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Refonte du baccalauréat en philosophie

La nouvelle mouture du programme renforce la formation générale et tient compte des plus récents développements de la discipline.

Par Jean-François Ducharme

5 octobre 2026 à 18 h 36

La première cohorte de la nouvelle mouture du baccalauréat en philosophie a débuté à l’automne 2026. « La refonte du programme comportait deux objectifs principaux: renforcer la formation générale et fondamentale des personnes étudiantes afin de mieux les outiller pour la suite de leur parcours, et actualiser l’offre de cours à la lumière des développements récents de la discipline », affirme Sandrine Roux, professeure au Département de philosophie et directrice des programmes de premier cycle.

Même si elle existe depuis l’Antiquité, la philosophie se renouvelle constamment. «Par exemple, l’intelligence artificielle, la crise écologique et les enjeux d’équité, de diversité et d’inclusion soulèvent de nouveaux défis éthiques, scientifiques, politiques et sociaux qui sont aujourd’hui au cœur de la réflexion philosophique», illustre la professeure.

Des recherches récentes en histoire de la philosophie ont permis d’exhumer et de redécouvrir les œuvres de femmes et d’autres figures longtemps marginalisées. Le nouveau programme intègre ces avancées. «En plus d’étudier Aristote, Platon, Descartes, Kant ou Nietzsche, les étudiantes et étudiants pourront désormais suivre des cours sur Gabrielle Suchon, Mary Wollstonecraft, Watsuji Tetsurō ou Frantz Fanon», se réjouit Sandrine Roux.

Des perspectives professionnelles variées

L’un des mythes persistants dans la population est que la philosophie est une discipline abstraite et déconnectée de la réalité. «Pourtant, nos cours abordent plusieurs sujets d’actualité qui permettent aux étudiantes et étudiants de se positionner face aux grands enjeux et débats de notre époque», explique la chercheuse.

Le baccalauréat en philosophie développe des compétences en analyse, en synthèse, en argumentation et en problématisation, tout en aiguisant l’esprit critique et en renforçant la rigueur intellectuelle. «Ces habiletés sont recherchées dans plusieurs domaines, dont la politique, la fonction publique, la gestion, les communications, la culture, l’édition et l’éthique appliquée», énumère Sandrine Roux.

À la fin de leur bac, plusieurs poursuivent leurs études aux cycles supérieurs. «Un diplôme de maîtrise augmente les chances d’obtenir un poste en enseignement collégial, qui est un débouché classique, indique la professeure. D’autres feront un doctorat et pourront viser une carrière en recherche et en enseignement universitaire.»

Une formation bonifiée

Le programme compte 90 crédits (30 cours). Le tronc commun de 10 cours a été renforcé par l’ajout d’un cours de méthodologie philosophique. «Ce cours permettra aux étudiantes et étudiants de s’initier aux différents types de travaux et de savoir-faire en philosophie: comprendre et analyser des textes, construire une problématique, argumenter. Ces compétences les aideront dans la réalisation de leurs travaux et leur seront utiles tout au long du bac», souligne Sandrine Roux.

Le cœur du programme couvre les autrices et auteurs, canoniques ou non, les époques – de l’Antiquité présocratique à aujourd’hui –, les traditions – empirisme, pragmatisme, phénoménologie, marxisme, philosophies non occidentales – et les différents champs de la philosophie. «Nous avons créé de nouveaux cours sur la philosophie de la santé, l’éthique de l’intelligence artificielle, la philosophie critique de la race et du racisme, la logique philosophique, ou encore sur les liens entre philosophie et psychologie», mentionne la professeure.

Six cours libres permettent de découvrir d’autres disciplines enseignées à l’UQAM ou de s’inscrire à une concentration de premier cycle, notamment en études féministes ou en études autochtones.

Le programme propose deux stages d’enseignement collégial. «Le contenu de ces stages a été repensé en collaboration avec des professeures et professeurs  du collégial, afin d’offrir une expérience plus riche et formatrice à nos stagiaires», précise Sandrine Roux.

Accompagnement de premier plan

Le baccalauréat en philosophie est porté par un corps enseignant dont l’expertise est reconnue tant au Québec qu’à l’international. « Les étudiantes et étudiants peuvent compter sur une équipe enseignante de premier plan, dynamique et engagée, qui attache une grande importance à leur réussite», affirme la professeure.

Un programme de monitorat offre une aide individualisée aux personnes étudiantes, notamment dans la réalisation de leurs travaux. «Nous les accompagnons aussi dans la préparation de leur demande de bourse auprès des organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux», ajoute-t-elle.

De nombreuses activités ponctuent la vie universitaire: conférences, ateliers, groupes de lecture, colloques étudiants… Les étudiantes et étudiants peuvent aussi s’impliquer dans des associations et groupes étudiants, comme l’Assophia et PhiloSitué-es, ou dans des comités du département, par exemple le Comité des programmes de premier cycle en philosophie ou le Comité Équité, Diversité et Inclusion.

Le programme est offert à temps complet ou à temps partiel. Il est possible de faire une demande d’admission avant le 1er novembre pour l’hiver 2027 ou avant le 1er août pour l’automne 2027.