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Pour la réussite des élèves doués

En classe, la douance n’est pas toujours synonyme de facilité ou de bien-être.

Série

Acfas 2026

Par Marie-Claude Bourdon

5 mai 2026 à 9 h 49

À l’école, les personnes douées ne réalisent pas toujours leur plein potentiel. Selon la définition retenue, ces élèves représentent 2,5 à 10% de la population. Où en est la recherche dans ce domaine et vers quels enjeux devra-t-elle s’orienter à l’avenir? Ces grandes questions seront abordées à partir d’une perspective interdisciplinaire (éducation, psychoéducation et psychologie) dans le cadre du colloque De l’enfance à l’âge adulte: facteurs de réussite et de bien-être chez les personnes douées (12-13 mai).

Natacha Bérubé-Deschênes, doctorante en éducation, est coresponsable de ce colloque avec les professeures Line Massé et Claire Baudry de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), et l’étudiante Alicia Bernier, également de l’UQTR.

«Si l’idée que les personnes douées n’ont pas besoin d’accompagnement fait encore partie des mythes et croyances à déconstruire, les mentalités ont beaucoup évolué, affirme la doctorante. Aujourd’hui, la majorité des enseignantes et enseignants reconnaissent que ces élèves ont des besoins, mais diront qu’ils ne savent pas quoi faire pour les aider.»

Le colloque commencera par une rétrospective des recherches des 40 dernières années avec Line Massé et sa collègue Amélie Courtinat-Camps de l’Université Toulouse Jean-Jaurès.

Le thème de la double exceptionnalité sera ensuite abordé dans différentes présentations abordant l’adaptation socio-émotionnelle des jeunes, les divers troubles associés à la douance et les particularités du diagnostic, notamment chez la femme adulte.

«La double exceptionnalité, c’est lorsque la douance s’accompagne d’une autre condition telle qu’un trouble du spectre de l’autisme (TSA), un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou un trouble de lecture», explique Natacha Bérubé-Deschênes.

La douance est une condition impliquant un potentiel intellectuel plus élevé, alors qu’un trouble d’apprentissage indique un fonctionnement altéré dans le traitement ou la production de l’information sur un plan spécifique, précise l’étudiante. Il est donc tout à fait possible d’être doué et de présenter un trouble d’apprentissage.

Des comparaisons seront d’ailleurs proposées entre les élèves simplement doués et les élèves doublement exceptionnels, à différents âges.

Une autre thématique du colloque portera sur l’identification de la douance et les différents enjeux qu’elle soulève. «Parmi les enjeux clés, la première chose est de reconnaître le besoin d’une identification et le fait que celle-ci peut être compliquée par une double exceptionnalité ou par le fait que certains enfants vont masquer leur caractéristique douée», note la doctorante.

Le dépistage est nécessaire pour mieux comprendre les besoins et les comportements des jeunes, souligne-t-elle. Mais il existe aussi un enjeu de stigmatisation auquel on doit être sensible. «C’est un peu le pendant de l’identification, observe Nathacha Bérubé-Deschênes. On doit faire attention aux étiquettes et ne pas tomber dans l’aspect restrictif de l’identification.»

Quelques communications aborderont des initiatives mises en place pour soutenir l’apprentissage des jeunes. Entre autres, il sera question d’un environnement numérique conçu pour les élèves doués.

D’autres présentations porteront sur des stratégies permettant de développer la créativité des personnes douées, souvent très grande, ou sur l’ennui en classe des élèves doués. Ce dernier sujet sera présenté par Natacha Bérubé-Deschênes, qui en a fait le thème de sa thèse de doctorat.

Le colloque se terminera par une discussion entre deux psychologues cliniciennes et deux conseillers pédagogiques responsables du bloc douance dans leur centre de services scolaire.