Pour célébrer son 50e anniversaire, la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement (SQÉBC) organise son congrès annuel du 31 octobre au 2 novembre prochains, à l’UQAM. «Le congrès se tient à l’endroit même où la société a été fondée il y a 50 ans», souligne le professeur du Département des sciences biologiques et vice-président de la SQÉBC, Pierre-Olivier Montiglio (Ph.D. biologie, 2013). L’événement revisitera l’histoire de la société et de la recherche en comportement animal au Québec et ouvrira une réflexion sur son avenir. Entre 250 et 300 personnes du Québec, du reste du Canada et de l’Europe sont attendues.
L’éthologie moderne – la science étudiant les mœurs et le comportement animal qui s’inspire de la psychologie, de la biologie et de la sociologie – est née au début des années 1970 grâce aux travaux de Konrad Lorenz, Niko Tinbergen et Karl von Frisch sur l’organisation des modes de comportement individuel et social des animaux. Les chercheurs, qui ont remporté le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973, sont les seuls comportementalistes de l’histoire à avoir reçu ce prix.
Deux ans plus tard, des chercheurs de plusieurs universités québécoises se réunissent pour fonder la SQÉBC, dont le professeur du Département de biologie Jean Gingras – qui deviendra le premier président de la société – et son collègue du Département de psychologie Jacques Beaugrand. La nouvelle société vise à réunir toutes les personnes qui s’intéressent au comportement animal, à donner à l’éthologie une place plus importante au Québec, tant au niveau de la recherche que de l’enseignement universitaire, et à faire connaître l’éthologie québécoise au grand public.
Le premier congrès de la Société a attiré une trentaine de personnes, rappelle Pierre-Olivier Montiglio. «Le domaine a beaucoup évolué en faisant une place à la psychologie, l’écologie, la philosophie des sciences, la sociologie et l’économétrie, explique le chercheur. Aujourd’hui, pas moins de 58 laboratoires universitaires de recherche au Québec s’intéressent au comportement animal sous toutes ses facettes.»
Dans les années 1980, la SQÉBC s’était positionnée en faveur de l’adoption du harfang des neiges comme emblème officiel du Québec. L’oiseau a été désigné emblème aviaire officiel par l’Assemblée nationale en 1987.
Du passé vers l’avenir
Le congrès 2025 débutera, le 31 octobre, par une plénière qui brossera un portrait de l’étude du comportement animal au Québec de 1975 à nos jours. L’ancien professeur du Département des sciences biologiques Luc-Alain Giraldeau, un chercheur reconnu internationalement dans le domaine et aujourd’hui directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique, participera à cette plénière.
Le lendemain, une table ronde proposera une réflexion sur l’évolution de l’étude du comportement au Québec, de ses origines à ses perspectives. Laurence Feyten, chercheuse postdoctorale au Centre de la science de la biodiversité du Québec, dirigé par le professeur du Département des sciences biologiques Denis Réale, une autre sommité du domaine, sera l’une des panélistes à cette table ronde.
Des présentations sur divers sujets entourant le comportement animal, entre autres la prédation, la conservation, la sélection d’habitats, la reproduction et les changements climatiques, auront lieu tout le week-end.
Un rabais est offert aux étudiantes et étudiants de premier cycle qui souhaitent s’initier à la science du comportement animal. «Assister à mon premier congrès en 2006, alors que j’étudiais au baccalauréat, a été l’un des éléments déclencheurs qui m’ont mené à devenir professeur, se remémore Pierre-Olivier Montiglio. J’avais appris des tonnes de choses sur le comportement animal et rencontré plusieurs personnes avec qui je collabore encore aujourd’hui.» Il est possible de s’inscrire au congrès jusqu’au 31 octobre.