Transition sociale et écologique
Et si la transition écologique dépassait les préoccupations environnementales, économiques et technologiques? On la dit verte, énergétique, durable, climatique… mais que signifie-t-elle sur le plan social? L’ouvrage La transition sociale et écologique au Québec, signé par le professeur du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale René Audet, répond à ces questions. Entre les promesses d’une économie carboneutre et les initiatives citoyennes, la transition se joue sur plusieurs scènes, souligne le professeur, qui est titulaire de la Chaire de recherche sur la transition écologique. S’appuyant sur plus de 10 ans de recherches participatives, il montre, grâce notamment à une analyse de discours, comment le mot «transition» fait l’objet de définitions contradictoires par les gouvernements, les milieux d’affaires et les mouvements écologistes. Il explore également les luttes locales, les projets collectifs et les expérimentations de futurs communs. De l’opposition aux hydrocarbures aux groupes de citoyennes et citoyens qui réinventent leurs quartiers, en passant par les paradoxes de l’institutionnalisation à Montréal et le discours de l’État québécois, l’ouvrage met de l’avant les dimensions sociales et politiques de la transition écologique, tout en soutenant que celle-ci ne peut se réaliser sans une transformation sociale. Paru aux Presses de l’Université du Québec.
Regards croisés sur la pensée de Charles Taylor
La professeure du Département de philosophie Dominique Leydet a codirigé la publication de l’ouvrage collectif La pensée de Charles Taylor en débat. Démocratie, dialogue et sécularité, en collaboration avec Bernard Gagnon (UQAR) et Guillaume St-Laurent (collège Montmorency). Le philosophe Charles Taylor, dont l’œuvre s’étend sur plus de 60 ans, a profondément influencé les débats et la réflexion contemporaine sur la démocratie, la diversité et la sécularisation des sociétés modernes. Bien que son œuvre soit mondialement reconnue (ses travaux ont été traduits dans une vingtaine de langues), peu de livres en français lui ont été consacrés. Réunissant des spécialistes du Québec, de France et d’Italie, l’ouvrage explore plusieurs axes de la pensée taylorienne: philosophie morale et politique, anthropologie philosophique et philosophie de la religion. Au Québec, le philosophe s’est fait connaître en raison de ses engagements et de ses prises de position dans les débats sur la question nationale dans les années 1980 et 1990 et, plus récemment, sur les accommodements raisonnables et la laïcité. L’ouvrage se conclut par la première traduction en français d’un texte récent de Charles Taylor, dans lequel il analyse les dérives des démocraties libérales contemporaines et propose des pistes pour y remédier. Paru aux Presses de l’Université Laval.
Fascinante cartographie
«Si aujourd’hui la société nord-américaine baigne dans une profusion d’images cartographiques, la situation était tout autre aux XVIe et XVIIe siècles, quand des Autochtones de diverses nations – Mi’kmaq, Innus, Anishinaabeg, Haudenosaunee, Wolastoqiyik, Wendat, Abénakis, etc. – virent un petit nombre de colons français s’implanter sur des terres qu’ils habitaient ou fréquentaient», rappelle Jean-François Palomino dans son essai historique Cartographier la Nouvelle-France: le savoir géographique au service de l’État (1534-1744). Cartothécaire à Bibliothèque et Archives nationales du Québec pendant une vingtaine d’années, celui qui est aujourd’hui professeur au Département d’histoire a souhaité comprendre comment et pourquoi on a cartographié l’Amérique du Nord française, en plus d’expliquer toute la complexité derrière une telle opération. Pour ce faire, il a parcouru archives et bibliothèques des deux côtés de l’Atlantique, confronté mémoires de géographes, rapports d’ingénieurs, récits de voyageurs, correspondances administratives et notes diplomatiques. Il y a découvert une diversité de motivations politiques, économiques, scientifiques et techniques ayant guidé la confection des cartes et l’usage qu’en faisaient les rois, les ministres et les autorités coloniales. De chapitre en chapitre, on suit la prise de possession de l’Amérique du Nord, de la vallée du Saint-Laurent aux Grands Lacs et du Mississippi à Terre-Neuve. On y voit se tisser un réseau d’interactions qui éclaire la fabrication de ces documents stratégiques et symboliques. Paru chez Boréal.
