La programmation informatique est enseignée dès l’école primaire dans plusieurs endroits dans le monde, notamment chez nos voisins ontariens. «De nombreuses initiatives individuelles émergent dans les écoles québécoises, souligne Mireille Saboya, professeure au Département de mathématiques. Plusieurs enseignantes et enseignants du primaire vont initier leurs élèves aux bases de la programmation, que ce soit avec des robots ou avec le logiciel Scratch. Mais du côté des programmes, les cours disciplinaires en informatique ne sont plus obligatoires depuis deux décennies.»
Le colloque Programmer à l’école: quelles finalités? Entre curriculum et pratiques enseignantes (14-15 mai), que Mireille Saboya organise avec ses collègues Mélanie Tremblay, de l’Université du Québec à Rimouski, et Michèle Couderette, professeure invitée au Centre de recherches mathématiques, se penche sur l’intégration de la programmation dans les systèmes éducatifs, tant au Québec qu’en France.
En plus de former à la culture numérique, la programmation travaille plusieurs compétences mathématiques comme la modélisation, la généralisation, la reconnaissance de régularités, les propriétés des nombres et des opérations. Elle développe la pensée algorithmique, met en œuvre des compétences de résolution de problèmes et de raisonnement et exige de la créativité, des capacités d’abstraction et un sens critique. Elle met aussi en lumière des registres de représentation ainsi que des raisonnements séquentiels, itératifs ou récursifs.
Le fait de travailler dans un contexte ludique diminue la pression de performance traditionnellement associée aux mathématiques. «Les élèves se donnent le droit de faire des essais et des erreurs, dit Mireille Saboya. Lorsqu’une étape n’a pas été réalisée correctement, ils obtiennent une rétroaction directe et peuvent la corriger par eux-mêmes.»
Le colloque présentera des études de cas et abordera plusieurs sujets comme les rapports entre la pensée algorithmique et la pensée algébrique, les contributions de la robotique pédagogique, et la formation des enseignantes et enseignants. Les professeurs du Département de mathématiques Jean-François Maheux et Fabienne Venant, de même que l’étudiante au doctorat en éducation Marie-Frédérick St-Cyr, feront des présentations durant le colloque.