mise en œuvre du plan suppose certaines conditions, dont l’engagement des parties prenantes et la disponibilité des ressources humaines, financières et matérielles.
Retombées sociales et économiques
Par le déploiement de la démarche du quartier apprenant, l’expérimentation d’un nouveau modèle de développement local dans le Quartier latin et l’implantation d’un centre d’innovation en créativité numérique mettant de l’avant la francophonie, Montréal pourra compter sur un pôle économique revalorisé et rayonnant au Québec, au Canada et à l’international.
«Du point de vue de l’UQAM, le plan se veut un levier de mobilisation pour toute la communauté universitaire, mais aussi une occasion de développer de nouvelles formations et recherches, en partenariat avec le milieu, conclut la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin. Il s’agit d’une occasion unique d’améliorer le positionnement de l’UQAM dans l’écosystème de l’enseignement supérieur au Québec et de repenser le campus dans la ville, par sa modernisation et son ouverture physique dans le quartier, pour les deux prochaines décennies.»