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Lectures d’octobre

Actualités UQAM présente chaque mois une sélection d’ouvrages publiés par des membres de la communauté universitaire.

6 octobre 2026 à 10 h 41

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Communiquer en temps de crise

Depuis l’émergence des réseaux sociaux, tout événement non maîtrisé devient un sujet de crise potentiel. Malgré l’omniprésence des crises, qu’elles soient sanitaires, environnementales, technologiques, politiques ou symboliques, les recherches sur le sujet demeurent embryonnaires. Comment réagir lorsque tout vacille, que la confiance s’effrite et que l’opinion s’emballe? Comment communiquer sans trahir, rassurer sans dissimuler, agir sans improviser? L’ouvrage Communication de risque et de crise, sous la direction du professeur du Département de communication sociale et publique Bernard Motulsky et de ses collègues Francine Charest (Université Laval) et Thierry Libaert (Sciences Po Paris), s’inscrit dans cette réalité où communiquer devient autant une posture éthique qu’une compétence stratégique pouvant éclairer les zones d’ombre, restaurer les liens fragilisés et accompagner les processus de gouvernance. S’adressant aux responsables des communications et de la sécurité civile, aux personnes dirigeantes, aux décideuses et décideurs publics ainsi qu’aux gestionnaires, le livre propose une approche plurielle de la communication de risque et de crise, articulant fondements théoriques, analyses critiques et outils opérationnels. Yannick Hémond, professeur au Département de géographie, et Valérie Lehmann, professeure au Département de management, collaborent à l’ouvrage. Publié aux Presses de l’Université du Québec.

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Une Chine complexe en pleine transformation

Que savons-nous vraiment de la Chine aujourd’hui? Et pourquoi, malgré son omniprésence, son modèle hybride nous échappe-t-il? Puissance incontournable, mais difficile à cerner, la Chine ne se laisse pas réduire aux catégories habituelles de la politique, de l’économie et des relations internationales. Pour la comprendre, il faut entrer dans ses logiques propres – celles d’un État façonné par l’histoire, l’échelle du territoire et le poids de sa population. C’est ce que propose Alexandre Schiele (Ph.D. science politique) et le professeur du Département de science politique Ting-Sheng Lin avec leur ouvrage intitulé Comprendre la Chine contemporaine: entre dynamiques internes et ambitions globales. La première partie, intitulée «Perspectives intérieures», examine certaines dynamiques propres à la Chine et la façon dont elles induisent ses interactions avec le monde à ses marges. La deuxième, «Perspectives globales», s’interroge sur quelques projections de la Chine au-delà de ses frontières et sur les limites qu’elles rencontrent. La troisième partie, «Connaître la Chine d’hier pour comprendre celle d’aujourd’hui», se penche sur certaines continuités historiques qui la traversent encore, qui modulent les représentations qu’elle a d’elle-même et des autres, ainsi que sur ses interactions avec le monde. «L’imaginaire chinois est souvent le point aveugle des travaux politiques sur la Chine, écrivent les auteurs. Or, comme dans toute société, il sous-tend le consensus politique.» La conclusion tente d’éclairer certains enjeux de la dynamique actuelle de la relation d’interdépendance sino-américaine, c’est-à-dire entre la puissance dominante et la puissance ascendante. Publié aux Presses de l’Université du Québec.

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En finir avec l’école à trois vitesses

Dans son essai Pour en finir avec l’école à trois vitesses, la diplômée Anne-Marie Boucher (M.A. sociologie) mêle enquête sociologique, témoignages et réflexion personnelle. Ancienne enseignante et cofondatrice, en 2017, du mouvement École ensemble, elle se penche sur la concurrence entre écoles secondaires privées, publiques et programmes pédagogiques particuliers. Dans ce marché scolaire nourri par la sélection, les palmarès et la pression parentale, elle observe une ségrégation malsaine des élèves, un plus grand décrochage, une pression accrue sur le personnel enseignant ainsi que l’érosion de la cohésion sociale. Anne-Marie Boucher nomme les dérives de ce système discriminatoire et propose une voie d’avenir réalisable: un réseau scolaire commun misant sur une formation de qualité pour tous les enfants. Dans la préface de l’ouvrage, Pauline Marois, chancelière de l’UQAM, souligne que le Québec a laissé s’installer un système qui trie les enfants trop tôt, hiérarchise les parcours et transforme l’école en marché. «Ce livre ne se contente pas de dénoncer, écrit Pauline Marois. Il propose un réseau scolaire commun où les fonds publics servent l’égalité des chances, où l’enrichissement n’est pas réservé à quelques-uns, où les enfants peuvent apprendre ensemble sans être divisés selon l’argent, les résultats scolaires ou les stratégies familiales.» Paru chez Québec Amérique.

