
Un portrait des inscriptions et de la situation financière à l’UQAM a été présenté à la dernière assemblée du Conseil d’administration, tenue le 29 septembre dernier. Les membres du Conseil ont pris connaissance de l’état des inscriptions à l’Université en date du 17 septembre, soit la date limite pour une annulation de cours sans facturation. Les données confirment ce qui avait été anticipé dans le message du recteur Robert Proulx à l’occasion de la rentrée: les inscriptions sont en décroissance par rapport à l’an dernier à pareille date.
L’UQAM enregistre une diminution d’au moins 2,8 % des inscriptions au premier cycle, une baisse nettement plus marquée chez les nouveaux inscrits, en particulier dans les programmes de baccalauréat (10,9 %) et de certificat (6 %). Ce phénomène touche toutes les facultés. Au deuxième cycle, les inscriptions sont relativement stables (+ 0,2 %), tandis que l’UQAM enregistre une hausse (+ 11,8 %) au troisième cycle.
La diminution du nombre des inscriptions (2,2 % tous cycles confondus) entraîne une perte financière évaluée à 3,1 millions de dollars pour les sessions d’automne et d’hiver qui, ajoutée au 1,9 million pour la session d’été, totalise 5 millions. Ce manque à gagner vient alourdir une situation financière déjà très difficile pour l’Université.
Agir collectivement
Dans un message envoyé au personnel, le recteur Robert Proulx, le vice-recteur à la Vie académique René Côté et le vice-recteur aux Ressources humaines, à l’administration et aux finances André Dorion affirment que cet état des lieux sur la situation financière de l’Université présenté aux membres du Conseil d’administration a été l’occasion de réaffirmer l’urgence de réinvestir en éducation. Mais «tout en gardant le cap sur cet objectif fondamental, il convient d’agir collectivement de manière responsable, écrivent-ils. Le portrait financier présenté hier a permis de mettre en relief l’ampleur du défi auquel l’UQAM devra faire face d’ici l’adoption de son budget révisé.»
Robert Proulx, René Côté et André Dorion se disent conscients des efforts significatifs qui ont été déployés au cours des derniers mois et des dernières semaines, en vue de combler le manque à gagner de plus de 20 millions dans le budget 2015-2016. «Or, une somme de 2,3 millions reste toujours à trouver pour atteindre cette cible, indiquent-ils. À ce montant s’ajoutera la compression imposée aux universités dans le dernier budget du Québec, estimée pour l’instant à 7,2 millions pour l’UQAM». Il faut aussi prendre en compte la perte de 1,9 million par rapport aux prévisions qui avaient été faites quant aux revenus de la session d’été et le manque à gagner de 3,1 millions dû à la baisse des inscriptions. Une fois cumulés, ces montants représentent 14,5 millions, soit la hauteur de la compression à effectuer pour respecter le Plan de retour à l’équilibre budgétaire 2009-2016.
Appel à la solidarité
Ce nouvel effort budgétaire est considérable, reconnaissent le recteur et les deux vice-recteurs. «Quand on considère les compressions effectuées ces derniers mois (18,3 millions) et celles à venir (14,5 millions), on constate que pour équilibrer le budget de l’Université en 2015-2016, on aura été contraint de procéder à des coupes totalisant quelque 32,8 millions. Cela représente près de 8 % des revenus de l’UQAM.»
Selon les trois membres de la direction, «il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais de prendre la mesure, collectivement, du défi qui est le nôtre». Ceux-ci concluent leur message en réitérant la nécessité d’exiger la fin des compressions et de défendre l’importance de réinvestir dans le système universitaire québécois. «Cette période exigeante requiert que l’on fasse preuve d’imagination, d’ouverture et de solidarité, soulignent-ils C’est ainsi, en effet, que nous saurons le mieux préserver la mission de notre université et soutenir son développement.»