Le professeur du Département des sciences de l’activité physique Gilles Gouspillou et la professeure du Département de psychologie Marie-France Marin ont reçu des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) dans le cadre du Concours Subvention Projet de l’automne 2025. Le montant accordé pour chacun des deux projets est de 952 425 $ sur cinq ans.
Contrer les effets délétères de l’alitement chez les personnes âgées
Gilles Gouspillou est chercheur principal, avec son collègue de l’Université McGill José A. Dorais, du projet intitulé «Évaluer le potentiel thérapeutique de l’urolithine A pour contrer les effets délétères de l’alitement chez les personnes âgées». Dans le cadre du même concours, le professeur a reçu un prix d’une valeur de 50 000 $ décerné au chercheur en milieu de carrière dont le projet a obtenu le meilleur classement et qui s’inscrit dans l’un des domaines d’intervention de l’Institut du vieillissement, tel que défini dans le Plan stratégique 2023-2028 des IRSC: Repenser le vieillissement et autonomiser les aînés. Il avait également bénéficié d’une subvention transitoire de 100 000 $ pour ce même projet l’an dernier.
Avec l’avancée en âge, la masse musculaire, la force, la condition physique et la capacité à réguler la glycémie diminuent progressivement, ce qui entraîne souvent des problèmes de mobilité, un risque accru de chutes et un état général de fragilité. Ces changements peuvent considérablement réduire la qualité de vie des personnes âgées. Les hospitalisations liées à une maladie, une blessure ou une intervention chirurgicale nécessitent fréquemment une période d’alitement, ce qui peut aggraver ces problèmes en accélérant la perte musculaire et en détériorant la condition physique et la santé métabolique. Malheureusement, les stratégies efficaces pour contrer les effets négatifs de l’alitement sur la santé demeurent limitées.
Une cause majeure des altérations musculaires et métaboliques associées au vieillissement et à l’inactivité est l’accumulation de dysfonctionnements mitochondriaux. Les mitochondries, de petites « centrales énergétiques » présentes dans nos cellules, sont responsables de la production d’énergie et de multiples autres processus essentiels. L’urolithine A, un composé naturel produit par les bactéries intestinales à partir de certains aliments, a montré un potentiel prometteur pour soutenir la santé musculaire et mitochondriale.
Cette étude évaluera si l’urolithine A peut atténuer les effets délétères de l’alitement sur la force musculaire, la masse musculaire, la condition physique, le contrôle de la glycémie et la santé mitochondriale. Les résultats pourraient appuyer l’utilisation de l’urolithine A comme stratégie efficace pour protéger les personnes âgées contre les impacts négatifs de l’inactivité physique.
Jeunes actifs, cerveaux moins anxieux
Marie-France Marin est chercheuse principale, avec son collègue du Département de psychologie Dave St-Amour, du projet intitulé «Jeunes actifs, cerveaux moins anxieux: essai contrôlé randomisé d’une intervention d’activité physique pour modifier les trajectoires d’anxiété», auquel sont également associées les professeures Isabelle Soulières, Julie Leclerc et Isabelle Plante. Les chercheuses et le chercheur impliqués sont tous membres de NeuroQAM, un centre de recherche institutionnel de l’UQAM.
L’anxiété est le problème de santé mentale le plus fréquent chez les jeunes. Des niveaux élevés d’anxiété sont associés à des difficultés de comportement et des résultats scolaires plus faibles. La transition entre le primaire et le secondaire, couplée aux bouleversements hormonaux de la puberté, fait de l’adolescence une période sensible au développement de troubles anxieux et donc une cible potentielle d’intervention. L’activité physique est une intervention pertinente, en raison de ses bienfaits sur la santé mentale. Une question demeure: est-il possible de modifier les trajectoires d’anxiété chez les jeunes par une intervention précoce d’activité physique?
Ce projet vise à caractériser l’évolution des manifestations d’anxiété sur une période de trois ans et à identifier les facteurs qui la modulent. L’équipe de recherche examinera l’effet d’une intervention d’activité physique sur les manifestations d’anxiété, sur le niveau d’activité chez les jeunes et déterminera si les changements des manifestations d’anxiété peuvent s’expliquer par les changements dans les niveaux d’activité.
Pour ce faire, 850 élèves de 5e année du primaire, provenant de 20 écoles de la grande région de Montréal, participeront à cet essai contrôlé randomisé. Il y aura quatre collectes de données sur trois ans. Chaque fois, les manifestations d’anxiété (symptômes auto-rapportés, mesures hormonales et processus cognitifs) et la pratique d’activité physique seront mesurées. Différents facteurs liés à l’anxiété (environnement familial, sexe, diverses facettes du genre, vulnérabilité psychologique) seront également pris en compte. Lors de la première année de l’étude, la moitié des jeunes de 5e année du primaire sera assignée aléatoirement à l’intervention d’activité physique pendant 12 semaines (3 fois/semaine).
Ce projet permettra une meilleure compréhension des facteurs qui contribuent à l’évolution des manifestations d’anxiété chez les jeunes et fournira des leviers d’intervention pour promouvoir la santé mentale chez les jeunes.