Mieux soigner le trauma
Survivre à un événement traumatique constitue une épreuve profondément douloureuse, dont les séquelles figurent parmi les plus complexes à traiter. Accompagner les victimes exige de renouveler sans cesse les ressources cliniques afin d’offrir des traitements efficaces, bienveillants et respectueux des vitalités psychiques. Or, de nombreuses thérapies émergentes pour le traitement du stress post-traumatique demeurent mal connues des thérapeutes comme du grand public. L’ouvrage Mieux soigner le trauma, cosigné par la professeure du Département de psychologie Pascale Brillon et le psychologue Malik Ait Aoudia, propose une traversée au cœur des thérapies novatrices et prometteuses issues des approches cognitivo-comportementales de dernière génération. Sans établir de hiérarchie entre ces thérapies, les auteurs fournissent des repères pour guider des choix éclairés et étendre l’éventail des stratégies potentielles. Richement documenté et ancré dans la pratique, l’ouvrage regroupe les contributions d’experts internationaux reconnus pour leur rigueur scientifique et leur compétence clinique, et présente pour chaque approche les conceptualisations sous-jacentes, les étapes concrètes du traitement et les données d’efficacité associées. Outil de référence, il constitue une ressource pour le personnel soignant, les chercheuses et chercheurs et les décideurs désireux de mieux accompagner le chemin de reconstruction après le trauma. Paru aux Éditions de L’Homme.
Contrer le racisme en travail social
Le contexte mondial actuel, marqué par une montée de l’extrême droite, des discours haineux et du recul sur les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion, a des répercussions sur les travailleuses et travailleurs sociaux. Ces derniers, qui aident au quotidien les personnes trans ou non binaires, les populations racisées, immigrantes et réfugiées, les Autochtones, les personnes démunies ou celles ayant des problèmes de santé mentale, sont en droit de se questionner si le climat politique est toujours en harmonie avec leur mission de justice sociale et d’équité. Parmi les formes d’oppression vécues en travail social figure le racisme. L’ouvrage Pour des pratiques anti-oppressives en travail social, publié sous la direction de la professeure de l’École de travail social Lilyane Rachédi et de sa collègue de l’UQTR Bouchra Taïbi, vise à mettre en lumière la manière dont le racisme s’infiltre dans les sphères de la vie sociale, professionnelle, économique et politique, et comment il se traduit concrètement dans les milieux professionnels. Le livre donne la priorité aux voix de personnes racisées et de femmes qui se sont démarquées par leurs travaux, leurs écrits et les approches qu’elles empruntent pour aborder l’anti-oppression. Publié aux Presses de l’Université du Québec.
Émouvant journal de la peur
«Je décide aujourd’hui de raconter ce petit récit de ma peur, parce que Caroline, dans un acte de partage courageux et féministe, a rendu sa maladie publique pour inviter les autres à faire partie de son histoire. Ce faisant, elle nous a invité·es à notre tour à raconter nos histoires, qu’elles soient de maladie, de peur, de mort ou de deuil, aussi bien que de joies et de fêtes, pour sortir coûte que coûte d’un silence qui serait, d’après ses dires, un silence de mort. Quand j’ai compris que ma sœur ne guérirait pas, j’ai vite eu peur de succomber à ce silence qui me placerait du côté de la mort, alors que c’est toute la vie (celle de ma sœur, la mienne, celle de nous toustes) que je souhaite célébrer.» En juillet 2022, l’écrivain Nicholas Dawson, chargé de cours au Département d’études littéraires, amorce l’écriture d’un journal qui l’accompagnera durant les deux dernières années de la vie de sa sœur Caroline, brutalement emportée par le cancer. Quels mots pour appréhender la peur, pour canaliser l’effroi, pour célébrer la vie? Au cœur d’une expérience de maladie et de mort, Vida redit la liberté d’une écrivaine partie trop tôt, et la force du lien qui l’unit à son frère. Publié aux Éditions du remue-ménage.
