Dans les pays du Nord comme du Sud, on fait face à une convergence de crises: urbanisation rapide, stress climatique, creusement des inégalités sociales et sanitaires. Pour répondre à ces enjeux, «de nombreuses expérimentations ont lieu, à l’échelle locale ou régionale, mais il manque toujours la volonté de les rassembler pour en faire une politique publique claire dans un pays ou une région», souligne la professeure du Département de management Valérie Lehmann.
Comment faire pour que ces expériences s’intègrent dans une vision globale et des modèles de gouvernance inclusive? La question sera posée lors du colloque Territoires en transition: habitat, urbanisation, santé, environnement, climat (14-15 mai) que Valérie Lehmann a organisé avec ses collègues Kokou Hometowou Hounogbe, de l’Institut supérieur de développement local de Dakar, et Mohamed Hocine, de l’École Polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger.
«Il faut passer de l’expérimentation ponctuelle et des réponses politiques fragmentées à une transformation structurelle, intégrant gouvernance inclusive, conception bioclimatique, résilience urbaine et perspectives multidisciplinaires», affirme la professeure.
Valérie Lehmann explique que c’est la volonté d’élargir la discussion qui a amené les organisateurs du colloque à travailler sur des thématiques englobant à la fois les villes et des territoires plus larges, l’architecture et l’urbanisme, mais aussi le transport, la santé, la justice sociale et le management.
«Nous avons reçu énormément de propositions, dont plusieurs provenant de pays de l’Afrique sub-saharienne, de l’Afrique du Nord et d’Europe», souligne la professeure.
Parmi la diversité des sujets abordés, des présentations porteront sur la gouvernance de territoires urbains contaminés en Afrique de l’Ouest, sur la résilience urbaine en Algérie et sur des expériences pour améliorer la gestion et l’évaluation du développement durable au niveau municipal au Québec. Monique Mato, de l’École des sciences de la gestion, fera une intervention sur l’État face aux logiques du marché du logement au Canada, alors que Karima Mehaoued, de l’Université Alger 1, s’intéressera à l’écoblanchiment en architecture.
D’autres présentations porteront sur la vulnérabilité hydrologique urbaine, sur l’évaluation des risques dus à l’érosion des côtes, à la sécheresse ou aux inondations, sur la mobilité durable hors des grands centres, l’accessibilité et l’inclusivité des rues. Valérie Lehmann interviendra sur l’engagement actif et institutionnalisé de multiples parties prenantes provenant de différents domaines pour augmenter la résilience des territoires face aux changements climatiques. D’autres aborderont l’agriculture régénérative, la conservation des écosystèmes de savane en Afrique de l’Ouest ou l’accès à la justice numérique à Lomé, capitale du Togo.
«Chacun essaie de trouver des solutions à sa dimension, que ce soit celle du village ou d’une région, mais c’est très difficile d’aboutir à des politiques publiques, observe Valérie Lehmann. On a donc l’intention, après chaque groupe d’interventions, de poser la question: quels sont les prochains pas pour passer à l’action?»