La vice-doyenne à la recherche et à la création Véronique Cnockaert et le vice-doyen aux études de la Faculté des arts Vincent Bouchard-Valentine briguent le poste de doyenne ou doyen de la Faculté des arts. La candidate et le candidat étaient invités à présenter leur vision à la communauté universitaire, le 18 mars dernier.
La directrice du Secrétariat des instances, Marie-Hélène Fandrich, a ouvert la séance, suivie de la vice-rectrice à la Vie académique, Johanne Grenier, qui a précisé les étapes du processus de désignation de la doyenne ou du doyen, avant de céder la parole à la candidate. L’ordre de passage des personnes candidates avait été tiré au sort au préalable.
Véronique Cnockaert
«Au cours des derniers jours, j’ai eu l’occasion d’écouter de nombreux collègues, employés et chargés de cours, qui se demandent comment donner forme à certaines idées et comment continuer à relever les défis que nous rencontrons, tels que les problèmes d’espaces, la surcharge d’effectifs dans certains cours-ateliers ou la désuétude de certains équipements. On se demande aussi comment mieux soutenir les programmes, moteurs principaux des inscriptions. Malgré tout, et peut-être aussi à cause de ces défis, j’ai vu au sein de nos unités des équipes inventives et profondément dévouées à notre mission de transmission auprès de la communauté étudiante», a déclaré Véronique Cnockaert, professeure au Département d’études littéraires depuis l’année 2000 et vice-doyenne à la recherche et à la création depuis 2024.
La candidate au poste de doyenne souligne la singularité de la Faculté des arts qui offre, depuis sa fondation, «une ouverture critique sur le monde contemporain, laquelle s’incarne dans des projets audacieux et des enseignements dynamiques ainsi que dans l’activité soutenue de ses instituts, ses chaires et ses centres de diffusion. Cette ouverture s’incarne également dans de nombreux partenariats académiques et culturels.»
Son premier engagement est de faire du décanat un facilitateur de projets. «Être doyenne, c’est être à l’écoute, assurer un travail de médiation, de liaison, mais aussi faire preuve d’efficacité: prendre la parole et agir. C’est représenter sa faculté auprès des unités administratives et des instances de l’Université, être la porte-parole de ses fondements et de ses missions, et porter ses ambitions collectives, affirme-t-elle. Cela suppose une vision partagée et une attention constante à l’équilibre entre les contraintes institutionnelles, politiques et réglementaires, et le pouvoir décisionnel des unités de base.»
En contexte budgétaire limité, la rationalité impose des choix difficiles, rappelle Véronique Cnockaert. «Cette rationalité nous oblige à faire preuve de créativité en partant de nos forces. Ce n’est qu’avec une grande dose d’inventivité et de solidarité que nous pourrons relever certains défis», observe-t-elle.
Le décanat doit agir comme «un véritable partenaire de développement», affirme la candidate. «Je compte, par exemple, soutenir et défendre les programmes, créer des ponts entre les équipes de recherche dans les cégeps et les nôtres, créer des passerelles pour faciliter le passage du premier au deuxième cycle d’une discipline à une autre afin de faciliter les changements d’orientation et permettre à davantage d’étudiantes et d’étudiants de trouver leur place dans nos programmes et d’y réussir, et donner de la visibilité à la recherche effectuée par les personnes chargées de cours.»
L’internationalisation de la formation et de la recherche constitue aussi un levier important pour la candidate. «Cela passe notamment par les regroupements stratégiques de recherche, les chaires et les instituts, qui sont des vecteurs importants de visibilité internationale et de recrutement», souligne-t-elle.
La Faculté des arts joue un rôle majeur dans le développement des arts sur la scène montréalaise et québécoise. «Mon second engagement est de rester collectivement vigilants quant à la place de la Faculté comme actrice culturelle incontournable à Montréal. Plusieurs partenariats ont été développés ces dernières années et d’autres pourraient voir le jour afin d’ouvrir à nos étudiantes et étudiants des environnements de création diversifiés.»
Le troisième engagement de la candidate est de faire vivre une véritable collégialité facultaire. «La Faculté est une communauté faite de professeures, professeurs, personnes chargées de cours, personnes employées de soutien et personnes étudiantes. Chacune et chacun contribue à sa vitalité. Je m’engage à maintenir un dialogue constant avec les départements et les écoles, à soutenir le travail essentiel des équipes de soutien et à valoriser l’implication étudiante.»
Une faculté forte, insiste-t-elle, ne produit pas seulement des enseignements et des projets. «C’est une faculté où chacune et chacun se sent reconnu, écouté et soutenu, une faculté attachée à la diversité et à l’inclusion. La faculté doit être un lieu d’épanouissement pour que chaque collègue puisse y développer ses projets et ses idées.»
Dans un monde qui se fragilise et se replie dangereusement, les arts et la pensée critique sont essentiels, estime Véronique Cnockaert. «Ils permettent d’ouvrir des dialogues, de déplacer les regards et d’imaginer d’autres possibles. C’est avec cette conviction que je souhaite contribuer avec vous à faire vivre une faculté ouverte, solidaire, inclusive et créative, une faculté qui continue de rayonner ici et à l’international. Être doyenne, ce serait avant tout soutenir cette énergie collective, car je crois profondément à la force de la collégialité.»
Vincent Bouchard-Valentine
Professeur au Département de musique depuis 2014, Vincent Bouchard-Valentine a d’abord été enseignant de musique au primaire dans la région de Saint-Hyacinthe. «J’ai toujours été engagé envers l’enseignement des arts en milieu scolaire, puis en enseignement supérieur, dit-il. Les arts, dans le système d’éducation québécois, ont toujours été une cause à défendre. Je vise le poste de doyen, car je suis convaincu de pouvoir améliorer le positionnement de la Faculté des arts et de l’UQAM comme institution de formation et de recherche.»
