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Un processus méconnu

Une première journée d’échanges sur l’évaluation de programmes réunit plusieurs représentants universitaires à l’UQAM.

Par Pierre-Etienne Caza

11 novembre 2015 à 11 h 11

Mis à jour le 11 novembre 2015 à 11 h 11

L’évaluation de programmes est un outil pour assurer la qualité et la pertinence des formations offertes aux étudiants. Photo: Nathalie St-Pierre

L’évaluation de programmes est une tâche astreignante, mais nécessaire. «C’est un outil pour assurer la qualité et la pertinence des formations que nous offrons à nos étudiants», affirme Anik Lalonde, directrice du Bureau de l’évaluation périodique des programmes (BEPP). En collaboration avec des collègues de l’Université Laval, de l’Université de Montréal, de l’Université Concordia et de l’Université du Québec, le BEPP a organisé, le 5 novembre dernier, la première Journée d’échanges sur l’évaluation des programmes d’études universitaires au Québec. «L’objectif était de réfléchir et d’échanger sur les défis concrets que pose l’évaluation des programmes d’études dans le contexte universitaire québécois», ajoute la directrice.

Comment  susciter l’engagement de la communauté universitaire dans les démarches d’évaluation périodique? Comment faire en sorte que ce que plusieurs considèrent comme un processus administratif exerce une influence réelle sur la qualité des formations offertes? Comment s’assurer que les évaluations soient réalisées dans des délais raisonnables? Voilà quelques-unes des questions qui ont été abordées lors de cette journée qui avait lieu au Complexe des sciences Pierre-Dansereau.

Une cinquantaine de personnes –vice-doyens, professeurs et professionnels – en provenance de 12 universités ont participé à l’événement. «Nous avons pu constater que nous avons des préoccupations communes, nous vivons des résistances similaires, nous faisons face aux mêmes enjeux en matière d’évaluation des programmes, dit Anik Lalonde. Les échanges avec les collègues des autres universités à propos des outils qu’ils ont développés ont suscité un intérêt marqué de la part des participants de l’UQAM.»

La démarche uqamienne

Le vice-recteur à la Vie académique René Côté en compagnie du comité organisateur de l’événement: Émilie Martel (Concordia), Claude Mailhot (Université de Montréal), Anik Lalonde (UQAM), Céline Poncelin de Raucourt (UQ) et Isabelle Brouillard (UQAM).Photo: Denis Bernier

Créé en 2012, le BEPP a pour mission d’assurer l’application de la Politique no 14 d’évaluation des programmes. Au cours des dernières années, l’UQAM a développé une démarche basée sur une évaluation continue des programmes, explique la directrice du BEPP. «Il y a d’abord un suivi annuel qui fait le point sur les effectifs étudiants et une synthèse triennale qui dresse un portrait du programme au terme du mandat de son directeur. Ces deux processus viennent nourrir et enrichir la qualité de l’évaluation décennale.»

Le suivi annuel et la synthèse triennale sont effectués par la direction du programme concerné. «Pour l’évaluation décennale, un sous-comité d’autoévaluation composé de professeurs, chargés de cours, étudiants et diplômés est créé, précise Isabelle Brouillard, conseillère en évaluation de programme au BEPP. La ressource professionnelle de la faculté soutient ce sous-comité pour les programmes réguliers, tandis que le BEPP offre son appui dans le cadre de l’évaluation des programmes interuniversitaires.» Le processus d’évaluation décennale requiert entre 18 et 24 mois.

Des retombées concrètes

Lors d’une allocution en début d’événement, le vice-recteur à la Vie académique, René Côté, a souligné l’importance de l’évaluation de programmes. «J’ai eu la chance d’être impliqué de très près dans l’évaluation du baccalauréat en droit, à titre de président du sous-comité d’autoévaluation à la fin des années 1990, et il ne fait aucun doute pour moi que le programme est sorti grandi de la démarche. La Faculté de science politique et de droit aussi, car l’autoévaluation nous a permis d’identifier un besoin important en matière de formation en relations internationales et en droit international. Cela a mené à la création du baccalauréat du même nom, le BRIDI, qui est aujourd’hui l’un de nos programmes les plus réputés et les plus populaires.»

Les participants à cette Journée d’échanges ont émis le souhait de renouveler l’expérience sur une base annuelle. «Discuter de problématiques concrètes avec des collègues qui se frottent aux mêmes défis au sein de leur université permet d’enrichir notre pratique et d’ouvrir de nouvelles perspectives», conclut Anik Lalonde.