La Galerie de l’UQAM amorce sa saison 2026-2027 avec l’exposition collective Une assemblée pour le cosmos. Coproduite avec MICA – Institut d’art contemporain de Montréal, en partenariat avec Espacio México, l’exposition invite à porter un regard renouvelé sur le cosmos qui, depuis toujours, captive les imaginaires et façonne notre rapport au monde. Dans un contexte marqué par les ambitions de conquête spatiale, sept artistes proposent des œuvres qui mobilisent des matérialités chargées d’affects – météorite, pierre, peau de phoque – et des médias variés, tels que la sculpture, le perlage, l’installation, la vidéo et le son. L’exposition met en dialogue ces perspectives, croise les champs de connaissances et ouvre un espace de réflexion, de débat et de spéculation collective sur nos relations au cosmos.
«Notre ciel n’est plus celui de nos parents et encore moins celui de nos ancêtres. Non seulement est-il aujourd’hui peuplé de mégaconstellations satellitaires, mais il est aussi rempli d’un futur bien inquiétant projeté par une poignée de personnes», souligne le commissaire de l’exposition, Antoine Bertron, cofondateur du collectif curatorial L’île d’en face à Nantes, en France. Il est actuellement responsable des expositions, des communications et de la résidence à MICA – Institut d’art contemporain de Montréal.
Selon Antoine Bertron, il est indispensable, à l’ère de l’Anthropocène, de reconsidérer notre rapport au cosmos et de développer d’autres imaginaires qui prennent en compte une dimension de respect et de responsabilité. «Ainsi, face aux récits dominants, l’enrichissement des cosmovisions et l’amplification de perspectives anticoloniales et non extractives se font de plus en plus pressants pour assurer l’édification de futurs en commun, sensibles et pluriels.»
Une assemblée pour le cosmos réunit les artistes Marcela Armas, Gilberto Esparza, Tabita Rezaire, Skawennati, Suzanne Treister, Patricia Domínguez et Jesse Tungilik, originaires, entre autres, du Mexique, du Chili, du Nunavut et de Kahnawà:ke:. Pour en savoir davantage sur leurs parcours, on visite le site de la Galerie.
L‘exposition se déroule à la Galerie jusqu’au 17 octobre prochain. Elle est aussi présentée à MICA – Institut d’art contemporain de Montréal et à Adélard, dans l’église Bishop Stewart Memorial de Frelighsburg.
Activités publiques
Le 7 octobre, la Galerie accueillera une table ronde pour débattre des rapports avec le cosmos, de la politique des non-humains et de l’établissement de relations respectueuses des cosmologies et des différentes formes d’agentivité. Se déroulant de 18 h à 20 h, l’événement sera animé par Bénédicte Ramade et réunira Nahum, Joël Vacheron et Ségolène Guinard.
Une visite de l’exposition, animée par Antoine Bertron, aura lieu à la Galerie le 10 octobre, à 14 h.
Exposition de la finissante à la maîtrise Gabrielle Turbide
Dans la petite salle, la Galerie présente une exposition de Gabrielle Turbide, finissante de la maîtrise en arts visuels et médiatiques. Intitulée Dystrophe, l’exposition donne forme à des écosystèmes hybrides où plantes, algues, micro-organismes et machines fragiles entrent en relation. À travers ces assemblages en transformation, Gabrielle Turbide explore les stratégies d’adaptation et de résistance du vivant, tout en faisant émerger les récits effacés des corps, des voix et des environnements fragilisés.
Au cœur de l’installation se trouvent des images réalisées par impression à la chlorophylle, un procédé photographique organique mobilisant la sensibilité du pigment vert à la lumière ultraviolette. Exposées aux conditions de leur environnement, ces images se transforment au fil de l’exposition, au gré de cycles de dégradation et de réactivation. L’œuvre explore les relations entre le vivant photosynthétique et son milieu en rendant perceptibles des formes sensibles issues de processus biologiques instables.
«Mon projet, explique l’artiste, s’inspire du phénomène d’eutrophisation des milieux salés, processus au cours duquel ces milieux s’enrichissent en nutriments, entraînant une prolifération d’algues, de phytoplancton et de bactéries photosynthétiques. Accéléré par les activités humaines, ce déséquilibre provoque un déclin de la biodiversité et l’asphyxie du milieu.»
Gabrielle Turbide est titulaire d’un baccalauréat interdisciplinaire en arts numériques complété à l’Université du Québec à Chicoutimi et à l’Universidad de los Andes en Colombie. Récipiendaire de deux bourses de l’École des arts visuels et médiatiques, elle a remporté, en 2026, le prix Horizons nouveaux de la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement. Elle est membre du réseau de recherche-création Hexagram et du Centre de recherche et création en arts numériques Ubchihica à Chicoutimi. Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions collectives et de conférences au Canada, en Colombie, au Mexique et au Maroc.
L’exposition est présentée jusqu’au 17 octobre prochain.
Découvrir la Petite collection de la Galerie
À l’occasion de la rentrée, la Galerie propose dans son espace d’accueil Rejouer la Petite collection: premier tour. Cette exposition, commissariée par Anne Philippon, conservatrice adjointe de la Galerie, présente des objets de la Petite collection, qui sont en conversation avec Une assemblée pour le cosmos et Dystrophe. Faisant partie intégrante de la Collection d’œuvres d’art de l’UQAM, la Petite collection est gérée et conservée par la Galerie. Amorcée en 2009, elle comprend aujourd’hui près de 300 pièces d’artistes aux parcours et horizons variés. Ce corpus évolutif s’intéresse aux multiples, ces objets d’art produits en éditions limitées, signés et numérotés, ainsi qu’aux façons de les collectionner et de les mettre en dialogue.
Ce premier tour de la Petite collection réunit, jusqu’au 17 octobre prochain, des œuvres à la croisée de l’art, de la science et de la technologie, qui interrogent notre rapport au monde, à la matière et au vivant. Tout au long de l’année, des objets de la Petite collection seront présentés selon des agencements renouvelés, en résonance avec les expositions de la Galerie.