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L’héritage des Jeux olympiques de Montréal

Un colloque interdisciplinaire se penche sur le legs sportif et culturel des Jeux de 1976.

Par Pierre-Etienne Caza

19 mai 2026 à 10 h 59

Mis à jour le 20 mai 2026 à 12 h 21

Cinquante ans après les exploits de la gymnaste Nadia Comăneci, il y a encore beaucoup à dire sur l’impact des Jeux olympiques de Montréal sur la société québécoise. En cette année commémorative, l’héritage sportif et culturel des Jeux de 1976 fera l’objet d’un colloque, les 27 et 28 mai prochains, au MEM – Centre des mémoires montréalaises.

Intitulé «50 ans de mémoires: l’héritage du stade et des Jeux olympiques de Montréal», l’événement réunira une trentaine de spécialistes. «Il s’agit d’un colloque interdisciplinaire rassemblant des expertises, majoritairement uqamiennes, en histoire, en géographie, en études urbaines, en design, en patrimoine urbain, en communication et en sciences de l’activité physique», souligne Anouk Bélanger. La professeure du Département de communication sociale et publique dirige le comité scientifique de l’événement, qui est organisé en partenariat par l’Atelier de chronotopies urbaines, qu’elle codirige avec son collègue Martin Lussier, le MEM et l’UQAM.

Au sein du comité scientifique, Anouk Bélanger est appuyée par Bachir Sirois-Moumni (Ph.D. communication; M.A. communication; B.A. animation et recherche culturelles), professeur à l’Université Saint-Paul, Florent Lefèvre, postdoctorant à la Chaire Sport pour le développement, la paix et l’environnement (UQAM), Sébastien Fyfe (B.A. études littéraires), candidat à la maîtrise en histoire et directeur général de l’Alliance Sport-Études, et Ariane Lefebvre, candidate à la maîtrise en communication.

«L’intérêt de ce colloque est de générer une conversation entre tous les spécialistes invités afin de replacer les Jeux de Montréal dans leur contexte et discuter de leurs legs sportif et culturel, mais aussi des infrastructures que sont le Stade, le Parc olympique et le parc Jean-Drapeau», précise Anouk Bélanger. Les échanges s’ancreront donc dans le sport, mais aussi dans la culture et l’imaginaire populaires. «Deux table rondes publiques viendront clore chacune des journées, avec des invités de marque», annonce la professeure.

Panels du jour 1

Lors de la première journée, Anouk Bélanger, Ariane Lefebvre et Léa Desbiens (B.A. action culturelle), elle aussi candidate à la maîtrise en communication, parleront de «La vocation culturelle du Stade olympique». Maélys Druilhe, chercheuse en résidence à l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, abordera «la diplomatie sportive coercitive», lorsque l’arène olympique est utilisée comme un espace de contestation. En histoire, Sébastien Fyfe s’attardera sur les discours sur le sport dans le Québec francophone des années 1960-1970, et en sciences de l’activité physique, le chargé de cours Michel Vigneault livrera une présentation intitulée «La révolution tranquille et la révolution sportive amateure au Québec ayant les JO de Montréal comme apogée, 1960-1976». Florent Lefèvre abordera les Jeux de Montréal sous l’angle de l’éducation, de la culture et de la jeunesse.

Le journaliste Pierre Gince (le succès des JO de 1976 et leur rentabilité), le chargé de cours de l’Université de Montréal Samy Mesli (les JO de Montréal dans la presse française), le professeur émérite de l’Université de Lausanne Jean-Loup Chappelet (l’héritage du stade et des JO de Montréal pour le système olympique) ainsi que le professeur émérite Tony Froissart et son collègue Jean Saint-Martin, de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne (l’héritage gymnique des JO de Montréal et ses influences en France), participeront également aux panels de la journée.

Table ronde sur le legs sportif des Jeux de 1976

La table ronde publique qui viendra clore cette première journée portera sur le legs sportif des Jeux olympiques de 1976. Elle réunira le commentateur sportif Pierre Houde, la directrice générale du parc Jean-Drapeau, Véronique Doucet (B.A.A.), et la directrice des programmes sportifs et des communications au MAA Club Sportif, Nathalie Lambert, qui est également triple médaillée olympique en patinage de vitesse courte piste (1988, 1992, 1994).

Panels du jour 2

Lors de la deuxième journée, la professeure de l’École de design Anne-Marie Broudehoux livrera une présentation intitulée «Méga-événements et la ville: regard comparatif sur les enjeux et impacts urbains des Jeux olympiques». Bachir Sirois-Moumni et deux autres collègues, Myriam Moore, de l’Université Saint-Paul (Ottawa), et Mac Ross, de l’Université Saint Mary’s (Halifax), mèneront une «enquête nécropolitique» sur la mort du boxeur Cleveland Denny au Stade olympique en 1980. Une discussion sur le design graphique des JO de 1976 avec le professeur émérite de l’École de design Marc H. Choko aura lieu en début d’après-midi.

Le professeur de l’Audencia Business School à Nantes, Dominique Trudel (mémoire de la tour du Stade), l’expert en gouvernance des méga-événements sportifs et observateur du mouvement olympique Sylvain Leclerc (de l’apogée du modèle monumental à l’ère de l’héritage olympique), l’historien et rédacteur en chef des sites Bilan Québec et Perspective monde Serge Gaudreau (Coupe du monde d’athlétisme et marathon populaire de Montréal en 1979) participeront également aux panels de la journée.

«Un panel en anglais et à distance sera également consacré à la question postcoloniale lors des JO de 1976, puisqu’ils ont été les premiers à inclure les Premières Nations dans la cérémonie de clôture, rappelle Anouk Bélanger. Cette inclusion a toutefois prêté flanc à la critique quant à la manière de représenter les cultures autochtones.» Les professeures Janice Forsyth (Université de Colombie-Britannique), Christine O’Bonsawin (Université de Victoria) et Estee Fresco (Université York) aborderont cette question.

Table ronde sur la relation amour/haine avec le Stade

La table ronde qui clôturera le colloque portera sur la relation amour/haine des Montréalaises et Montréalais avec le Stade olympique. Elle réunira Mario Robert (M.A. histoire), président de la Société historique de Montréal, Taïka Baillargeon (Ph.D. études urbaines), directrice adjointe des politiques à Héritage Montréal, Joanne Burgess, professeure émérite au Département d’histoire, et Guillaume Ethier, professeur au Département d’études urbaines et touristiques et coanimateur du balado Cadre bâti.

«Le Stade, c’est bien sûr devenu le symbole de la ville, mais c’est aussi un peu un ovni sur le plan culturel à Montréal, note Anouk Bélanger, qui mène un projet de recherche sur le sujet. Rappelons-nous: on y a accueilli le pape Jean-Paul II, organisé de grands spectacles, dont un associé à une émeute, hébergé des demandeurs d’asiles, procédé à une clinique de vaccination massive lors de la COVID et tenu d’innombrables événements aussi variés que le Salon de l’auto et les Monster Trucks….»

L’idée de cette table ronde a été inspirée de l’ouvrage Stadorama (VLB Éditeur, 2016) de la journaliste Catherine Mathys, chargée de cours à l’École des médias, qui ne pouvait pas être présente au colloque.

«Chaque personne qui intervient lors de ce colloque contribue à la conversation avec son angle disciplinaire, apportant une perspective différente et intéressante par rapport à un ou des aspects de Jeux de 1976, conclut Anouk Bélanger. Je suis particulièrement fière que tous ces spécialistes soient réunis !»