Voir plus
Voir moins

Le logement, un déterminant clé de la santé

La gestion des immeubles a des impacts sur le bien-être physique et psychologique des locataires.

Série

Acfas 2025

Par Claude Gauvreau

29 avril 2025 à 12 h 05

Dans un contexte où la crise du logement au Québec exacerbe la précarité résidentielle en limitant l’accès à des logements abordables, salubres et de taille suffisante, existe-t-il des modèles de propriété et de gouvernance des immeubles qui minimisent les impacts sur la santé physique et psychologique des occupants? Cette question sera au cœur du colloque Logement + Santé (7 mai), co-organisé par la professeure du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’ESG UQAM Andrée De Serres avec sa collègue du Département de management Hélène Sicotte ainsi que David Kaiser et Mélanie Tailhandier, de la Direction régionale de santé publique de Montréal.

«L’objectif du colloque est de sensibiliser les investisseurs en immobilier, les assureurs et les villes aux impacts générés par la crise du logement sur la santé des locataires: stress, anxiété, sentiment d’insécurité, détresse psycho-sociale», indique la professeure, qui est titulaire de la Chaire Ivanhoé Cambridge d’immobilier et directrice de l’Observatoire et centre de valorisation des innovations en immobilier.

Une partie importante du colloque sera consacrée à des recherches menées par des étudiantes et étudiants de deuxième et troisième cycles de l’UQAM sur des OBNL qui offrent des logements abordables et de qualité, contribuant à la stabilité résidentielle.

C’est le cas, notamment, d’Interloge, dont la mission est d’assurer la détention à long terme de logements pour des familles à faible revenu, et de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), qui développe et gère des logements hors marché destinés spécifiquement à la population étudiante. Une autre présentation portera sur Mission Unitaînés, un organisme dédié à la conception et à la construction de logements pour les personnes autonomes de 65 ans et plus. Une fois construits, ces immeubles sont cédés à des Offices municipaux d’habitation spécialisés dans la gestion de logements sociaux, assurant ainsi leur viabilité à long terme.

«Ces modèles d’entreprise sociale proposent des actions innovantes qui font la promotion de logements adéquats et permanents, bénéfiques pour la santé, observe Andrée De Serres. Néanmoins, ces OBNL font face à plusieurs défis pour réduire leur dépendance aux subventions, renforcer leur légitimité et maintenir le développement de leur parc immobilier.»

Il sera aussi question de la création, depuis une vingtaine d’années, des certifications de bâtiments durables, dont certaines sont dédiées spécifiquement à la santé, au confort et au bien-être des occupants: qualité de l’air, aménagement, environnement verdissant. «Ces certifications sont souvent réservées à des immeubles de luxe, note la professeure. On s’interrogera sur la nécessité qu’elles fassent partie des normes minimales applicables à tous les types de logements.»

Une autre présentation abordera l’impact des îlots de chaleur montréalais sur la santé et la sécurité des locataires ainsi que les stratégies d’adaptation pour renforcer la résilience des bâtiments. Le Plan Climat Montréal encourage les toitures végétalisées, les matériaux réfléchissants, la climatisation et la gestion énergétique optimisée. «Pour réduire les maladies liées à la chaleur, il faut aussi créer des espaces déminéralisés autour des bâtiments et s’assurer que ceux-ci soient à proximité de transports publics.»

Le colloque se conclura par une discussion sur les enjeux de la recherche interdisciplinaire autour de la problématique du logement et de la santé, à laquelle participera le vice-recteur associé au Développement des sciences de la santé, Fabrice Brunet.