Après des semaines de tranquillité où l’on déambulait dans des couloirs souvent déserts, le campus a recommencé à s’animer au cours des dernières semaines. Peu à peu, la plupart des employés sont revenus de leurs vacances, prêts à recevoir les flots d’étudiants qui vont se presser aux portes de l’UQAM dès la semaine prochaine.
Dans un message envoyé au personnel, le recteur Robert Proulx souhaite une excellente rentrée 2015 à toutes et tous, professeurs et maîtres de langue, personnes chargées de cours, personnel de soutien, cadres et membres de l’équipe de direction. «Les derniers mois ont été très exigeants, je le sais, écrit-il. Les membres de l’équipe de direction et moi-même sommes bien conscients, en effet, des difficultés et des pressions supplémentaires auxquelles vous avez dû faire face. Nous tenons à vous remercier de votre contribution et à vous assurer que nous sommes au fait des efforts significatifs qu’il vous a fallu consentir au cours de la dernière année.»
Demandes d’admission en baisse
Cette année encore, quelque 43 000 étudiants fréquenteront l’UQAM. Au premier cycle, on constate toutefois une diminution de 6% dans le nombre des demandes d’admission par rapport à l’année dernière. «Cette baisse, variable d’une faculté à l’autre et qui touche davantage les nouveaux étudiants, pourrait se traduire par une baisse des inscriptions qu’il n’est pas possible pour l’instant de préciser», dit la registraire, Brigitte Groulx. Au deuxième cycle, la diminution du nombre de demandes d’admission est de 1,6%, mais on enregistre une hausse de 12% au troisième cycle.
«Vous le savez comme moi, l’UQAM a été durement touchée par les événements largement médiatisés du printemps dernier, écrit Robert Proulx. Cet épisode difficile pour notre institution a eu un certain nombre de répercussions dont on ne peut encore évaluer toute la portée.»
Les Français au rendez-vous
Par ailleurs, la chute appréhendée du nombre d’étudiants français à la suite de la décision du gouvernement de ne plus leur accorder les mêmes droits de scolarité qu’aux étudiants québécois ne s’est pas produite à l’UQAM. «Les étudiants français semblent au rendez-vous encore cette année, note Brigitte Groulx. Selon les données préliminaires dont nous disposons à ce moment-ci, les chiffres sont stables du côté des étrangers en général.»
Notons que les étudiants français qui étaient déjà inscrits au premier cycle dans une université québécoise continueront de payer le tarif des étudiants québécois, alors que les nouveaux inscrits au premier cycle seront soumis au tarif réservé aux étudiants canadiens hors Québec. Les nouveaux étudiants français à la maîtrise et au doctorat continueront pour leur part de bénéficier du régime de droits de scolarité applicable aux étudiants québécois.
Situation financière
Un portrait plus complet des inscriptions sera établi en novembre, ce qui permettra de prendre la pleine mesure de la situation. Selon les estimations préliminaires, toutefois, la diminution de l’effectif étudiant pourrait représenter pour l’UQAM une perte financière d’environ 5 millions de dollars. Or, cette diminution survient dans un contexte où l’UQAM, comme les autres institutions universitaires au Québec, fait face à des restrictions budgétaires considérables. «Depuis le début de mon mandat comme recteur, j’ai saisi d’ailleurs toutes les occasions pour affirmer l’importance de réinvestir dans les universités, et je continuerai de le marteler avec conviction, écrit le recteur. Il n’en reste pas moins que, pour le moment, le réinvestissement attendu n’est toujours pas au rendez-vous.»
Malgré tous les efforts consentis en vue de combler le manque à gagner de 20,7 millions de dollars dans le budget 2015-2016, il reste encore quelque 6 millions à retrancher pour y arriver. Le dernier budget du Québec, déposé en mars, comportait par ailleurs une compression de 72 millions pour l’ensemble des universités québécoises. On ne sait pas encore comment cette coupe sera répartie entre les universités, mais elle pourrait représenter quelque 7,2 millions pour l’UQAM. Additionnés les uns aux autres, ces montants s’élèvent à 18,2 millions de dollars. Cette somme représente les compressions estimées pour l’instant à l’UQAM, qui s’ajoutent aux efforts déjà consentis au cours de la dernière année.
Des rencontres sur la situation financière de l’Université sont en préparation avec les différents groupes de la communauté, annonce le recteur, qui aura aussi l’occasion de revenir sur le sujet lors de son allocution de la rentrée, qui aura lieu le 30 septembre. «Une chose m’apparaît certaine : les compressions budgétaires auxquelles l’UQAM est confrontée, comme les autres institutions universitaires, ont des impacts importants sur les missions et les personnes. Et pourtant, réinvestir en éducation est essentiel pour soutenir le développement du Québec et contribuer au mieux-être de sa population», observe Robert Proulx.
Le recteur affirme en conclusion de son message au personnel que tout sera mis en œuvre pour que l’UQAM soit en mesure de faire face à la situation difficile dans laquelle elle est placée actuellement. «Quoique les défis qui nous attendent soient exigeants, je demeure convaincu que notre université a tout ce qu’il faut pour s’y mesurer», écrit-il. Depuis bientôt 50 ans, signale le recteur, l’UQAM est reconnue pour son audace et son innovation. «Le développement de notre université concerne et implique l’ensemble de la communauté uqamienne, écrit-il. Je compte sur votre solidarité pour que nous puissions, ensemble, faire face aux défis actuels de l’UQAM et à ceux à venir.»