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L’UQAM remet sept doctorats honorifiques

Un hommage est rendu à Marie-Célie Agnant, Simon Boulerice, Daniel Granger, Isabelle Hudon, Mercédez Roberge, David Saint-Jacques et Monique Simard.

15 juin 2026 à 8 h 50

Mis à jour le 22 juin 2026 à 17 h 01

À l’occasion des cérémonies de collation des grades qui qui se sont déroulées du 4 au 10 juin derniers, l’UQAM a décerné un doctorat honoris causa à sept personnalités qui ont contribué au progrès de la société et au mieux-être de la collectivité.

Ces personnalités sont: Marie-Célie Agnant, poète, romancière, nouvelliste, traductrice et interprète; Simon Boulerice, auteur, acteur, dramaturge et metteur en scène; Daniel Granger, président d’ACJ Communication et des conseils d’administration d’Olympiques spéciaux Québec et du Théâtre du Renard; Isabelle Hudon, présidente et cheffe de la direction de la Banque de développement du Canada; Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles; David Saint-Jacques, médecin, ingénieur et astronaute de l’Agence spatiale canadienne; et Monique Simard, présidente des conseils d’administration du Partenariat du Quartier des spectacles, de La Vitrine et du Fonds Québecor.

Marie-Célie Agnant
Le recteur, Stéphane Pallage, Marie-Célie Agnant et la doyenne de la Faculté des arts, Véronique Cnockaert. Photo: Voltaic

Un doctorat honorifique a été remis à l’écrivaine d’origine haïtienne Marie-Célie Agnant, sur la recommandation de la Faculté des arts, pour souligner la singularité, la diversité et la portée internationale de son œuvre littéraire ainsi que son engagement dans les luttes contre les injustices coloniales et sociales. Établie à Montréal depuis 1970, sa trajectoire, marquée par l’exil, est celle d’une intellectuelle dont la capacité d’indignation est restée intacte.

Également pédagogue et médiatrice culturelle, Marie-Célie Agnant parcourt les écoles et les bibliothèques des Amériques et d’ailleurs pour transmettre aux jeunes générations le goût des mots et la force du témoignage. Autrice de 19 ouvrages – romans, nouvelles, poésie, littérature jeunesse, contes –, elle a façonné une œuvre profondément humaine, traduite en plusieurs langues. Dans La dot de Sara (éditions du remue-ménage, 1995), elle a extrait des récits de vie de grands-mères haïtiennes une sagesse intergénérationnelle et interculturelle. Avec Le livre d’Emma (éditions du remue-ménage, 2001), elle a sondé les abîmes de l’esclavage et les spectres des dictatures. Sous sa plume, les femmes ne sont jamais des victimes passives, mais des figures qui affrontent l’existence pour arracher leur part de lumière et de liberté. Son engagement va au-delà de la littérature. Ainsi, après avoir enseigné le français quelques années, elle a agi comme interprète dans le Réseau de la santé et des services sociaux de Montréal.

Finaliste en 1997 du Prix du Gouverneur général (catégorie Romans et nouvelles) pour Le silence comme le sang, Marie-Célie Agnant a remporté, en 2017, le prix de poésie Alain-Grandbois de l’Académie des lettres du Québec pour Femmes des terres brûlées (éditions de la Pleine Lune). En 2023, elle a été nommée Femme de mérite (catégorie Arts, culture et design) par la Fondation du Y des femmes de Montréal et obtenu le titre de 10e poétesse officielle du Parlement du Canada.

Simon Boulerice
La doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation, Annie Dubeau, Simon Boulerice et le recteur, Stéphane Pallage. Photo: Voltaic

Sur la recommandation de la Faculté des sciences de l’éducation, l’auteur Simon Boulerice est honoré pour sa carrière prolifique, la richesse de son œuvre culturelle et son engagement envers les jeunes et l’école publique. Après un diplôme d’études collégiales en arts et lettres, il approfondit ses connaissances en littérature et en dramaturgie à l’UQAM, puis complète une formation en interprétation au Cégep Lionel-Groulx. Simon Boulerice a publié plus de 70 ouvrages: romans jeunesse, romans et pièces de théâtre. Dans ses écrits, il aborde avec délicatesse des thèmes sensibles, comme l’intimidation, l’orientation sexuelle, l’identité, la maladie, la quête de soi. Son œuvre se distingue par sa capacité à rendre visibles des réalités souvent laissées dans l’ombre et à s’adresser à celles et ceux qui ne se reconnaissent pas toujours dans les récits dominants.

