Il faut renommer la station de métro Berri-UQAM, qui devrait dorénavant s’appeler UQAM-Quartier latin. C’est la position défendue par un regroupement de professeures et professeurs émérites de l’UQAM dans une lettre publiée le 18 mars dans Le Devoir. Ce nom, «représenterait beaucoup mieux la vocation de l’ensemble de cette partie de la ville, rappellerait son histoire et ses origines francophones, attirerait davantage des visiteurs de l’extérieur du quartier et contribuerait ainsi à sa revitalisation», lit-on dans la lettre, cosignée par Marc H. Choko (École de design), Céline Saint-Pierre (sociologie), Bonnie Campbell (science politique) et une trentaine de leurs collègues.
Le texte rappelle l’importance historique du Quartier latin de Montréal, dont les premières années d’effervescence datent du début du 20e siècle, alors que l’Université de Montréal y était installée. Après avoir connu un certain déclin à partir des années 1940, le quartier renaît avec l’arrivée de l’UQAM, dans les années 1970. La station de métro inaugurée en 1966, d’abord appelée Berri-de Montigny en référence aux noms des deux rues sous lesquelles elle est construite, est d’ailleurs renommée une première fois en 1988, «en reconnaissance du rôle clé de l’Université du Québec à Montréal, dont l’ouverture en 1969 a marqué la renaissance du Quartier latin», écrivent les cosignataires de la lettre. Elle porte depuis le nom de Berri-UQAM.
L’origine du nom de la rue Berri, obscure, pourrait référer au colon Simon Després, dit Berry. Selon les signataires, si le maintien de ce nom dans celui de la station était lié à l’espoir que cette rue devienne un jour «une voie prestigieuse, comme cela était envisagé dans divers projets urbanistiques et immobiliers», cela «est loin d’être advenu». Pour cette raison, ils estiment que supprimer le nom de la station de métro ne représentera pas un grand préjudice, surtout qu’il continuera d’exister pour nommer la rue. «Au contraire, écrivent-ils, marquer l’appartenance de l’UQAM au Quartier latin de Montréal tout en contribuant à sa localisation géographique et à sa valorisation constituerait certainement un geste porteur pour l’avenir.»
Le nouveau chantier majeur qui doit se poursuivre jusqu’en 2028 pour la réfection de la station de métro constitue une occasion à saisir, selon les signataires, qui invitent la Ville de Montréal et sa société de transport à «soutenir les efforts de relance menés par l’UQAM et ses partenaires du quartier en renommant la station UQAM-Quartier latin».
Ce soutien à la relance du Quartier latin est la première initiative publique du Conseil des professeures et professeurs émérites de l’UQAM, qui existe depuis 2024.