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Art, engagement politique et débat public

Deux Uqamiennes lancent une série d’événements à la confluence de l’art et de la politique.

Par Valérie Martin

16 novembre 2015 à 17 h 11

Mis à jour le 17 novembre 2015 à 13 h 11

Julie Paquette et Emmanuelle SiroisPhoto: Pierre Antoine Lafon Simard

Organisé par Julie Paquette (B.A. science politique, 2004), chargée de cours au Département de science politique, et Emmanuelle Sirois, candidate au doctorat en études et pratiques des arts, en collaboration avec l’Usine C, le débat intitulé «Environnement et économie: comment penser l’avenir en partage?», donnera le coup d’envoi aux Rendez-vous art et politique, une série d’événements qui auront lieu au cours des prochains mois. «Les Rendez-vous proposeront des moments de réflexion et d’échanges entre citoyens et acteurs sur des enjeux sociaux et politiques contemporains, explique Julie Paquette. Ce sont des lieux, accessibles à tous, de rencontre, de discussion et d’interrogation sur l’art, la société civile et la vie politique.» L’approche préconisée par les deux chercheuses vise à démocratiser la connaissance et à diffuser le savoir par des canaux alternatifs.

Le partage des eaux

Ce premier débat s’inscrit en lien avec le thème de la protection de l’environnement exploité dans la pièce Le partage des eaux d’Annabel Soutar, une pionnière du théâtre documentaire au Canada et directrice de la compagnie théâtrale Porte-parole. Traduite par l’auteure Fanny Britt, la pièce raconte l’histoire d’une mère dramaturge (Soutar) qui se met en quête d’un message d’espoir à livrer à ses enfants et à son public quant à l’avenir de l’eau douce. Elle a ceci de particulier qu’elle présente différents points de vue (ceux de spécialistes de l’eau, de militants écologistes, de défenseurs de l’exploitation pétrolière, etc.) sur l’exploitation des ressources naturelles.

Affiche de la pièce Le partage des eaux.Illustration: Mathilde Corbeil

À l’image de la pièce, l’objectif de la conférence est de laisser une place à la parole dissonante, au dissensus, par opposition au consensus, rappelle Julie Paquette. «Le but est d’amener les participants à se forger leurs propres opinions. On cherche à renforcer l’autonomie du spectateur.» La chargée de cours insiste également sur la notion de partage. «Nous allons tous voir la pièce par la suite et, ainsi, partager une expérience.»

Des panélistes de renom

Les cinq panélistes invités sont les professeurs Pierre Desrochers, du Département de géographie de l’Université de Toronto, expert du développement économique; Corinne Gendron, du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable; Yves Prairie, du Département des sciences biologiques, titulaire de la Chaire Unesco en changements environnementaux à l’échelle du globe; Yves-Marie Abraham, d’HEC Montréal, sociologue de l’économie; et Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), qui s’intéresse aux questions d’inégalités sociales.

Anne-Céline Guyon et Roger Rashi, des organismes Coule pas chez nous et Alternatives, présenteront les grandes lignes du manifeste Un grand bond vers l’avant/ Lead Manifesto, une déclaration signée par plus de 30 000 personnes prônant un Canada plus juste et écologique. La dramaturge Annabel Soutar sera aussi sur place pour discuter avec les participants, lesquels seront encouragés à réagir, à commenter et à poser leurs questions aux spécialistes.

Différentes rencontres, différentes formules

D’autres événements se tiendront dans le cadre des Rendez-vous art et politique, dont des soirées Brain Dates, des tête-à-tête surprises avec un invité d’un soir, qui débuteront en février prochain. «Il s’agit de jumeler, le temps d’une soirée au théâtre, par exemple, des logiciens à d’autres spectateurs, illustre Julie Paquette. C’est un moyen de provoquer des rencontres entre gens qui ne se rencontreraient pas autrement et d’échanger sur le mode de l’intime.» Les deux chercheuses préparent également un important colloque sur les thèmes du scandale, du théâtre et de la liberté prévu au printemps 2016.

Julie Paquette et Emmanuelle Sirois, deux passionnées d’art et de politique, se sont rencontrées dans le cadre de leurs études à l’UQAM, et collaborent depuis près de trois ans à plusieurs projets bénévoles dont les Rendez-vous art et politique. Pour la prochaine année, elles ont été désignées chercheuses invitées de l’Usine C, un concept qu’elles ont créé de toutes pièces! «Toutes nos idées naissent de notre condition précaire de chercheuses sans statut particulier», fait remarquer Julie Paquette. En tant que chercheuses invitées, elles peuvent bénéficier de la structure de l’Usine C, d’un public et de réseaux déjà bien implantés. «En Europe, de nombreux intellectuels investissent les théâtres et c’est ce que nous cherchons à reproduire ici, note celle qui enseigne le cours Guerre et paix dans la pensée politique aux étudiants du programme de baccalauréat en relations internationales et droit international (BRIDI). On fait de l’expérimentation en mode intello!»

La conférence-débat du 21 novembre prochain est gratuite. Il en coûte 40 dollars pour le forfait brunch-théâtre et 10 dollars pour le brunch-conférence seulement. Pour obtenir plus d’information, on peut consulter la page Facebook des Rendez-vous art et politique.