La Faculté des arts, en collaboration avec le centre Hexagram et l’Orchestre philharmonique des musiciens de Montréal (OPMEM), présente West Side Story, le classique du théâtre musical des années 50. Cette mégaproduction réunit près d’une centaine d’Uqamiens, dont des étudiants de l’École supérieure de théâtre et des Départements de musique et de danse, des employés ainsi que des professeurs et chargés de cours ayant participé à la conception, à la production et à la réalisation de la pièce. Les comédiens-danseurs seront accompagnés par les musiciens de l’OPMEM, sous la direction musicale de Philippe Ménard, chargé de cours au Département de musique, directeur artistique de l’orchestre et initiateur du projet. La pièce, qui sera présentée en version originale, est à l’affiche les 27, 28 et 29 mars prochains à la salle Pierre-Mercure, du Centre Pierre-Péladeau.
«C’est un projet unique qui regroupe la danse, le théâtre et l’orchestre musical, explique la metteuse en scène, la professeure Angela Konrad, de l’École supérieure de théâtre. Comme cela implique de nombreux artistes et artisans de la scène, il est rare de voir une telle production montée dans son intégralité autrement que sur Broadway!» Depuis septembre, les étudiants participant au projet ont assisté à des formations de six heures par semaine données par la chargée de cours et chorégraphe Manon Oligny, en danse, et par Angela Konrad, en théâtre. Un coach vocal était aussi sur place pour faire répéter les étudiants. La pièce a été traduite en français par Joëlle Bond, traductrice, comédienne et auteure dramatique. «Tous les acteurs de la pièce, dont la plupart sont des étudiants de l’École, vont aussi chanter et danser, précise la metteuse en scène. Cette version de West Side Story aura ceci de particulier que les acteurs joueront en français et chanteront en anglais.» Un chœur composé d’une vingtaine d’employés viendra soutenir certaines pièces musicales. «Philippe Ménard a fait un travail magnifique avec la musique, dit Angela Konrad. C’est une œuvre très complexe.»
West Side Story, le chef d’œuvre de Leonard Bernstein (musique), écrit en 1957, raconte l’histoire d’amour impossible et tragique entre Tony et Maria, une version moderne de Roméo et Juliette campée dans l’Upper West Side de Manhattan, à New York. Fils d’immigrants polonais, Tony est membre des Jets, un clan composé d’enfants d’immigrants provenant de l’Europe. Maria est pour sa part la sœur du chef des Sharks, le clan rival des Jets, des immigrants de première génération de Puerto Rico, un territoire américain situé dans les Antilles. «Le succès de ce drame musical réside dans le fait qu’il met en scène des problèmes sociaux comme la délinquance juvénile, l’immigration et la question de l’identité de l’immigrant, problèmes par ailleurs toujours actuels», souligne Angela Konrad. Les rôles de Maria et de Tony ont été confiés à Émilie Roy, finissante du baccalauréat en musique (enseignement), et à Louis Lacombe-Petrowski, finissant de l’École supérieure de théâtre.
Bien que la pièce soit présentée en version originale, la chorégraphie créée par Manon Oligny est une véritable œuvre de composition. «Les corps sont pulsionnels et traversés par une soif de vivre, précise Angela Konrad. C’est une œuvre très fougueuse, qui se veut tout de même un clin d’œil aux chorégraphies originales de West Side Story créées par Jerome Robbins.»
Angela Konrad souligne la volonté artistique et politique de la Faculté des arts et de sa doyenne Louise Poissant d’appuyer une telle initiative. «C’est un projet qui permet aux différentes communautés de la Faculté de se rencontrer, tout en donnant une place aux employés qui font aussi partie de l’Université, remarque la professeure. C’est une belle occasion de présenter la force vive et le talent d’ici.»