Repenser l’enseignement de la musique
Créée en Hongrie au tournant des années 1950, la pédagogie Kodály a été implantée au Québec dès les années 1960, entre autres par sœur Marcelle Corneille, fondatrice et professeure émérite du Département de musique. Cette pédagogie repose sur le chant, le jeu musical, le répertoire traditionnel et folklorique ainsi que sur le développement de la musicalité. Délaissée au Québec depuis plus d’un quart de siècle, la méthode connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, notamment pour la place qu’elle accorde au chant folklorique et parce que la recherche soutient son apport positif dans le développement global de l’élève et l’apprentissage musical des enfants. Rédigé par Hélène Boucher et Audrey-Kristel Barbeau, professeures au Département de musique, l’ouvrage Découvrir le plaisir de chanter par la pédagogie Kodály propose une adaptation de la méthode au contexte francophone. Il montre comment cette approche s’arrime naturellement au Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ). Entre repères historiques, analyse critique et pistes concrètes, le livre offre des outils pour intégrer une initiation musicale cohérente, vivante et formatrice à l’école. Publié aux Presses de l’Université du Québec.
Une histoire orale de MusiquePlus
Pendant de nombreuses années, la station de télé musicale MusiquePlus a eu pignon sur rue au 209 Sainte-Catherine Est, aujourd’hui le pavillon V de l’UQAM. Les adolescents de l’époque se rappellent des nombreux directs effectués devant la station, du guichet VoxPop pour faire des demandes spéciales ou des hordes de fans en délire massés devant les grandes baies vitrées pour observer à l’intérieur du studio des artistes de renommée internationale. «D’innombrables jeunes du Québec, de la fin des années 1980 aux années 2010, ont, comme moi, fait leur éducation musicale en regardant religieusement MusiquePlus. Et, comme profs, impossible de faire plus cool que Paul Sarrasin, Marie Plourde, Geneviève Borne ou Rebecca Makonnen», écrit Marie-Lise Rousseau (B.A. communication/journalisme) dans La musique dans le sang: une histoire orale de MusiquePlus. S’appuyant sur des dizaines d’heures d’entrevues , la journaliste donne la parole à plus de 50 personnes qui ont été devant ou derrière la caméra et pour qui MusiquePlus a été beaucoup plus qu’un simple travail. Ces personnes nous racontent la station de l’intérieur, des débuts jusqu’à sa fermeture, en 2019. Elles font ainsi œuvre de mémoire, nous livrant un pan essentiel de notre culture télévisuelle. Publié aux Éditions de ta mère.
Une pièce de théâtre sur l’émancipation après le secondaire
Retour à Laval est la neuvième pièce de théâtre de l’étudiant à la maîtrise en études littéraires Olivier Sylvestre, qui a œuvré pendant plus d’une décennie comme intervenant en dépendance tout en travaillant comme auteur scénique, animateur et conseiller dramaturgique. L’autofiction raconte l’histoire de Lukas, un comédien queer dans la trentaine invité à faire un discours à l’occasion des retrouvailles de son ancienne école secondaire à Laval. Il s’interrompt lorsqu’il aperçoit une bande de garçons au fond de la salle qui, à l’adolescence, l’abreuvaient d’insultes homophobes. Peu à peu, il délaisse son discours préparé et refait le chemin mémoriel de douloureux souvenirs: le camp de soccer où il a échoué à faire partie de la gang des gars, les journées où il a subi le rejet et les insultes. Il se rappelle aussi sa première fois au Cabaret Mado, ses premières amitiés sincères avec des garçons bienveillants. Cette histoire d’émancipation est une forme d’hommage à toutes les personnes qui ont survécu à leur secondaire. «S’il est vrai que les conséquences de l’intimidation durent longtemps, il est aussi vrai que les choses s’améliorent avec le temps», souligne Olivier Sylvestre. Publié chez Hamac (Productions Somme Toute).