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Un soutien pour la recherche en français au Canada

Deux projets uqamiens ont reçu des fonds provenant de l’initiative pour le soutien à la création et la diffusion d’information scientifique en français.

20 avril 2026 à 14 h 46

La professeure du Département de musique Hélène Boucher et la candidate à la maîtrise en histoire Charlotte Doucet ont toutes les deux reçu une aide dans le cadre du fonds provenant de l’initiative pour le soutien à la création et la diffusion d’information scientifique en français du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 du gouvernement du Canada.


Jeux musicaux de cours d’école en milieu francophone minoritaire

Le projet d’Hélène Boucher s’intitule «Étude des jeux musicaux de cours d’école en milieu francophone minoritaire au Canada». En enseignement de la musique, il est reconnu que les expériences vécues dans l’enfance ont un impact sur le développement musical. Les jeux musicaux (jeux de mains, de cordes à danser, d’élastiques, de ballons, de poursuite) sont reconnus comme une des composantes des mondes culturels des enfants. Ceux-ci ont été recensés et analysés dans différents pays, mais très peu en contexte francophone. Les travaux précédents de la professeure ont permis de documenter, d’analyser et de rendre disponibles au personnel enseignant plusieurs jeux musicaux du Québec. Ce projet lui permettra d’étendre ses recherches en milieu francophone minoritaire de façon à recueillir des jeux chantés en français à l’extérieur du Québec et à identifier leurs caractéristiques spécifiques, en particulier en lien avec les influences anglo-saxonnes.


La dialectologie au Québec

Intitulé «Atlas linguistique de l’Est du Canada: la dialectologie au Québec dans un contexte d’affirmation disciplinaire et linguistique (1947-1980)», le projet de Charlotte Doucet propose l’analyse du contexte de production de l’Atlas linguistique de l’Est du Canada (Dulong et Bergeron, 1980). Cet atlas dialectologique occupe une place centrale dans la structuration du champ linguistique comme discipline universitaire au Québec et constitue à ce jour la plus grande étude menée sur le français parlé en Amérique du Nord. Héritier d’une tendance traditionnaliste, voire folklorisante, en recherche, il témoigne de l’intérêt des chercheurs pour la vie rurale traditionnelle et le « parler populaire fondamental » préservé hors des milieux urbains. Sa publication en 1980 jette les bases de l’étude du français laurentien par les linguistes, qui mobilisent encore ses données aujourd’hui. La critique de son contexte de production et des orientations de sa méthodologie d’un point de vue historiographique vise à mettre en lumière le processus de disciplinarisation de la linguistique québécoise dans les années 1960 et 1970, à une époque où la langue s’impose comme marqueur identitaire principal.