Les enjeux de la relation Québec-USA
Dans les relations internationales du Québec, le lien avec les États-Unis occupe une place centrale. Un ouvrage collectif, La relation Québec – États-Unis, analyse les multiples dimensions de cette relation: échanges politiques, frontières, commerce, investissements, transport, immigration, identité culturelle, ressources naturelles et environnement. En tant qu’État fédéré actif sur la scène internationale, le Québec mène depuis des décennies des initiatives bilatérales et multilatérales qui le mettent en contact direct avec la première puissance mondiale. Pourquoi, comment et dans quelles circonstances le Québec s’engage-t-il avec les États-Unis? Quelles logiques sous-tendent cette relation complexe et évolutive? Publié sous la direction du professeur du Département de science politique Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand, et des chercheurs Christopher Kirkey (State University of New York) et Stéphane Paquin (ÉNAP), l’ouvrage rassemble les contributions de chercheuses et chercheurs issus de divers horizons, qui proposent des analyses originales sur les rouages de la coopération Québec – États-Unis. Certaines identifient leurs fondements, d’autres en révèlent les tensions. S’appuyant sur des enjeux contemporains, chaque chapitre met en lumière le contexte, la portée et les conséquences des décisions politiques qui, d’hier à aujourd’hui, ont façonné l’un des liens internationaux les plus structurants pour le Québec. Paru aux Presses de l’Université Laval.
Développer sa compétence éthique
Pourquoi certaines paroles nous touchent-elles plus que d’autres? Comment distinguer une communication responsable d’une manipulation subtile? Et surtout, comment prendre des décisions éthiques dans un monde saturé d’informations et d’interactions? Dans L’éthique de la communication: introduction aux notions de base, le professeur du Département de communication sociale et publique Yanick Farmer explore les multiples enjeux éthiques auxquels chacun est confronté dans sa vie personnelle et professionnelle. Dès les premières pages, il insiste sur l’importance de développer une compétence éthique: une aptitude à réfléchir, juger et agir de manière éclairée face aux dilemmes moraux que soulève la communication. «Cette compétence dépend autant d’un savoir et d’un savoir-faire que d’un savoir-être, écrit-il. Elle requiert une bonne connaissance de soi, de ses forces, de ses faiblesses et de ce qui compte réellement dans la vie. Elle demande aussi d’avoir du respect pour les autres et, plus généralement, d’être sensible à ce qui nous entoure.» Inspiré notamment par des penseurs antiques comme Aristote et Socrate, son ouvrage rappelle que la vertu ne se limite pas à une disposition naturelle; elle se cultive par l’apprentissage, la discipline et la réflexion. Ainsi, il se veut une invitation à la prise de conscience, à l’amélioration continue et à une pratique plus responsable de la communication. Publié aux Presses de l’Université du Québec.
Tourisme et justice
Si le tourisme génère de nombreux impacts positifs, notamment économiques, la construction d’infrastructures et des échanges entre les cultures, il amène aussi son lot de conséquences négatives. Plusieurs sites ou projets touristiques à travers le monde ont mis en lumière des injustices économiques, sociales, de genre, environnementales, animales ou raciales. Sous la direction de Dominic Lapointe, professeur au Département d’études urbaines et touristiques, et de trois collègues de l’Université de Waterloo, l’ouvrage Justice, Mobility, Power and Tourism aborde le tourisme sous l’angle des enjeux de justice et de pouvoir. Des études de cas provenant de différentes régions du monde illustrent la complexité de ces enjeux. On peut penser à l’exploitation sexuelle des enfants à Cancun, ou encore au mégaprojet Destination Île à Vache en Haïti, qui a entraîné la dépossession des paysans. Ancré dans les études critiques du tourisme, le livre remet en question les points de vue conventionnels sur les dynamiques de pouvoir et les enjeux d’injustice qui en découlent dans le tourisme. Il explore également des pistes vers des pratiques plus équitables et transformatrices pour les communautés et les environnements. Publié aux Éditions Routledge.