Humour et féminisme
Dans le domaine de l’humour, les rares filles des générations précédentes à monter sur scène hésitaient à se dire féministes. Il en va autrement aujourd’hui, alors que nombre d’humoristes affichent haut et fort leurs couleurs politiques. Les textes qui composent le collectif Les féministes n’ont pas d’humour: une idée reçue qui a fait son temps proposent, dans la première partie, des analyses ciblées sur certaines formes d’humour privilégiées par les femmes (bande dessinée, art clownesque), les thématiques qu’elles osent aborder (la maternité, les agressions sexuelles), les défis spécifiques auxquels elles font face ou des œuvres littéraires qui ont fait école pour leur humour et leur ironie. La deuxième partie donne la parole à des artistes qui, sous forme de témoignage ou d’œuvre humoristique, illustrent comment il est possible d’arrimer humour et féminisme. L’ouvrage paraît sous la direction de Sophie-Anne Morency (B.A. relations internationales et droit international, 2018; M.A. science politique, 2021), doctorante et chargée de cours au Département de sociologie, et Jeanne Mathieu-Lessard, enseignante et chercheuse en études littéraires. La chargée de cours de l’École supérieure de théâtre Marie-Claude Garneau (M.A. théâtre, 2017) et les diplômées Émilie Ouellette (B.T.S., 2014) et Emna Achour (B.A. communication/journalisme, 2013) figurent également parmi les autrices de ce collectif publié chez Somme toute.
Une approche pluraliste du fédéralisme
Publié sous la direction des professeurs Alain-G Gagnon (Département de science politique), Dave Guénette (Université de Sherbrooke) et Félix Mathieu (Université de Winnipeg), l’ouvrage collectif Le fédéralisme comparé. Une approche pluraliste invite à explorer les approches philosophiques, théoriques, institutionnelles et politiques du phénomène fédéral, avec le pluralisme comme méthode et thème central. L’ouvrage offre un kaléidoscope de perspectives sur le potentiel, mais aussi sur les écueils du fédéralisme en tant que réponse normative et institutionnelle aux défis et aux promesses du pluralisme. «Une approche pluraliste est essentielle pour saisir les multiples facettes du fédéralisme, un concept qui est intrinsèquement relié à la diversité», soulignent les directeurs de la publication. L’ouvrage propose des textes de chercheuses et chercheurs de différents pays, qui se veulent pertinents autant pour les étudiants que pour les spécialistes et les praticiens du fédéralisme. Sa principale contribution est de normaliser les liens entre les études fédérales, d’un côté, et les recherches sur le pluralisme et la gestion de la diversité, de l’autre. Afin d’éclairer un ensemble de thèmes, la plupart des chapitres comparent au moins deux systèmes fédéraux en relation avec un enjeu institutionnel ou un domaine de politique publique donné. Paru aux Presses de l’Université Laval.
Éduquer au musée
À mi-chemin entre salle de classe et lieu de culture, le musée constitue un espace d’apprentissage vivant, où l’on peut explorer, réfléchir et apprendre autrement qu’à l’école. Depuis plus de 40 ans, le Groupe de recherche sur l’éducation et les musées (GREM) développe des projets visant à mettre en relation les musées et les écoles. Au cours des dernières années, un programme éducatif a ainsi été implanté dans un musée en Estrie et un projet de musée-école a permis de jumeler une école de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie à quelques établissements muséaux montréalais. Dans L’éducation muséale: transmettre et apprendre autrement, la directrice du GREM et professeure du Département de didactique Anik Meunier ainsi que le professeur retraité Michel Allard, qui a dirigé le GREM de 1981 à 2009, retracent l’évolution des liens entre musées et écoles. L’ouvrage met en lumière les principes fondamentaux d’une visite muséale enrichissante ainsi que les approches qui transforment l’expérience éducative. Les auteurs détaillent les modèles théoriques qui permettent de décrire, comprendre et expliquer les interactions entre les institutions scolaires et culturelles et soulignent des modèles pédagogiques concrets conçus avec des adolescentes et adolescents. Publié aux Presses de l’Université du Québec.
