Le nombre de personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) a explosé au cours des deux dernières décennies. Au Canada, le taux de nouveaux cas d’autisme identifiés est passé de 35 pour 100 000 enfants et jeunes en 2001 à 365 pour 100 000 en 2024. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, le nombre de personnes diagnostiquées avec un TSA a bondi de 2400 % durant cette même période.
De plus en plus de recherches se penchent sur les réalités et défis vécus par les personnes neurodivergentes, dont celles autistes. «Ces recherches, menées dans différents domaines allant du biomédical au social, sont souvent effectuées en silo, souligne Claudia Hernandez Pérez, étudiante au doctorat en psychologie. Il est nécessaire de croiser les approches et perspectives pour obtenir un meilleur portrait global.»
Le colloque Journée de la relève étudiante en recherche interdisciplinaire sur l’autisme et la neurodivergence du RTSA: de la recherche biomédicale aux politiques sociales et de santé (12 mai), que coorganise Claudia Hernandez Pérez avec six collègues de quatre universités – dont Martin Valian, étudiant au doctorat en santé et société – vise à mobiliser la relève étudiante au Québec en offrant un espace francophone interdisciplinaire pour valoriser les travaux, renforcer les compétences en communication et leadership et tisser des liens avec les pairs et la communauté. Le colloque ciblera l’identification et l’intervention précoces, la santé mentale, l’autonomie, l’inclusion et vieillissement.
À la fin du colloque, une dizaine de présentations par affiches mettront en valeur la diversité des approches interdisciplinaires et le croisement des savoirs. «Des progrès ont été réalisés sur le plan biomédical, surtout en génétique, mentionne Claudia Hernandez Pérez. En psychologie, les nouvelles recherches ciblent les forces et la diversité des profils, et pas seulement les défis et les déficits. On s’intéresse davantage à la qualité de vie, à l’inclusion et à l’autodétermination des personnes neurodivergentes.»
La chercheuse, qui réalise sa thèse doctorale sous la direction de la professeure Mélina Rivard, s’intéresse aux intervenants pivots, soit les personnes qui coordonnent les soins et assurent les liens entre les patients, les proches et l’équipe multidisciplinaire. «Nous souhaitons créer une formation qui uniformisera les définitions des intervenants pivots ainsi que leurs rôles en déficience physique, intellectuelle et en TSA», conclut Claudia Hernandez Pérez.