Voir plus
Voir moins

Promouvoir la persévérance scolaire au primaire

Des enfants de 6 à 12 ans ont participé à des ateliers d’écriture et de création de vidéos valorisant la motivation et l’entraide.

Par Claude Gauvreau

19 mars 2026 à 15 h 15

Mis à jour le 23 mars 2026 à 14 h 08

À l’occasion des Journées de la persévérance scolaire organisées en février dernier par le Réseau québécois pour la réussite éducative, le projet Paroles qui font du bien, développé par l’OBNL Loisirs Ste-Béatrice (LSB Laval) en partenariat avec l’UQAM, a été présenté dans quatre écoles primaires de la région lavalloise.

Coordonné par le professeur de l’École supérieure de théâtre Ney Wendell, ce projet consiste en une série de 31 capsules vidéo éducatives créées avec des enfants de 6 à 12 ans, qui proposent des messages valorisant la motivation, l’entraide, la bienveillance et la confiance en soi, des facteurs reconnus comme essentiels pour favoriser la réussite scolaire.

Le projet a une portée intersectorielle, combinant éducation, culture, santé mentale et prévention, explique Ney Wendell, titulaire de la nouvelle Chaire sur les arts pour la santé mentale des enfants et des adolescent-e-s. «Il vise non seulement à permettre aux enfants d’exprimer leur créativité, mais aussi de développer des compétences sociales en stimulant leur capacité, par des paroles, des expressions et des gestes, de s’ouvrir à l’autre, de se soutenir mutuellement et, par ricochet, de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe et à l’école.»


Improvisation, écriture et mise en scène

Financé par le Regroupement lavallois pour la réussite éducative, le projet a démarré en 2024 lors de camps de jour estivaux organisés par LSB Laval pour des enfants du quartier Auteuil. Durant quatre à cinq semaines, des ateliers d’improvisation et d’écriture théâtrales ont permis à une quarantaine d’enfants de concevoir des histoires avec des personnages, des monologues et des dialogues, sous la direction artistique du professeur et en collaboration avec le personnel d’animation des camps de jour. Des étudiantes et étudiants en théâtre et en cinéma de l’UQAM ont également participé au projet à titre d’assistantes et d’assistants.

Les créations ont ensuite été mises en scène et filmées pour produire des capsules vidéo. «Ces capsules présentent des situations du quotidien et des personnages imaginés et interprétés par les enfants, véhiculant des messages de persévérance, d’encouragement, d’altruisme et de camaraderie», note Ney Wendell.

Dans l’une des vidéos, par exemple, un enfant seul est rejoint par un groupe d’amis qui s’inquiètent de le voir triste. Ils tentent de le consoler et de le rassurer en l’invitant à venir jouer avec eux. Dans une autre capsule, deux garçons jouent au ballon et modifient leur stratégie de jeu pour intégrer un nouveau camarade. La saynète illustre l’importance de s’adapter et de faire des compromis pour inclure tout un chacun dans le respect, l’ouverture et le plaisir. Une autre encore expose l’idée de la gratitude qu’il faut transmettre aux gens qui nous entourent.


Un guide pédagogique

Le projet Paroles qui font du bien inclut un guide pédagogique pour l’utilisation des capsules vidéo en classe. Le matériel didactique vise à stimuler la réflexion et la discussion avec les enfants sur l’importance des comportements positifs et de l’entraide à l’école.

«Le guide propose aussi des outils faciles à utiliser pour reproduire en classe, ou dans le cadre d’ateliers de théâtre, les saynètes contenues dans les capsules vidéo, qui abordent toutes des thèmes différents», remarque le professeur.

Jusqu’à maintenant, l’ensemble du matériel (vidéos et guide pédagogique) a été distribué dans 10 écoles primaires situées dans différents quartiers de Laval. «Au total, près de 400 enfants ont été touchés, soit en participant au projet, soit en visionnant les vidéos, indique Ney Wendell. Notre objectif est d’élargir la diffusion des capsules dans d’autres écoles du Québec et auprès d’organismes communautaires partenaires.»


Le théâtre, un outil de médiation

Le projet repose sur l’utilisation du théâtre comme outil de mobilisation, d’éducation et de médiation culturelles. «Dans le quartier Auteuil à Laval, il n’y a pas de bibliothèque ni de salle de théâtre ou de cinéma, observe le professeur. En participant au projet, les enfants du quartier ont pu être en contact direct avec une forme de langage artistique et devenir eux-mêmes des créateurs au moyen de l’écriture et de l’interprétation théâtrales.»

Ney Wendell est un spécialiste du théâtre social et communautaire. Au Brésil, son pays natal, il a travaillé plusieurs fois avec des enfants dans le cadre de projets culturels et théâtraux. Au Québec, il a notamment eu recours au théâtre de marionnettes pour aider des enfants nouvellement arrivés en classe d’accueil à développer leurs habiletés langagières et sociales.