Un nouveau diplôme d’études supérieures approfondies (DESA) en art-thérapie sera offert à compter de l’automne 2025. La formation de troisième cycle s’adresse à des personnes qui détiennent une maîtrise ou un doctorat dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines, qui sont autorisées à pratiquer la psychothérapie et qui sont membres du Collège des médecins ou d’un ordre professionnel (psychologues, sexologues, psychoéducatrices et psychoéducateurs, criminologues, ergothérapeutes, conseillères et conseillers d’orientation, infirmières et infirmiers).
«Contrairement à ce qui se fait en Ontario ou dans d’autres provinces canadiennes, la loi québécoise ne permet pas aux personnes diplômées d’une maîtrise en art-thérapie de pratiquer la psychothérapie, déplore le professeur du Département de psychologie Pierre Plante. Notre programme permettra aux personnes qui pratiquent déjà la psychothérapie d’ajouter l’art-thérapie à leur pratique ou à leurs modes d’intervention.»
Le DESA a reçu le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur. «Le programme répond à une pénurie de psychothérapeutes, précise le professeur. Si l’art-thérapie est un mode d’intervention utile auprès de tous les groupes d’âge, elle demeure une approche d’intervention particulièrement bien adaptée aux enfants, aux nouveaux arrivants ainsi qu’aux personnes issues des communautés autochtones.»
Une spécialisation en art-thérapie sera aussi offerte au doctorat en psychologie.
Une histoire riche
La thérapie par les arts possède une riche histoire dont les prémices remontent à l’Antiquité grecque. Au début du 20e siècle, on voit apparaître les premiers art-thérapeutes de l’ère moderne, d’abord en Amérique du Nord, puis en Europe. Le premier programme universitaire au Canada est créé au début des années 1980 par l’Université Concordia, suivi deux décennies plus tard par la maîtrise en art-thérapie de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Une quinzaine de formations en art-thérapie sont aujourd’hui offertes au Canada, en grande majorité par des instituts privés anglophones.
Les diplômés de la maîtrise en art-thérapie n’étant pas accrédités comme psychothérapeutes au Québec, plusieurs mouvements parallèles ont émergé au cours des dernières décennies. «On les appelle des studios libres en art-thérapie, des ateliers ou des ruches d’art, précise Pierre Plante, qui est également président de l’Association des art-thérapeutes du Québec. La popularité et la notoriété de ces mouvements sont en forte croissance depuis une dizaine d’années.»
Enfants, adolescents, adultes et familles
Le programme de 24 crédits compte six cours théoriques ainsi que deux cours de pratique clinique supervisée. «Tous les cours du DESA sont spécialisés en art-thérapie, souligne Pierre Plante. Aucun cours ne portera sur les compétences méthodologiques en recherche, puisque nous reconnaissons d’emblée ces compétences déjà acquises.»
La première année comprend un cours sur l’histoire, les fondements et les approches en art-thérapie ainsi qu’un cours sur la psychologie de la créativité et le processus créateur. Suivront trois cours portant spécifiquement sur les interventions auprès des groupes, des adultes ainsi que des enfants, des adolescents et des familles. Un cours sur la corporéité dans l’évaluation et l’intervention en trauma fait aussi partie du programme.
La formation permettra d’accéder à l’Association des art-thérapeutes du Québec à titre de membre professionnel. Elle permet aussi de répondre aux exigences des ordres professionnels en matière de formation continue.
Le programme est offert à temps partiel à raison d’un ou deux cours par trimestre. L’admission est possible au trimestre d’automne ou d’hiver. Il est possible de faire une demande d’admission dès maintenant pour l’automne 2025.
Séance d’information
Une séance d’information sur le DESA en art-thérapie se tiendra le mardi 8 avril, à 19 h, sur Zoom. Il est possible de s’inscrire à la séance avant le 7 avril.