Une intelligence artificielle (IA) sans corps peut-elle comprendre le monde? Un article récemment publié dans Frontiers in Artificial Intelligence par le professeur du Département de psychologie Stevan Harnad explore un paradoxe au cœur de l’IA moderne: comment des systèmes comme ChatGPT parviennent-ils à simuler la compréhension, le raisonnement et la fluidité du langage alors qu’ils ne possèdent pas ce sur quoi reposent les organismes sentients, à savoir une interaction corporelle directe avec le monde? L’article se présente comme un dialogue socratique avec ChatGPT sur les pouvoirs surprenants des grands modèles de langage
Dans ce dialogue, le chercheur en sciences cognitives soumet ChatGPT à un interrogatoire en règle: qu’est-ce qui explique sa capacité à imiter si bien la compréhension, malgré l’absence d’ancrage sensorimoteur? L’échange explore l’hypothèse selon laquelle certaines propriétés émergentes du langage – à une échelle sans précédent – pourraient être à l’origine de cette performance troublante.
Sommes-nous face à un simple jeu de corrélations statistiques ou bien existe-t-il quelque chose de plus profond dans la structure même du langage et son usage à grande échelle? L’article adopte un regard critique et mesuré sur ce que cela implique pour notre compréhension du langage, de la cognition et de l’intelligence artificielle. Il propose une perspective lucide sur une question toujours ouverte.
La neuvième édition de l’École d’été de l’Institut des sciences cognitives (ISC) qui a eu lieu à l’UQAM du 3 au 14 juin dernier a abordé cette question. On peut visionner les vidéos des conférences.