Passeur culturel, Simon Boulerice multiplie les rencontres dans les écoles du Québec: ateliers d’écriture, lectures publiques et projets créatifs valorisent la parole des élèves et rendent tangible la figure de l’écrivain. En classe, ses ouvrages deviennent des outils pour les enseignantes et enseignants, qui peuvent ainsi aborder des enjeux complexes, susciter des discussions, faciliter les apprentissages des élèves. Simon Boulerice a également joué le rôle de porte-parole de la Semaine pour l’école publique et de la Grande lecture partagée de l’Institut des troubles d’apprentissage.

Ses réalisations ont été couronnées de plusieurs distinctions dans les milieux littéraire et télévisuel, dont le Prix des libraires du Québec, en 2014, pour Edgar Paillettes, le prix Adolecteurs, en 2019, pour Le dernier qui sort éteint la lumière, et un prix Gémeaux, en 2023, pour l’écriture de Chouchou. Plusieurs de ses livres ont également été finalistes aux prix du Gouverneur général.

Daniel Granger
La doyenne de la Faculté des sciences humaines, Lucie Dumais, Daniel Granger et le recteur, Stéphane Pallage. Photo: Voltaic

En rendant hommage à Daniel Granger sur la recommandation de sa Faculté des sciences humaines, l’UQAM reconnaît l’ampleur et la portée de son engagement communautaire et bénévole. Ce gestionnaire et entrepreneur est membre du Barreau du Québec depuis 1975. Rapidement, son parcours déborde le cadre juridique pour s’ouvrir au monde des communications, alors qu’il exerce des fonctions de premier plan à la Société canadienne des relations publiques et à la Société québécoise des professionnels en relations publiques. Il siège également aux instances de plusieurs organisations, tant dans les domaines économique, scientifique que culturel.

Depuis près de 30 ans, Daniel Granger se consacre à l’inclusion des personnes autistes ou vivant avec une déficience intellectuelle. Entré au conseil d’administration d’Olympiques spéciaux Québec en 1997, il en assure la présidence depuis 2003. Sous son leadership, l’organisation a étendu ses activités partout au Québec et a érigé le sport en levier d’épanouissement, d’intégration et d’autodétermination pour les personnes présentant une déficience intellectuelle. Le gestionnaire a soutenu, par ailleurs, les programmes Sport unifiéMD, qui rassemble des gens avec et sans déficience intellectuelle, Athlètes en santé et Communauté en santé, en collaboration avec des partenaires universitaires, cliniques et communautaires.

Daniel Granger cultive également les collaborations avec des chercheuses et chercheurs. Il a participé à la création, à l’UQAM, de la Chaire de recherche sur la déficience intellectuelle et les troubles du comportement ainsi qu’à la mise en œuvre de projets visant à outiller les personnes intervenantes, à valoriser la relève scientifique et à développer des pratiques novatrices en santé globale. Nommé membre de l’Ordre du Canada en 2018, il est fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 2023, avant de recevoir, en 2024, l’Écusson du service public de la Société canadienne des relations publiques ainsi que le prix Bénévole par excellence 2025, décerné par l’Association des professionnels en philanthropie, section du Québec.

Isabelle Hudon
Mélissa Denis, présidente du Conseil d'administration de l'UQAM, Pauline Marois, chancelière de l'UQAM, Komlan Sedzro, doyen de l'École des sciences de la gestion, Claude Corbo, recteur émérite de l'UQAM, Isabelle Hudon et le recteur, Stéphane Pallage. Photo: Voltaic

Sur la recommandation de l’École des sciences de la gestion, un doctorat honorifique a été remis à Isabelle Hudon, figure de proue du monde des affaires et de la diplomatie, pour sa contribution à l’essor économique et social de diverses organisations, pour sa défense de l’égalité et de l’équité aux tables décisionnelles et pour son engagement envers la cause des femmes. Après des études universitaires en sciences économiques et en administration des affaires, elle travaille pour des ministères fédéraux et occupe des postes stratégiques au sein d’organisations et d’entreprises d’envergure. En 2006, elle devient présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Puis, en 2010, elle est nommée présidente de la Financière Sun Life au Québec. En 2015, elle cofonde L’effet A, initiative phare qui stimule la progression des femmes en affaires.

