Toujours soucieuse de réduire sa consommation énergétique, l’UQAM a conclu une entente il y a quelques mois avec une entreprise de services écoénergétiques dans le cadre de son projet majeur d’efficacité énergétique. «Il s’agit de cibler les possibilités d’économie d’énergie et de procéder aux différents travaux pour y parvenir», explique Jonathan Séguin-Verner, ingénieur en charge de la gestion du projet pour le Service de la planification et des projets immobiliers (SPPI).
Lancé en 2006, le projet majeur d’efficacité énergétique de l’UQAM, rappelle-t-il, poursuit trois objectifs: réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de ses bâtiments, diminuer la consommation d’énergie et optimiser les coûts d’énergie en misant sur l’efficacité énergétique.
L’électrification du chauffage et de l’humidification, par le remplacement de chaudières au gaz naturel par des chaudières électriques dans plusieurs pavillons, la modernisation du système de contrôle – les contrôles pneumatiques sont progressivement remplacés par des contrôles électroniques – ainsi que l’optimisation des séquences de fonctionnement des équipements afin d’éviter le gaspillage énergétique figurent parmi les moyens qui seront mis en œuvre pour réduire les émissions de GES. «Le projet vise une réduction de 51 % des émissions de GES par rapport à l’année de référence 2024», souligne Jonathan Séguin-Verner.
Le Service des immeubles a été à l’origine de ce projet. Son directeur, Stéphane Bon, indique que «ce projet s’inscrit dans la foulée du Plan directeur de transition énergétique des immeubles (PDTEI) élaboré en avril 2025, lequel procure une feuille de route sur un horizon de 15 ans, soit d’ici 2040, et permet de guider les investissements nécessaires pour minimiser les émissions des bâtiments institutionnels».
Des laboratoires énergivores
Plusieurs travaux à réaliser dans le cadre de ce projet concernent le Complexe des sciences Pierre-Dansereau, dont les activités en laboratoire nécessitent un important volume de renouvellement de l’air, ce qui engendre une consommation élevée par rapport au reste des bâtiments de l’UQAM. À titre comparatif, la consommation énergétique du Complexe des sciences se chiffre à 1,35 gigajoule (GJ) par mètre carré, tandis que la consommation au Campus central tourne autour de 0,73 GJ/m2, illustre Jonathan Séguin-Verner.
«Compte tenu de cette situation, les possibilités d’économie d’énergie en optimisant les concepts, les méthodes de contrôle et l’opération des systèmes mécaniques sont considérables, souligne-t-il. De plus, certains équipements désuets, visés par les mesures d’efficacité énergétique, sont à remplacer ou à mettre au point.»
En plus des pavillons Président-Kennedy (PK) et Sciences biologiques (SB) au Complexe des sciences, les systèmes de certains bâtiments du campus central, dont le pavillon J.-A-DeSève (DS), font également l’objet de travaux en vue d’améliorer leur efficacité énergétique.
Une chaudière exposée au pavillon DS
Plusieurs activités seront organisées par l’entreprise de services écoénergétiques, Johnson Controls, en collaboration avec le SPPI, afin d’informer la communauté universitaire des améliorations apportées aux infrastructures uqamiennes. Ainsi, une chaudière électrique sera exposée jusqu’à la fin avril dans le hall du pavillon DS. «L’objectif est de sensibiliser la communauté à des travaux qui ne se voient pas et d’en expliquer les avantages écoénergétiques, indique Jonathan Séguin-Verner. En remplaçant la chaudière au gaz par une chaudière électrique, on améliore le chauffage du pavillon et on modernise le système de production de vapeur pour l’humidification du bâtiment.»
Le même type de travaux sera réalisé au pavillon des Sciences biologiques (SB). «Ces chaudières électriques fonctionneront durant les heures hors pointe d’Hydro-Québec, contribuant à une meilleure efficacité énergétique, en parallèle avec l’optimisation des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation», explique-t-il.
Un rôle de vitrine
L’ensemble du projet majeur d’efficacité énergétique de l’UQAM s’aligne sur le Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec, lequel vise la réduction des GES et la décarbonation des bâtiments publics.
«En tant qu’établissement d’enseignement supérieur, l’UQAM joue un rôle de vitrine et d’exemple pour d’autres institutions, favorisant la diffusion des bonnes pratiques en matière d’efficacité énergétique et de développement durable», conclut Stéphane Bon.
Élaboration d’un Plan d’adaptation aux changements climatiques
Dans le cadre de la 30e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui avait lieu en novembre dernier, l’UQAM et 17 autres universités québécoises ont réaffirmé l’urgence climatique et la nécessité de conjuguer leurs efforts et expertises pour relever ce défi planétaire. Cette déclaration conjointe s’inscrivait dans la foulée de la Déclaration mondiale des établissements d’enseignement supérieur pour le climat, signée en 2019. Celle-ci s’accompagnait de trois engagements structurants: atteindre la carboneutralité d’ici 2030, ou au plus tard 2050; renforcer la recherche axée sur les solutions climatiques et le développement des compétences; et accroître l’accès à l’éducation environnementale et au développement durable, tant dans les programmes d’enseignement que dans les initiatives communautaires.
Dans le cadre de son Plan directeur du campus 2026-2046, l’UQAM se dotera d’un Plan d’adaptation climatique (PAC), qui a pour objectifs d’augmenter la capacité de ses communautés, espaces et infrastructures à faire face aux aléas climatiques actuels et futurs.
Le diplômé et directeur général d’Ouranos, Alain Bourque (M.Sc. sciences de l’atmosphère, 1998), a alimenté les réflexions des équipes responsables du PAC lors d’une présentation à l’UQAM, le 22 janvier dernier, au cours de laquelle il a fait un tour d’horizon des changements climatiques avant d’aborder l’importance d’établir un plan pour s’y adapter.
Un guide pour réduire les émissions indirectes de GES
Le Réseau universitaire québécois en développement durable (RUQDD) vient de publier un guide méthodologique de quantification des émissions de gaz à effet de serre (GES) de portée 3. Les émissions de portée 3 regroupent, notamment, celles liées aux déplacements, aux achats de biens et de services ou encore aux événements. Indirectes et souvent hors du contrôle opérationnel des organisations, elles représentent pourtant, dans bien des cas, la part la plus importante de l’empreinte carbone d’une organisation.
En raison de la nature des activités menant aux émissions de GES de portée 3, leur quantification est complexe. C’est pourquoi le guide propose des indications claires quant aux approches de quantification à privilégier, aux catégories d’activités à considérer et aux facteurs d’émission pertinents à utiliser.
Le lancement de ce guide représente une première étape d’un processus d’amélioration continue en matière de quantification carbone. L’intention, dans la prochaine année, est de mettre à jour cet outil en effectuant une veille des meilleures pratiques et en bonifiant continuellement les recommandations qui y sont faites. Le RUQDD souhaite également développer un outil complémentaire, tel qu’un calculateur d’émissions de GES de portée 3, afin de rendre la quantification encore plus accessible et opérationnelle pour les organisations.