Migrations postcoloniales
L’ouvrage Migrations postcoloniales des Juifs du Maroc. Vers le Canada et la France rassemble pour la première fois les articles sur l’histoire des migrations juives marocaines publiés par la professeure du Département d’histoire Yolande Cohen. Immigrante originaire du Maroc, Yolande Cohen présente les résultats d’une enquête croisant histoire orale, travaux d’archives et dépouillement de journaux. Cette perspective globale permet de mieux identifier le déracinement du Maroc. Parce que les migrations ont lieu dans l’après-Shoah et au moment où l’empire français se défait en Afrique du Nord, ces populations se retrouvent dans une situation où l’exil s’impose à elles. Comment et pourquoi ont-elles quitté le Maroc pour venir s’établir au Québec? À l’instar de la majorité francophone du Québec, qui s’affirme comme une société distincte au Canada, cette population à peine établie à Montréal se distingue aussi de celle qui a tout fait pour l’accueillir, soit la population juive principalement ashkénaze et anglophone, en affirmant son attachement au fait français. La comparaison avec la France met en relief les pratiques des organisations juives transnationales mobilisées autour du soutien, de l’accueil et de l’établissement de ces populations anciennement colonisées. L’originalité de l’enquête tient aussi à l’attention accordée aux récits et perceptions des personnes migrantes. Paru aux Presses de l’Université d’Ottawa.
Écrire sur le vécu traumatique
«Ce n’est pas de n’importe quel vécu dont on parle ici (…) C’est l’extraordinaire, c’est le trop gros pour soi, ce qui dépasse et ensevelit. C’est le vécu qui fait mal. C’est le vécu en conflit. Le vécu en crise. Le vécu en morceaux. Quand tout déborde, submerge, et que le sens se rompt.» Les premières lignes de Mettre une chandelle là-dessus donnent le ton. L’ouvrage collectif, dirigé par la professeure du Département d’études littéraires Cassie Bérard, explore l’éthique de l’écriture à partir du vécu traumatique. À travers une série de récits oscillant entre documentaire, fiction et témoignage, le recueil interroge la responsabilité de l’écriture face aux brisures du réel, aux absences, aux drames indicibles. Il aborde les zones d’ombre comme des appels à repenser la littérature, son rapport à la souffrance, à la mémoire et à la réparation. Margaux Blair, Solange Casiez, Juliette Chevalier, Audrey Grandchamp, Barbara Lepeltier, Jade Florence Maheux, Berte Séguin, Pénélope Seguin, Lilian Vianey Torres Merino, qui étudient à la maîtrise en études littéraires, ont écrit les textes du livre, qui est né à la suite du séminaire Approches du travail créateur, donné par Cassie Bérard à l’automne 2023. Publié aux Éditions L’instant même.
Découvrir les patrimoines de l’Amérique française
L’ouvrage collectif Encyclopédie des patrimoines de l’Amérique française propose une exploration des patrimoines naturels, matériels et immatériels qui façonnent l’identité culturelle de l’Amérique française, des ports de France jusqu’à l’Acadie, en passant par le Québec, les Prairies et la Louisiane. Publié sous la direction du professeur du Département d’histoire de l’art Yves Bergeron ainsi que de Laurier Turgeon et Martin Fournier, professeur et professionnel de recherche à l’Université Laval, l’ouvrage montre comment les patrimoines de l’Amérique française prennent leur source dans les ports de France, d’où sont partis les pionniers et pionnières qui ont peuplé le continent nord-américain. Leurs descendants ont progressivement construit leurs propres patrimoines, à la suite d’adaptations au territoire et à son climat, au fil de contacts et d’échanges avec les peuples autochtones et les autres groupes européens, et par la mise en valeur d’éléments de leur passé pour affirmer leur identité. L’encyclopédie rassemble les contributions de plusieurs spécialistes qui, en plus de décrire les formes et fonctions des différents patrimoines, explorent les manières dont ils se constituent. Au lieu d’insister sur le seul caractère permanent d’un patrimoine, l’ouvrage présente chacun d’eux comme un phénomène dynamique et pluriel, toujours en construction, modelé et remodelé par des acteurs sociaux. Paru aux Presses de l’Université Laval.