Par la suite, Isabelle Hudon est ambassadrice du Canada en France et à Monaco ainsi que représentante du premier ministre pour la francophonie. En 2021, elle devient la première femme à diriger la Banque de développement du Canada (BDC). Sous son leadership, le nombre de compagnies clientes de BDC augmente de près de 50% et des programmes novateurs sont mis en place, dont des fonds dédiés aux femmes entrepreneures et aux communautés sous-représentées. Ancienne présidente du Conseil d’administration de l’UQAM (2008-2012), elle a aussi siégé aux conseils de plusieurs institutions, dont Hydro-Québec et le Conseil des arts du Canada.

Isabelle Hudon a reçu, notamment, la Médaille du Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II (2012), la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec (2016) et les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur de la part du gouvernement français (2021). Elle a également été intronisée, en 2017, au Temple de la renommée du Women’s Executive Network, après avoir été plusieurs fois nommée parmi les 100 femmes les plus influentes du Canada.

Mercédez Roberge
Geneviève Lamy, directrice du Service aux collectivités, Rachel Chagnon, doyenne de la Faculté de science politique et de droit, Mercédez Roberge et le recteur, Stéphane Pallage. Photo: Voltaic

L’UQAM a honoré Mercédez Roberge, sur la recommandation de la Faculté de science politique et de droit et du Service aux collectivités (SAC), pour son engagement dans les luttes féministes et les milieux communautaires ainsi que pour son sens de la justice et de l’équité. Figure incontournable des grandes mobilisations féministes au Québec, elle coorganise, en 1995, la marche Du pain et des roses, dénonçant la pauvreté des femmes. Au début des années 2000, elle s’investit dans les débats entourant la réforme du mode de scrutin et publie, en 2019, Des élections à réinventer. Un pouvoir à partager (éditions Somme toute), qui propose des pistes pour rendre le système électoral plus représentatif.

À titre de coordonnatrice de la Table des regroupements provinciaux des organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB), Mercédez Roberge devient un porte-voix de la démocratie participative en défendant l’autonomie et la liberté d’action de ces organismes. Depuis 2014, la Table joue un rôle clé au sein de la coalition Mon OSBL n’est pas un lobby, laquelle chapeaute près de 150 organisations. Considérant que les OSBL sont cœur de la vie associative et démocratique au Québec, la coalition refuse qu’ils soient assimilés à des lobbyistes professionnels, dont le rôle est de défendre des intérêts privés.

Lauréate en 2014 du prix RÉFORMERA, décerné par le Mouvement pour une démocratie nouvelle afin de souligner son engagement et son expertise, Mercédez Roberge croit en la recherche-action et en la co-construction des savoirs. Elle a participé à des travaux offrant des outils concrets pour soutenir le financement et le développement des organismes communautaires et des OSBL. La TRPOCB a ainsi collaboré à un projet de recherche coordonné par le Service aux collectivités visant à aider les OSBL à ne pas être qualifiés de lobbys. L’UQAM l’a reconnu comme l’un de ses «Projets impact».

David Saint-Jacques
Pauline Marois, chancelière de l'UQAM, François Lalonde, professeur associé au Département des sciences de l'activité physique, Normand Séguin, doyen de la Faculté des sciences, David Saint-Jacques, le recteur, Stéphane Pallage, et Mélissa Denis, présidente du Conseil d'administration de l'UQAM. Photo: Voltaic

Sur la recommandation de la Faculté des sciences, l’UQAM a honoré David Saint-Jacques pour son engagement envers les sciences, sa capacité à transmettre le savoir à la jeunesse et son désir de mettre ses connaissances au service du bien commun. Titulaire d’un baccalauréat en génie physique (Polytechnique Montréal et d’un doctorat en astrophysique (Université de Cambridge), il a d’abord œuvré au sein de laboratoires d’astronomie et d’astrophysique pour développer des instruments de pointe visant à explorer l’univers. Puis, après avoir obtenu un doctorat en médecine (Université Laval) suivi d’une résidence avec une spécialité en médecine de première ligne en région éloignée (Université McGill), il a soigné et accompagné des communautés inuites au Nunavik de 2007 à 2009.

