Un nouveau microprogramme de deuxième cycle sur les symptômes comportementaux dans les troubles neurocognitifs majeurs chez les adultes sera offert à compter de l’automne 2025. Il s’agit de la première formation au Québec spécialisée dans les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD), des troubles neurocognitifs associés à des maladies comme l’Alzheimer, la démence fronto-temporale ou les démences associées à la maladie de Parkinson. «Le Québec est confronté à une immense pénurie de personnel de première ligne formé dans ce domaine, autant dans les CHLSD, les CLSC que les soins de maintien à domicile», affirme le professeur du Département de psychologie François Richer.
Le programme, qui répond à des priorités exprimées tant dans le milieu de la santé que dans différents ministères, s’adresse à des personnes détenant un baccalauréat en sciences infirmières, en psychologie, en ergothérapie, en travail social, en psychoéducation ou en criminologie, qu’elles soient déjà en exercice (comme agents de relations humaines, par exemple) ou non.
Un tsunami
Des études démontrent que plus de 75 % des personnes atteintes d’un trouble neurocognitif majeur présenteront des SCPD durant leur maladie. Les SCPD, qui englobent plusieurs manifestations comme l’agitation, la confusion, l’agressivité, les hallucinations et les délires, affectent autant la personne que ses proches et les personnes soignantes. «Dans le milieu de la santé, on parle d’un véritable tsunami de personnes atteintes de SCPD», mentionne François Richer.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, le quart de la population sera âgée de 65 ans et plus en 2031. Le problème ne devrait donc pas s’améliorer de sitôt. «Les SCPD sont d’excellents prédicteurs de la rapidité d’évolution de la maladie, mais aussi d’un placement éventuel en CHSLD et du burn-out chez le conjoint ou la conjointe», ajoute le professeur.
Bien qu’il soit difficile de traiter les SCPD, il est possible de les atténuer en contrôlant des facteurs tels que la qualité des interactions, le sommeil, le niveau de bruit, la familiarité des lieux, le contrôle du diabète ou les infections.
Deux cours et un stage
Le programme, qui compte deux cours et un stage, peut être complété en 9 à 12 mois. Le premier cours, offert à l’automne, porte sur l’évaluation des SCPD dans les troubles neurocognitifs. «Nous étudierons les manifestations, les facteurs précipitants, les outils d’évaluation et le processus clinique d’investigation», précise François Richer.
Le deuxième cours, qui se donne au trimestre d’hiver, portera sur les modes d’intervention avec des études de cas concrets qui se déroulent tant en CHSLD qu’à la maison.
Un stage d’intervention de 270 heures en milieu de travail, avec supervision, complète la formation.
Il est possible de faire une demande d’admission pour le trimestre d’automne avant le 1er juin.