La Faculté des sciences humaines a souligné, le 19 novembre dernier, l’excellence des réalisations de ses membres à l’occasion de la célébration annuelle Les sciences humaines en tête et en fête, qui en est à sa 14e édition. Au cours de cette soirée festive, animée par la professeure du Département d’histoire Magda Fahrni, 10 prix ont été remis à des professeures et professeurs, à une personne chargée de cours, à des personnes employées ainsi qu’à un diplômé pour leurs contributions à la mission de leur département, de la Faculté et de l’Université. Des hommages ont aussi été rendus à deux nouveaux professeurs émérites. Plus de 120 personnes ont participé à l’événement.
«Cette soirée est l’occasion de rappeler le rôle que jouent les sciences humaines dans notre société, souligne la doyenne de la Faculté, Lucie Dumais. Nos disciplines interrogent ce qui est tenu pour acquis, offrent une distance critique pour mieux comprendre notre monde et esquissent des pistes de solution pour le rendre plus juste et plus durable.»
Professeure émérite 2025
La professeure du Département d‘histoire Joanne Burgess s’est illustrée par ses travaux sur l’histoire sociale et économique de Montréal et la mise en valeur de son patrimoine. Elle a contribué à fonder et a dirigé pendant plusieurs années le profil de maîtrise en histoire appliquée. En 2006, elle a aussi fondé le Laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal (LHPM), devenu un pôle de recherche majeur réunissant chercheurs, institutions muséales et organismes communautaires. Elle a également dirigé l’Institut du patrimoine de l’UQAM de 2010 à 2016 et contribué de façon substantielle à la formation de la relève étudiante. Son engagement envers la recherche partenariale s’est notamment traduit par des collaborations soutenues avec plusieurs musées montréalais. Joanne Burgess a publié de nombreux articles, catalogues d’exposition et ouvrages destinés au grand public. Elle a présidé l’Institut d’histoire de l’Amérique française en plus d’être membre de la Commission de toponymie du Québec depuis 2017. Sa carrière a été saluée par plusieurs distinctions, dont le Prix Acfas André-Laurendeau (2015), son entrée au Cercle d’excellence de l’Université du Québec (2016) et à l’Ordre de Montréal (2017) ainsi que le titre de Citoyenne inspirante décerné par l’Arrondissement de Ville-Marie (2018).
Professeur émérite 2025
Depuis 30 ans, le professeur du Département de sociologie Jean-Marc Fontan a marqué les domaines de l’économie sociale, de l’action communautaire, de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, de l’innovation sociale et de la philanthropie. Il est reconnu comme l’un des principaux artisans du développement de la recherche partenariale au Québec. Il est aussi à l’origine du Réseau canadien de recherche partenariale sur la philanthropie (PhiLab), unique au Canada. Jean-Marc Fontan a contribué à structurer le champ de l’économie sociale au Québec, notamment à travers le Consortium de recherche partenariale en économie sociale. Il a participé au développement du Centre de recherches sur les innovations sociales (CRISES), dont il est toujours un membre actif. Engagé dans la vie universitaire et communautaire, il a notamment dirigé le Département de sociologie et a mis sur pied l’Incubateur universitaire Parole d’excluEs. Il a également formé de nombreuses cohortes d’étudiantes et d’étudiants aux cycles supérieurs. Son travail a été honoré par plusieurs distinctions, dont le Prix d’excellence du partenariat de l’Université du Québec (ex aequo), en 2022, le prix Carrière en recherche de la Faculté des sciences humaines, en 2024, et le prix du Québec Marie-Andrée-Bertrand, en 2025.
Prix d’excellence en enseignement – Carrière
Professeur au Département de psychologie depuis une vingtaine d’années, Pierre Plante est un spécialiste de l’art-thérapie. Passionné par l’art, la créativité et la psychothérapie, son expertise concerne l’intervention auprès des adolescents et des adultes, et plus particulièrement la relation parent-enfant. L’intérêt du professeur pour l’enseignement se traduit dans la manière créative de partager sa passion pour l’art-thérapie, non seulement auprès des personnes étudiantes inscrites à ses cours, mais aussi envers celles qu’il dirige en recherche, dont 16 sont maintenant diplômées. Cette passion s’est également manifestée par la création de huit cours dans le domaine. Pierre Plante accomplit actuellement un troisième mandat à la direction des cycles supérieurs en psychologie. Il a mis sur pied un nouveau programme de troisième cycle menant au diplôme d’études supérieures approfondies (DESA) en art-thérapie, offert depuis cet automne à l’UQAM. De plus, il enseigne et anime des formations au Canada et à l’international, notamment en Thaïlande, au Japon, en Malaisie et en Tunisie, où il collabore également à titre de consultant à la création de programmes ainsi qu’à la reconnaissance professionnelle des art-thérapeutes.
