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Forêts boréales: après la coupe, la biodiversité prend son temps

Le professeur émérite Yves Bergeron et ses collègues Tanya Handa et Tim Work figurent parmi les cosignataires d’une étude internationale parue dans Nature Sustainability.

Par Pierre-Etienne Caza

30 juin 2026 à 10 h 34

Les forêts boréales constituent d’importants réservoirs de biodiversité. On sait que l’exploitation forestière, et surtout la coupe à blanc, altère cette biodiversité, mais on ne savait pas, jusqu’ici, combien de temps il fallait aux différents groupes biotiques pour se rétablir. La réponse varie grandement selon les différents êtres vivants au sein de ces écosystèmes, révèle une étude internationale parue le 29 juin dernier dans Nature Sustainability. Le professeur émérite du Département des sciences biologiques Yves Bergeron et ses collègues Tanya Handa et Tim Work figurent parmi les cosignataires de l’article.

«Nous avons quantifié la résilience de la biodiversité des forêts boréales face à l’exploitation par coupe totale à l’aide de 190 ensembles de données provenant d’Europe, de Russie et d’Amérique du Nord, portant sur les arthropodes, les oiseaux, les petits mammifères, les lichens, les bryophytes et les plantes vasculaires», explique Yves Bergeron.

La similitude de la composition des communautés entre les peuplements exploités et les peuplements de référence non exploités a été modélisée en fonction du nombre d’années écoulées depuis l’exploitation. «Dans environ la moitié des cas modélisés, le retour à l’état d’avant l’exploitation a pris moins de 30 ans, souligne Yves Bergeron. Dans les autres cas, le rétablissement a pris beaucoup plus de temps, ou ne s’est pas produit durant la période pour laquelle nous disposions de données.» Par exemple, dans les forêts de conifères, il a fallu plus de 100 ans pour que les bryophytes (les mousses) reviennent à l’état d’avant l’exploitation, plus de 55 ans pour les petits mammifères, environ 85 ans pour les plantes vasculaires et 95 ans pour les lichens.

Le rétablissement a généralement été plus long dans les forêts de conifères et les forêts mixtes que dans les forêts de feuillus, révèle l’étude. «Les forêts de feuillus ont toujours fait preuve de résistance, notamment pour les bryophytes et les plantes vasculaires, ou de résilience, avec une récupération en 12 à 25 ans», indique Yves Bergeron.

«La conservation de la biodiversité dans les forêts boréales nécessitera des intervalles prolongés entre les coupes, une gestion visant à préserver les éléments structurels des forêts anciennes et la mise en place de zones protégées de l’exploitation forestière», conclut le professeur émérite.