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Refonte du bac en enseignement en adaptation scolaire et sociale

La nouvelle mouture propose une entrée plus directe dans les contextes d’enseignement auprès d’élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage.

Par Jean-François Ducharme

29 janvier 2026 à 15 h 32

Mis à jour le 3 février 2026 à 16 h 33

Le baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale fera peau neuve à compter de l’automne 2026. Alors que la précédente mouture exigeait de choisir dès l’entrée au baccalauréat entre le profil d’intervention au préscolaire-primaire et celui au secondaire, la nouvelle version repousse la décision à la troisième année du bac. «Durant les deux premières années, le tronc commun abordera l’ensemble du continuum de l’adaptation scolaire, de la maternelle à l’âge adulte, souligne Catherine Turcotte, professeure au Département d’éducation et formation spécialisées. Cette réorganisation donne la chance aux étudiantes et étudiants de vivre des expériences à la fois au primaire et au secondaire, que ce soit dans les cours ou les stages.»

Le nouveau programme s’arrime également avec le référentiel de compétences pour la profession enseignante, mis à jour par le ministère de l’Éducation en 2021.

De multiples contextes d’enseignement

À la différence du personnel de l’enseignement régulier, les personnes spécialistes de l’adaptation scolaire et sociale peuvent enseigner dans une multitude de contextes: écoles spécialisées, classes spécialisées dans des écoles régulières, orthopédagogie, milieux hospitaliers, centres de formation préparatoire au travail, classes de stimulation précoce au préscolaire… «Les populations d’élèves sont aussi très diversifiées, ajoute Marie-Pierre Fortier, également professeure au Département d’éducation et formation spécialisées. On peut penser, entre autres, aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage, langagières ou d’adaptation, un trouble du spectre de l’autisme ou encore une déficience intellectuelle, visuelle, auditive ou motrice.»

En raison de ces multiples débouchés, les personnes diplômées sont en forte demande. «Il y a une immense pénurie en adaptation scolaire, observe Catherine Turcotte. Dans certains centres de services scolaires, la majorité des personnes embauchées pour ces postes n’ont pas les qualifications requises.»

Plusieurs personnes diplômées prennent la tête d’équipes multidisciplinaires et collaborent avec des éducatrices spécialisées, ergothérapeutes, orthopédagogues et psychologues scolaires pour mieux accompagner les élèves et leurs familles. D’autres poursuivent leurs études à la maîtrise en orthopédagogie et deviennent orthopédagogues. D’autres, enfin, occupent des postes de direction d’un établissement scolaire ou de conseillères ou conseillers pédagogiques, qui soutiennent les équipes-écoles dans le classement des élèves, le développement professionnel de collègues ou l’implantation de nouveaux services.

Entrée plus directe

Le programme de 120 crédits est divisé en sept blocs: les enjeux relatifs aux politiques et à l’organisation des services, la didactique des disciplines scolaires, les difficultés d’adaptation, l’enseignement du français et des mathématiques, les élèves ayant un handicap et la formation pratique. «Nous avons revu les cours  afin de permettre une entrée plus directe dans le milieu scolaire et le monde de la recherche, mentionnent Catherine Turcotte et Marie-Pierre Fortier. Nous avons aussi ajouté certains cours, dont un sur l’apprentissage du français en contexte plurilingue, qui distingue les difficultés d’apprentissage des difficultés liées à la barrière linguistique.»

La formation compte quatre stages. Le stage de première année offre une familiarisation avec l’enseignement en adaptation scolaire. En deuxième année, le stage vise l’appropriation des enjeux et des pratiques d’enseignement. Les deux derniers stages, qui peuvent être réalisés au préscolaire-primaire ou au secondaire, permettent l’intégration à la vie professionnelle et l’insertion socioprofessionnelle.

Des cours optionnels en mathématiques, en français, en arts plastiques, en éducation à la sexualité, en langue des signes québécoise ou sur les réalités autochtones sont également offerts en fin de parcours.

Le programme est offert à temps complet et mène au brevet d’enseignement. Il est possible de faire une demande d’admission pour l’automne 2026 avant le 1er mars.