Prix d’excellence en enseignement – Relève (ex æquo)
Professeure à l’École de travail social depuis 2021, Catherine Bélanger Sabourin conçoit l’université comme un espace permettant d’enrichir la pensée et l’action. Son parcours en intervention de proximité et en médiation partenariale l’a menée à l’enseignement de la méthodologie de l’intervention auprès des familles et de leurs réseaux, à la formation pratique des futurs professionnels et à la supervision de stages. La justice sociale, la défense des droits, le respect de la dignité et l’autodétermination font partie des valeurs guidant sa pratique. Comme responsable de la formation pratique, elle s’implique dans la formation continue en milieu institutionnel et communautaire, et en pédiatrie sociale. Intéressée par la technopédagogie, elle cherche à créer des environnements d’apprentissage accessibles et immersifs pour la communauté étudiante et professionnelle. Deux projets collaboratifs, l’un avec l’Institut de pédiatrie sociale en communauté, l’autre avec le Carrefour d’innovation et de pédagogie universitaire, offrent des occasions de formation et d’innovation dans son champ de spécialisation. Catherine Bélanger Sabourin s’intéresse également à l’intervention en logement social, à l’intégration des travailleuses sociales formées à l’étranger ainsi qu’à la recherche en contexte sensible, notamment dans les prisons.
Prix d’excellence en enseignement – Relève (ex æquo)
Professeur au Département de géographie depuis 2024, Rodolphe Gonzalès favorise, notamment, le recours aux technologies et aux logiciels en libre accès. Conjuguant rigueur quantitative et sensibilité aux enjeux sociaux, son approche est guidée par la volonté de comprendre la structure des territoires pour mieux saisir les conditions de leur transformation. Son enseignement est nourri par ses travaux sur la modélisation spatiale, l’automatisation du traitement des données ainsi que la théorie des réseaux et les systèmes complexes appliqués à la géographie. Il aborde les enjeux de justice spatiale par une lecture empirique et quantitative des inégalités territoriales, complétée par des approches qualitatives. Pour explorer les inégalités socioterritoriales, le professeur mène deux recherches portant sur l’enclavement des eaux publiques du Québec par la propriété privée, en collaboration avec l’Université de Montréal et la Fondation Rivières, puis sur la structure du transport collectif et les inégalités d’accès selon le territoire, en partenariat avec la Table de développement social de la MRC de Marguerite-D’Youville. La plupart de ses travaux visent à éclairer la prise de décision et les politiques publiques, et à soutenir les démarches d’équité territoriale issues de communautés locales.
Prix d’excellence en enseignement – Chargée de cours
Sexologue et chargée de cours au Département de sexologie depuis une vingtaine d’années, Marie-Andrée Bossé conjugue enseignement et intervention, notamment dans le cadre de l’éducation à la sexualité des jeunes, depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. À travers son enseignement et ses interventions publiques, elle souhaite faire rayonner la sexologie auprès du grand public, en faisant connaître les enjeux, les contributions et les champs d’expertise de cette discipline. Son approche pédagogique encourage les étudiantes et étudiants à construire leur réflexion en croisant les perspectives scientifiques et expérientielles. Dans ses cours, les divergences d’opinion deviennent des occasions d’apprentissage collectif. Résolument pragmatique, l’enseignement de Marie-Andrée Bossé mobilise des cas concrets issus de son expérience professionnelle pour amener les personnes étudiantes à développer un savoir-faire critique, rigoureux et sensible aux enjeux sociaux, politiques et humains.
Prix d’excellence en recherche – Carrière
La professeure du Département de psychologie Mara Brendgen est membre du Centre de recherche Azrieli au Centre hospitalier universitaire (CHU) mère-enfant Sainte-Justine. Ses travaux portent sur l’interface des facteurs individuels, familiaux et sociaux en lien avec l’étiologie des problèmes d’adaptation chez les enfants et les adolescents. Autrice prolifique, elle a publié plus de 250 articles scientifiques et près de 25 chapitres de livre. L’impact de ses travaux est remarquable. En 2023, la professeure figurait parmi les 100 chercheuses et chercheurs canadiens en psychologie les plus cités. Ses recherches suscitent également un intérêt auprès des médias d’ici et d’ailleurs. Plus récemment, deux de ses projets de recherche sur les liens entre intimidation et santé mentale ont retenu l’attention. Le premier vise à comprendre les effets de l’intimidation par les pairs durant l’enfance et l’adolescence sur la santé mentale et physique à l’âge adulte ainsi que les facteurs de protection susceptibles de les atténuer. Le second cherche à identifier les mécanismes neurologiques et physiologiques sous-jacents, qui expliquent les effets néfastes à long terme de l’intimidation sur la santé des victimes.