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L’histoire des arts plastiques à l’école

En 1845, le Parlement du Canada adopte la Loi pour l’instruction élémentaire du Bas-Canada. Si l’on observe quelques exemples d’enseignement des arts à cette époque, il faut attendre 1877 avant que l’enseignement du dessin soit obligatoire. «Il n’est pas question d’apprendre à vos enfants de faire des dessins de fantaisie, des images ou des tableaux d’après nature, écrivait le ministre de l’Instruction publique Gédéon Ouimet. Ce que nous voulons faire enseigner dans nos écoles, c’est le dessin linéaire-géométrique, le dessin industriel de la nouvelle province de Québec.» La fascinante trajectoire du dessin et des arts plastiques à l’école publique francophone, de la professeure associée de l’École des arts visuels et médiatiques Suzanne Lemerise, est la première publication portant sur l’histoire du dessin et des arts plastiques au Québec du XIXe siècle jusqu’en 1980. Le livre étudie les liens entre les finalités du système d’éducation et le contexte politique et culturel. Relevant les rapports de force politiques, idéologiques et disciplinaires qui se jouent en éducation, il fait la lumière sur le développement de l’enseignement du dessin et des arts plastiques. En s’attardant aux ressources pédagogiques offertes au cours de l’histoire et en présentant des travaux d’élèves, cet ouvrage fait aussi émerger des distinctions entre ce qui était prescrit et ce qui était concrètement enseigné. Publié aux Presses de l’Université Laval.

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S’ouvrir aux écritures militantes

Et si les inventions d’écriture, loin d’être l’apanage de la littérature, se trouvaient aussi dans les journaux militants, les feuilles contestataires et contre-culturelles? C’est la question posée par le professeur du Département d’études littéraires Jean-François Hamel dans son essai Les feuilles de l’après-mai. Une histoire littéraire du gauchisme. «J’ai voulu les lire, ces feuilles éphémères, ces bulletins militants, ces canards contestataires pour ce qu’ils étaient en leur temps: des opérations d’écriture et de publication, qui constituaient de plein droit des actions politiques, puisant leurs ressources dans un répertoire singulier d’usages, de pratiques et de formes, qui ne sont pas tout à fait étrangers à ce que nous appelons littérature», explique le professeur. Au cœur des années 68, en dépit de la répression d’État, des dizaines de journaux naîtront des rangs du gauchisme, en France et ailleurs, et perpétueront l’insubordination poétique, rhétorique et médiatique du soulèvement de mai. Cette presse dite tour à tour «libre», «parallèle» et «sauvage» ne cessera d’expérimenter la performativité politique des actes d’écriture, c’est-à-dire leur capacité à agir et à faire agir. Les feuilles de l’après-mai veut éclairer ce qu’écrire veut dire pour celles et ceux qui, à distance de la littérature, rêvent de changer la vie. Paru aux éditions Amsterdam.

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La post-présidence de Jimmy Carter à Donald Trump

Que deviennent les présidents américains après avoir quitté la Maison-Blanche? Comment utilisent-ils la notoriété et l’influence acquises au cours de leur mandat? Avec son ouvrage La post-présidence américaine en évolution: de Jimmy Carter à Donald Trump, Lucie Thouin (M.A. science politique; M.B.A.) propose une analyse de l’évolution de la post‑présidence au cours des quatre dernières décennies, en prenant pour point de départ le modèle emblématique de Jimmy Carter, président d’un seul mandat entre 1977 et 1981. Longtemps considéré comme la référence d’une retraite publique exemplaire – marquée par l’engagement international, la retenue partisane et le désintéressement personnel –, ce modèle est aujourd’hui transformé par de nouvelles pratiques. L’autrice met en lumière les ruptures, les continuités et les facteurs individuels, nationaux et internationaux qui redéfinissent maintenant la place des anciens présidents dans l’espace public. «La montée en puissance de l’institution politique de la présidence moderne rejaillit sur la post-présidence, qui prend de l’importance et devient presque, elle aussi, une institution», écrit-elle. À travers une comparaison rigoureuse des parcours post-mandats de Ronald Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton, Geroge W. Bush, Barack Obama et Donald Trump, elle démontre que l’implication dans les affaires étrangères est dorénavant mise au second plan, que la post‑présidence est de plus en plus commercialisée et centrée sur la valorisation de l’héritage personnel, et que la neutralité politique s’effrite au profit d’interventions partisanes assumées. Publié aux Presses de l’Université du Québec avec une préface de Frédérick Gagnon.