La Faculté des arts, rappelle-t-il, forme des artistes, mais également les personnes qui travaillent dans l’écosystème culturel québécois. «Nous avons déjà un impact majeur sur la société québécoise et je suis persuadé que nous pourrions avoir encore plus d’influence», observe-t-il.
Face à la crise environnementale, aux conflits armés, à la montée des populismes et à l’autoritarisme, Vincent Bouchard-Valentine a la conviction que notre société a besoin plus que jamais de personnes sensibles, ouvertes, instruites, critiques et créatives, capables de faire contrepoids à ces dérives. «Ce sont justement ces personnes que nous formons à la Faculté des arts et c’est mon souhait de pouvoir contribuer au dynamisme de notre faculté», dit-il.
À titre de vice-doyen aux études depuis 2019, Vincent Bouchard-Valentine est particulièrement fier de trois réalisations: la création des programmes de deuxième cycle en enseignement des arts, essentiellement à distance; l’approche interdisciplinaire dans la refonte de quatre baccalauréats (art dramatique, arts visuels et médiatiques, danse, musique); et les financements externes pour soutenir le développement de la programmation, tant du côté des modifications de programmes que de la création de nouveaux programmes.
Le développement de la Faculté des arts comporte trois dimensions, souligne le candidat au poste de doyen: la recherche, la formation et l’administration. «Lorsqu’on considère ces trois dimensions, on se retrouve devant un florilège de développements et d’améliorations souhaitables: établissement de partenariats de recherche, conclusion d’ententes interordres, inauguration d’espaces de diffusion, augmentation des budgets de promotion, mise en œuvre des principes de l’ÉDI, allègement des processus administratifs, augmentation des charges d’enseignement… La liste est presque interminable. La bonne nouvelle, c’est que nous travaillons déjà au quotidien sur la plupart de ces améliorations. Comme doyen, je soutiendrai toute initiative porteuse et pertinente, peu importe sa provenance.»
Les ressources humaines et financières étant limitées, il faut toutefois faire des choix en fonction des enjeux les plus déterminants pour la Faculté des arts, observe Vincent Bouchard-Valentine. «Présentement, le problème le plus criant est la faiblesse des inscriptions dans plusieurs, sinon la majorité de nos programmes. Une augmentation des inscriptions, cela signifie éventuellement plus de financement pour démarrer de nouveaux projets, des contrats d’enseignement pour les personnes chargées de cours, de nouvelles ressources professorales, des équipements, des espaces et surtout, un levier de négociation au sein de l’Université», analyse-t-il.
Pour le candidat, les cinq prochaines années doivent être consacrées à deux priorités interreliées et transversales: le recrutement (atteindre les niveaux d’inscriptions de 2015) et la notoriété. «Il faut améliorer la perception d’excellence de nos formations et de nos expertises au sein de la population en général. L’UQAM doit devenir le premier choix lorsqu’il est question d’études universitaires ou de recherche dans le domaine des arts.»
Au cours des dernières années, la Faculté des arts a consacré plusieurs efforts à la création et à la modification de programmes, rappelle-t-il. «Nous devons désormais rediriger l’énergie créative déployée pour renouveler notre offre de formation vers des stratégies ayant un impact significatif sur le nombre d’inscriptions dans nos programmes. Ce doit être un projet collectif impliquant l’ensemble de notre communauté.»
Pour améliorer le recrutement et la notoriété, Vincent Bouchard-Valentine identifie trois avenues. «Je propose le lancement d’un vaste chantier provincial interordres de valorisation de la formation artistique en enseignement supérieur, placé sous le leadership de la Faculté des arts de l’UQAM.» Onze cégeps sont en attente du déploiement de ce projet, souligne-t-il.
La deuxième avenue est la mise en place de mesures concrètes pour soutenir l’inclusion, la persévérance et la réussite des personnes étudiantes. «Nous devons nous assurer qu’elles vivent une expérience d’apprentissage formidable, qu’elles persévèrent et qu’elles obtiennent leur diplôme dans un temps raisonnable. Ce sont nos principales ambassadrices et principaux ambassadeurs.»
La troisième avenue est la participation active de la Faculté des arts au Plan de relance du Quartier latin. «L’ensemble de nos expertises facultaires peuvent contribuer au développement d’un Quartier latin apprenant doté d’une forte identité artistique», estime-t-il.
Une période de questions avec l’auditoire suivait la présentation de chaque personne candidate.
Période de scrutin
La campagne d’information se poursuit jusqu’au 25 mars. Le scrutin pour la désignation de la doyenne ou du doyen débute à 10 h, le 19 mars, et se poursuit jusqu’à 15 h, le 25 mars, par l’entremise du système Omnivox. Après l’examen des résultats de la consultation, le Comité de sélection, présidé par la vice-rectrice à la Vie académique Johanne Grenier, formulera une recommandation au Conseil académique de la Faculté des arts, lequel fera sa recommandation à la Commission des études. Celle-ci recommandera finalement la nomination de la personne désignée au Conseil d’administration. L’entrée en fonction est prévue le 1er juin 2026.
La nouvelle doyenne ou le nouveau doyen succédera à la doyenne Joanne Lalonde, en poste officiellement depuis le 18 juin 2021 (après un intérim d’un peu plus d’un an).
Lettres de présentation et curriculum vitæ
On peut consulter la lettre de présentation, le curriculum vitæ et les communiqués facultaires de Véronique Cnockaert et de Vincent Bouchard-Valentine sur le site du Secrétariat des instances, sous l’onglet «Consultations en cours».

