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Muhoza: faire de la musique pour le plaisir

L’étudiant en création littéraire, gagnant des Francouvertes 2025, veut raconter des histoires.

Par Jean-François Ducharme

27 novembre 2025 à 10 h 12

Né d’un père camerounais et d’une mère rwandaise, Muhoza a grandi dans le quartier Ahuntsic. Pour écrire ses textes, il s’inspire de tout ce qui l’entoure: ses proches, son mode de vie, son quotidien, même ce qu’il mange! De son vrai nom Déric Muhoza Eloundou, l’étudiant en création littéraire a remporté l’édition 2025 du concours Francouvertes, une vitrine majeure de la scène musicale québécoise émergente, au printemps dernier.

«Remporter les Francouvertes a changé ma vie, raconte le musicien. Le seul fait d’être associé à un concours auquel ont participé des noms légendaires comme les Cowboys Fringants, Loco Locass et Karim Ouellet me faisait sentir choyé. Gagner était la cerise sur le sundae.»

Depuis cette consécration, l’artiste de 21 ans et sa troupe de musiciens ne chôment pas. Leur été a été ponctué par une série de spectacles, notamment aux Francofolies de Montréal. Le groupe travaille sur un premier album, qui devrait être lancé au courant de l’année 2026. «Cet album va être beaucoup de fun, lance-t-il durant l’entrevue, qui se déroule entre deux sessions au studio d’enregistrement. J’ai énormément de plaisir avec mes musiciens, et ça se ressent dans nos chansons. J’ai aussi hâte à nos prochains spectacles, car cette expérience du studio a soudé notre équipe.»

Créer des rassemblements

Ses premiers repères musicaux sont des rappeurs des années 1990: Notorious BIG, Jay-Z, J Dilla… Il commence à faire du rap en 2020, à la fin de son secondaire. «Au départ, je faisais du beatbox – l’art de reproduire des bruits, des sons et des musiques avec la bouche – et mes amis rappaient sur mes rythmes, mentionne Muhoza. Progressivement, j’ai rejoint la partie et commencé à rapper moi-même.»

Dans ses chansons, il ne tient pas à véhiculer de messages. Ainsi, chacun peut interpréter sa musique à sa façon. «Ce que j’aime, c’est créer des rassemblements, dit-il. Je souhaite que les gens qui écoutent ma musique vivent de beaux moments, qu’ils se sentent bien ou qu’ils associent mes chansons à des événements positifs.»

D’abord inspiré par le rap old school, le style de Muhoza s’est diversifié au fil des ans. «J’écoute autant D’Angelo et Erykah Badu qu’Amy Winehouse, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald ou Marvin Gaye, raconte l’étudiant. Cette diversité d’inspirations rend ma musique plus riche et plus libre. Avant, je m’efforçais d’écrire des couplets carrés de 16 mesures, mais le fait d’écouter de la musique soul a démocratisé mon écriture.»

Trouver d’autres manières d’écrire

Muhoza s’est inscrit au certificat en création littéraire cet automne. «Je voulais trouver d’autres manières d’écrire, pas seulement des chansons, mais aussi des histoires, dit-il. Dans un cours, on nous a demandé d’écrire en nous inspirant d’une photo. C’était la première fois que je faisais ça! Ça m’incite à trouver des inspirations ailleurs que ce sur quoi je suis habitué d’écrire.»

L’artiste ne se fixe pas d’objectifs de carrière. «Je veux vivre le moment présent, terminer mon premier album, continuer à faire des spectacles et voir si je peux vivre de ma musique», conclut-il.