Les défis contemporains que posent la désinformation, les changements climatiques ou les avancées fulgurantes de l’intelligence artificielle, pour ne nommer que ceux-là, figurent depuis quelques années déjà sur le radar des universitaires. «Plus que jamais, les sciences humaines sont appelées à éclairer les phénomènes sociopolitiques et technologiques de notre époque», affirme la doyenne Lucie Dumais, qui dévoile ces jours-ci le Plan stratégique 2025-2030 de la Faculté des sciences humaines. «La qualité et la pertinence sociale de nos formations et de nos recherches sont décisives pour contribuer à une meilleure compréhension du monde ainsi qu’à la culture scientifique des citoyennes et citoyens de demain», ajoute-t-elle.
Ce plan est le résultat de consultations menées au cours de l’année 2024 avec les assemblées départementales, les comités facultaires, le personnel enseignant et de soutien, et la population étudiante de la Faculté des sciences humaines.
En plus du Plan stratégique 2025-2030, Lucie Dumais a présenté à sa communauté son Plan d’action 2025-2026. «Notre Plan stratégique sera décliné en plans annuels afin de nous guider dans l’atteinte de nos objectifs», explique-t-elle.
La formation étudiante
Le Plan stratégique de la Faculté des sciences humaines présente quatre orientations stratégiques. «La première est de rendre les sciences humaines incontournables dans la formation étudiante, indique Lucie Dumais. Cela signifie à la fois d’encourager et d’appuyer l’interdisciplinarité, de maintenir l’excellence de nos formations, de soutenir notre population étudiante sur les plans académique, social et financier, et de valoriser la formation à la recherche au premier cycle.»
Les nouvelles modalités d’enseignement et de travail apparues dans la foulée de la pandémie ont bouleversé les habitudes et le Plan stratégique propose de trouver comment «conjuguer anciennes et nouvelles méthodes pour ne conserver que les forces de chacune d’entre elles.»
La recherche
«Faire de la recherche en sciences humaines un outil stratégique pour comprendre et agir sur nos sociétés» constitue la deuxième orientation du plan. «Pour cela, nous devons stimuler le dialogue entre la recherche fondamentale et la recherche participative et appliquée, valoriser le français comme langue de production et de diffusion du savoir scientifique, repérer et combattre la désinformation, et favoriser l’internationalisation de la recherche», souligne la doyenne.
Le français, observe-t-elle, ne cesse de reculer dans le domaine de la publication et de la communication scientifiques. «Dans l’écosystème global de la recherche, il est difficile pour les langues minoritaires comme le français de faire leur place, mais ce n’est pas impossible. Nous devons, comme Faculté des sciences humaines, être à l’avant-garde et inciter nos chercheuses et chercheurs qui, par ailleurs, ne peuvent pas se dispenser de publier et de rayonner en anglais, à rendre accessible leurs contenus en français pour un public francophone.» Les partenariats, ici et à l’international, avec des réseaux valorisant le français comme langue d’échange, sont cruciaux à cet égard, précise-t-elle.
Le milieu de travail
«Offrir un milieu de travail stimulant au service des sciences humaines» figure également dans ce plan à titre de troisième orientation. «Il faut déployer des modalités de mise en commun et de regroupement des ressources et des pratiques pour favoriser les synergies», souligne Lucie Dumais. Il importe, insiste la doyenne, de favoriser la cohésion, le bien-être et l’engagement du personnel de soutien. «Il faut également renforcer la place de l’écoresponsabilité dans la gestion quotidienne de la Faculté», ajoute-t-elle.
Le rayonnement
La quatrième orientation stratégique vise à positionner et à faire rayonner les sciences humaines au Québec et à l’international. «Pour cela, il faut travailler de concert avec nos partenaires stratégiques, tant universitaires que ceux de la société civile, et ce, à tous les niveaux, du local à l’international», affirme Lucie Dumais.
Arrimage institutionnel
Ce nouveau Plan stratégique présenté par la Faculté des sciences humaines s’inscrit dans la foulée du Plan stratégique 2024-2029 de l’UQAM. «Lorsque j’ai pris connaissance du plan institutionnel, il m’est apparu clairement que les sciences humaines pouvaient participer pleinement aux efforts de relance du Quartier latin, à la valorisation de la langue française et aux défis du système de santé», observe Lucie Dumais.
L’une des caractéristiques fondamentales de la recherche menée en sciences humaines est son interdisciplinarité, et cela cadre parfaitement avec les visées de la Faculté des sciences de la santé, estime la doyenne. «En sciences humaines, les idées ne manquent pas et elles sont tout aussi riches et plurielles que nos disciplines et nos approches», souligne-t-elle.
Si les liens avec le réseau de la santé sont évidents pour les départements de psychologie et de sexologie ainsi que pour l’École de travail social, plusieurs autres départements, instituts et unités de recherche s’intéressent également à la santé. «C’est le cas en philosophie et en sciences des religions avec les réflexions éthiques entourant la mort et les soins palliatifs, en géographie avec les impacts des changements climatiques sur l’habitat et le territoire, ou en linguistique avec la concentration en orthophonie, illustre la doyenne. L’histoire et la sociologie de la santé intéressent aussi certains de nos professeures et professeurs, et l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF), de même que l’Institut Santé et société (ISS) et l’Institut des sciences cognitives (ISC) réalisent des projets de recherche touchant aux enjeux de santé globale.»
Fédérer toutes les idées
Le nouveau Plan stratégique est flexible, insiste la doyenne. «Il annonce où nos efforts et nos moyens seront déployés en priorité, sans limiter pour autant les initiatives des unités, des groupes et des individus qui constituent notre communauté facultaire et contribuent à sa créativité et à son effervescence. Notre rôle est de soutenir et de fédérer cette pluralité d’idées», conclut-elle.