Prix d’excellence en recherche – Jeune chercheur
Professeur à l’École de travail social depuis 2019, Jorge Flores-Aranda est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les personnes de la diversité sexuelle et de genre et leurs trajectoires de consommation de substances psychoactives. Il est aussi membre de l’Institut santé et société et de l’Institut universitaire sur les dépendances. Ses travaux se situent au croisement du travail social, de la santé communautaire et des études sur les dépendances. Le professeur a développé un programme de recherche novateur visant à documenter et à améliorer l’accès aux services sociaux et de santé pour les personnes consommatrices de substances psychoactives, particulièrement celles issues de la diversité sexuelle et de genre. Son approche se distingue par une méthodologie participative et partenariale, qui place les savoirs expérientiels des personnes concernées au cœur de la démarche scientifique. Jorge Flores-Aranda collabore étroitement avec des organismes communautaires, des établissements de santé et des instances gouvernementales, assurant un transfert des connaissances vers les milieux de pratique. Ses publications ainsi que sa présence dans les médias et colloques internationaux témoignent d’un rayonnement scientifique et social important.
Prix Atlas – Certificat de mérite
Coordonnatrice au décanat de la Faculté des sciences humaines, Thi Mai Lu travaille à l’UQAM depuis 2003. Son parcours l’a amenée à œuvrer à la Faculté de science politique et de droit, à l’École de langues, à l’École des sciences de la gestion, à la Faculté des sciences de l’éducation, au Département d’histoire et, depuis 2020, au décanat de la Faculté des sciences humaines. Elle a été particulièrement impliquée auprès des programmes de cycles supérieurs, soutenant les équipes afin que chaque personne étudiante évolue dans un environnement dynamique, tout en veillant à ce que les actrices et acteurs de première ligne – directions de programme, directions de recherche – se sentent épaulés. Qu’il s’agisse de traiter des demandes de dérogation aux règlements, de gérer des commandes de cours complexes, de répondre à des demandes particulières ou de traiter de cas d’exception, Thi Mai Lu fait preuve d’ingéniosité et d’un sens de l’écoute remarquable. Animée par une volonté d’apprendre, elle est, depuis près d’un an, responsable des dossiers d’infraction de nature académique, un défi qu’elle a relevé avec efficacité.
Prix Atlas – Entraide et amabilité
Les commis de logiciels Heidi Barnabé et Vicki Goyette ainsi que la chargée de formation pratique Danielle Desjardins et le coordonnateur psychologue Christian Melançon font partie de l’équipe de soutien du Centre de services psychologiques. Cette clinique universitaire, rattachée au Département de psychologie, poursuit une double mission: dispenser des services psychologiques et neuropsychologiques à la population et offrir un milieu de stage privilégié aux doctorantes et doctorants en psychologie de l’UQAM. En cultivant des relations harmonieuses, en instaurant un climat de travail et un milieu d’accueil chaleureux et humain, les membres de l’équipe de soutien contribuent au bon fonctionnement du Centre. Tissée serrée, l’équipe organise avec brio les opérations, tout en tenant compte des particularités et des besoins de la clientèle et du personnel. La bienveillance qui y règne est naturelle et se manifeste au quotidien.
Prix Atlas – Initiative et développement
La secrétaire de direction Nadine De Longchamp et les chargées de formation pratique Véronique Boisvert, Julie Laurion et Alexanne Prince Pelletier sont membres de l’équipe des stages de la Clinique de sexologie. Celle-ci offre des services de psychothérapie individuelle ou de couple ainsi que de l’accompagnement et du soutien pour des difficultés sexuelles ou relationnelles. Ces services sont prodigués par des personnes étudiantes stagiaires, sous la supervision de personnes professionnelles accréditées. Ces dernières années, le Département de sexologie a connu une augmentation du nombre de personnes étudiantes dans ses programmes, occasionnant une pression sur l’offre de stages. En réponse à cette situation, la Clinique a accueilli davantage de stagiaires de deuxième et de premier cycles. L’équipe des stages a relevé de nombreux défis liés au fonctionnement de la Clinique et aux transformations des stages. Elle a établi de nouvelles approches, comme la mise en place de programmes de mentorat et de rencontres régulières de formation du personnel de supervision et l’adoption d’outils numériques pour optimiser la gestion des ressources. Elle a aussi consolidé ses partenariats avec les milieux de stage et leurs équipes, grâce notamment à des sondages sur leurs attentes et à des rencontres d’accueil.
Prix de la meilleure thèse
Le doctorant en sciences des religions Philippe Le Page a été récompensé pour sa thèse intitulée «Apprendre à maîtriser qui on devient: discours et expériences de développement personnel au Québec», réalisée sous la direction du professeur Laurent Jérôme. Après un baccalauréat en enseignement secondaire, concentration éthique et culture religieuse, en 2012, il a complété une maîtrise en sciences des religions en 2015. Ses intérêts de recherche concernent les subjectivités contemporaines, l’adhésion aux mouvements religieux ainsi que l’intensité de l’engagement (émotionnel, physique, spirituel) des adeptes de ces mouvements. La thèse de Philippe Le Page porte sur la réception et l’usage de formations intensives de développement personnel par les personnes participantes. Elle analyse un phénomène à la jonction du culturel et du spirituel, et documente la manière dont les individus donnent un sens à leur identité et à leur parcours biographique. Actuellement chargé de cours au Département de sciences des religions, il envisage un stage postdoctoral à l’Université de Montréal.