La cinéaste diplômée Léa Pool (B.Sp. communication, 1978) a été honorée lors de la 27e édition du Gala Québec Cinéma, diffusé sur les ondes de Noovo et Crave, le 7 décembre dernier, à Montréal. On lui a décerné le prix Iris Hommage pour les 20 films qu’elle a réalisés en 45 ans de carrière.
«Je remercie mon père et ma mère pour la complexité d’une enfance pas comme les autres. Je viens d’une famille dysfonctionnelle, qui m’a permis d’être qui je suis et qui a nourri mon cinéma bien des fois, a-t-elle dit sur scène, tel que rapporté sur le site de Radio-Canada. Je veux remercier l’UQAM, qui, à mon arrivée au Québec, m’a accueillie à bras ouverts alors que je ne connaissais personne et que je n’avais pas un sou.»
Léa Pool s’est imposée comme l’une des grandes cinéastes d’ici avec des œuvres intimistes et empreintes d’émotion. Arrivée au cinéma par hasard, la réalisatrice a d’abord été enseignante dans son pays d’origine, la Suisse, avant de s’établir au Québec à l’âge de 25 ans dans les années 1970. L’amour, l’exil et le déracinement comptent parmi les thèmes qu’elle a explorés. Tout au long de sa carrière, Léa Pool a placé la quête de l’identité, plus particulièrement celle des femmes, au cœur de sa démarche, comme en témoignent des films comme Anne Trister (1986), Emporte-moi (1999) et Lost and Delirious (2001).
La qualité et l’originalité de son travail ont été saluées dans de multiples festivals, tant nationaux qu’internationaux. Elle a obtenu plusieurs distinctions, dont le Prix du meilleur film canadien au Festival international de films de Toronto pour La Femme de l’hôtel – le film qui l’a lancée –, en 1984, le Prix spécial du jury œcuménique au Festival international de Berlin pour Emporte-moi, en 1999, et le prix Jutra du film s’étant le plus illustré hors Québec pour Maman est chez le coiffeur, en 2009. Léa Pool a aussi remporté, en 2006, le prix du Québec Albert-Tessier pour l’ensemble de sa carrière. L’UQAM lui a remis un prix Reconnaissance en 2006. Elle est chevalière de l’Ordre national du Québec depuis 2022.
La cinéaste, qui a souvent eu l’occasion de partager sa passion avec les étudiantes et étudiants de l’UQAM lors d’ateliers du programme de cinéma, est devenue la première femme à remporter en 2016 le prix du Meilleur film de l’année au Gala du cinéma québécois pour La passion d’Augustine. Toujours active, elle a réalisé ces dernières années les films Hôtel Silence (2024) et On sera heureux (2025).
Lors de son discours de remerciement, la cinéaste a lancé un appel à rendre les films québécois accessibles au public, plusieurs de ses longs métrages étant désormais introuvables. «Il s’agit de notre patrimoine cinématographique et il est de notre devoir de le protéger», a-t-elle déclaré.
Le diplômé Sylvain Corbeil récompensé pour Une langue universelle
Le diplômé Sylvain Corbeil (B.A. communication, 2001), cofondateur de la maison de production Metafilms, a remporté l’Iris du Meilleur film pour Une langue universelle, qu’il a produit et qui a été réalisé par Matthew Rankin.
Le long métrage a également remporté l’Iris de la Meilleure réalisation, du Meilleur scénario (Matthew Rankin, Ila Firouzabadi et Pirouz Nemati), de la Meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien (Danielle Fichaud), et de la Meilleure interprétation masculine dans un rôle de soutien (Mani Soleymanlou).
Le film propose «un tryptique absurde d’histoires apparemment sans lien entre elles, qui trouve un mystérieux point d’intersection dans le rêve autobiographique de Matthew Rankin, et qui se déroule quelque part entre Winnipeg et Téhéran.»
D’autres personnes diplomées lauréates
Le diplômé Stéphane Lafleur (B.A. communication, 1999) a remporté l’Iris du Meilleur montage pour le film Bergers.
À titre de productrice, la diplômée Zaynê Akyol (B.A. communication/cinéma, 2010; M.A. communication/cinéma et images en mouvement, 2015) a remporté l’Iris du Meilleur court ou moyen métrage documentaire et l’Iris du Court ou moyen métrage s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec pour Who loves the sun.