Sélectionné en 2009 comme astronaute par l’Agence spatiale canadienne (ASC) et formé à la NASA, il participe à la mission Expedition 58/59 (2016–2018) à bord de la Station spatiale internationale, contribuant à des avancées scientifiques et technologiques. En décembre 2018, il s’envole à bord du vaisseau Soyouz MS-11 vers la même station, où il séjournera pendant 204 jours, un record pour un astronaute canadien. David Saint-Jacques participe alors à diverses expériences, notamment pour maintenir la santé optimale des astronautes dans les conditions extrêmes de la vie en orbite, et devient le quatrième astronaute de l’ASC à réaliser une sortie extravéhiculaire dans l’espace. Durant sa mission, il participe à Exploring Earth, un programme éducatif conçu pour les jeunes. Ceux-ci utilisent les images prises par l’astronaute depuis l’espace pour améliorer leur compréhension des caractéristiques géologiques de la Terre.

Après sa mission, David Saint-Jacques est retourné à la pratique médicale, tout en poursuivant sa collaboration avec l’ASC. Récipiendaire de la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec (2013) et de la Médaille d’or de la Société géographique royale du Canada (2014), il a été nommé officier de l’Ordre national du Québec, en 2021, et officier de l’Ordre du Canada, en 2022.

Monique Simard
Gaby Hsab, doyen de la Faculté de communication, Pauline Marois, chancelière de l'UQAM, Monique Simard et le recteur, Stéphane Pallage. Photo: Voltaic

L’UQAM a honoré Monique Simard, sur la recommandation de la Faculté de communication, pour ses contributions au progrès social et au rayonnement culturel du Québec. Après des études en histoire et en science politique à l’UQAM, elle joint les rangs de la CSN en 1973, où elle militera près de 20 ans, dont 10 à titre de première vice-présidente, poste qu’aucune femme n’avait occupé jusqu’alors. Congés parentaux, équité salariale et réseau public de services de garde figurent parmi les dossiers dans lesquels elle s’investit. Elle devient ensuite directrice générale du Parti québécois et députée sous sa bannière.

Engagée dans le milieu culturel, elle cofonde puis codirige Virage, une maison de production indépendante où elle coordonne la production de quelque 70 documentaires à caractère social. Elle fonde également l’Observatoire du documentaire et les Rencontres internationales du documentaire de Montréal. En 2008, elle met son expertise au service de l’Office national du film du Canada en tant que directrice générale du programme français et pilote le virage numérique de l’institution. Puis, en 2014, elle devient la première femme à présider la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Son leadership s’exerce aussi au sein de la direction de l’Observatoire de la culture et des communications. Elle copréside le Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel, dont les recommandations ont été soumises au gouvernement québécois à l’automne 2025.

Officière de l’Ordre national du Québec ainsi que commandeure de l’Ordre des arts et des lettres de la République française et de l’Ordre de Montréal, Monique Simard a reçu, notamment, le prix Réalisations du Réseau des femmes d’affaires du Québec en 2022. Poursuivant sa mission au service du bien commun, elle préside aujourd’hui les conseils d’administration du Partenariat du Quartier des spectacles, du Fonds Québecor et de La Vitrine, un OSBL visant à promouvoir la diversité de l’offre culturelle au Québec.

L’UQAM a également décerné un doctorat honoris causa à Léonie Couture, figure majeure de l’innovation sociale au Québec et fondatrice de La rue des Femmes, sur la recommandation de l’École des sciences de la gestion. La remise aura lieu l’automne prochain, dans le cadre d’un événement soulignant les 50 ans du Département d’études urbaines et touristiques.