Invités le 24 octobre à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), les chefs d’établissement de l’UQAM, de l’Université McGill et de l’Université de Montréal ont réaffirmé l’importance du rôle citoyen des universités. Leur intervention s’inscrivait dans le cadre du colloque «L’internationalisation de la mission sociale des universités dans les Amériques», organisé par l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM), rattaché à l’UQAM, et l’Organisation universitaire interaméricaine, rattachée à l’Université de Montréal.
Animée par Bernard Derome, journaliste et président de l’IEIM, cette rencontre a été l’occasion pour le recteur de l’UQAM, Robert Proulx, la principale et vice-chancelière de l’Université McGill, Suzanne Fortier, et le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, d’exposer leur vision de la responsabilité sociale des universités. Au fil de leurs échanges, tous les trois se sont entendus pour dire que cette responsabilité est indissociable de la mission des établissements universitaires dont les activités sont intégrées aux préoccupations culturelles, sociales, économiques et internationales qui caractérisent nos sociétés.
«Certains perçoivent l’université comme un service public. Je préfère la définir comme un bien public, un bien collectif, qui profite directement ou indirectement à toute la société», a déclaré le recteur de l’UQAM, Robert Proulx, qui ouvrait la discussion lors de ce déjeuner-causerie au Palais des congrès de Montréal. «Par ses activités de formation, de recherche et de création, l’université contribue à une culture du savoir qui permet non seulement de penser le monde, mais aussi d’agir dans et sur le monde, a poursuivi le recteur. La responsabilité sociale de l’université réside dans son rôle citoyen, lequel implique un ancrage dans la collectivité, un engagement à l’égard des enjeux collectifs sur les plans social, économique et environnemental. Cette responsabilité sociale se manifeste à l’interne, dans la Cité et à l’international.»
Une discussion intéressante
Lors de la discussion qui a suivi, Robert Proulx a cité deux exemples de projets uqamiens pour illustrer sa conception de la responsabilité sociale des universités: UQamazone et la Clinique juridique de l’UQAM. «Ces projets sont ancrés dans les communautés auxquelles ils s’adressent», a-t-il observé.
L’animateur de la causerie, Bernard Derome, a soulevé la question de la responsabilité sociale en lien avec la mondialisation. «Il importe de tisser des liens avec les chercheurs des autres universités à travers le monde afin de créer des réseaux, a souligné le recteur. Ces pratiques d’ouverture sur le monde nous permettent d’accueillir des étudiants et des chercheurs étrangers, de multiplier les collaborations et de mettre de l’avant des initiatives comme le libre-accès afin de partager le savoir. Ces liens privilégiés débouchent sur des projets profitant à tous, y compris à nos étudiants, qui peuvent enrichir leur formation avec des expériences en recherche.»
Il importe que les universités collaborent entre elles en matière de responsabilité sociale, ont convenu les trois dirigeants. «Nous offrons des programmes conjoints et nous avons mis sur pied au fil des ans des centres de recherche multidisciplinaires regroupant des professeurs de plusieurs universités», a rappelé Robert Proulx.
Sans surprise, la question du financement des universités a été abordée par Bernard Derome. «Pour mener à bien leur mission sociale, les universités doivent obtenir un financement adéquat de la part de l’État», ont mentionné les trois chefs d’établissement.
Chaque panéliste a pu conclure en résumant sa perception de la responsabilité sociale. «Nous avons un besoin de comprendre le monde dans toute sa complexité, a affirmé Robert Proulx en faisant référence, notamment, aux événements dramatiques des derniers jours. Or, c’est rassurant de savoir que les universités forment des gens capables d’éclairer la population sur ce qui se passe sur la planète. La responsabilité sociale de l’université, c’est veiller à être un vecteur de progrès, un agent de changement, pour des sociétés plus prospères, solidaires et durables.»