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Design et espace public

Des étudiants mettent en lumière différents lieux extérieurs de l’UQAM.

Par Valérie Martin

17 juin 2015 à 10 h 06

Mis à jour le 17 juin 2015 à 15 h 06

Concevoir un projet de design constitué d’un dispositif de partage qui participe à l’agencement de l’espace public «tout en rendant sensible l’insensible», voilà le défi lancé par le professeur invité et architecte Thomas-Bernard Kenniff aux étudiants de l’Atelier intensif en design d’événements. Intitulé «Récits partagés et espaces négociés», l’atelier d’une semaine, qui s’est déroulé du 8 au 14 juin derniers, proposait une réflexion sur les liens entre design, récit et espace public.

Thomas-Bernard KenniffPhoto: Alvaro Marinho

«L’idée de partage de l’espace public se réfère à ce qui peut y apparaître et ce qui ne peut pas. Le récit partagé vient pour sa part raconter quelque chose dans l’espace public, et répartir ce qui y apparaissait avant et ce qui y apparaît maintenant», explique le spécialiste de l’architecture et des sciences humaines du design. Quant aux espaces négociés, ils se définissent, selon lui, par une négociation ou par une contestation de ce partage qui est fait de l’espace.

Les dispositifs créés par les étudiants au cours de l’atelier s’inscrivent dans le cadre du Grand parcours sur le campus, prévu pour les fêtes du 375e anniversaire de la ville de Montréal. Le parcours vise à mettre en lumière des espaces publics de l’UQAM dont quelques-uns sont en marge (la cour extérieure du pavillon W, l’entrée condamnée du pavillon Judith-Jasmin à l’intersection des rues Berri et de Maisonneuve, etc.) tout en mettant en forme leur l’histoire par différents dispositifs.

«Ceux-ci permettront aux récits oubliés de prendre place et de devenir sensibles, visibles», complète Thomas-Bernard Kenniff, détenteur d’un doctorat en histoire et théorie de l’architecture de l’École d’architecture Bartlett de Londres.

Avant de réaliser leurs prototypes fabriqués à l’échelle 1:1, les étudiants, en équipe, ont mené une étude de terrain tout en récoltant des témoignages, des anecdotes, des faits divers, des vidéos, des photos et des archives afin de nourrir leurs projets et leurs réflexions. «Il ne s’agit pas ici de raconter seulement l’histoire officielle du lieu, mais aussi celle de son quotidien ainsi que l’histoire du vécu du campus, d’un territoire donné, explique le professeur invité. L’Université s’insère dans la ville tout en constituant en parallèle une ville en soi avec différents publics qui la fréquentent: les étudiants et les passants, par exemple.»

Au milieu de la semaine et à la fin du projet, les étudiants ont été appelés à présenter sur les différents sites d’intervention choisis leurs projets devant leurs collègues et des professeurs de l’École de design, qui ont fait part de leurs commentaires. «L’objectif est d’amener les étudiants à éviter l’exposition standard, qui, par exemple, met à la disposition du public des panneaux explicatifs, souligne Thomas-Bernard Kenniff. Les dispositifs des étudiants doivent participer à l’espace public, non pas en expliquant l’histoire mais en la mettant en forme, et, en ce sens, l’exercice relève davantage de la performance.»

Cet atelier intensif fait partie du cours Design international qui permet aux étudiants de l’École de parfaire leur apprentissage au contact de créateurs, de chercheurs et autres praticiens de réputation internationale œuvrant dans différents champs d’activité du design.