Face aux approches traditionnelles en santé mentale, centrées sur les modèles biomédicaux et les traitements pharmacologiques, les organismes communautaires peuvent offrir des solutions novatrices. C’est le message que veut lancer le colloque L’alternative communautaire en santé mentale: technologies et interventions (8 et 9 mai).
«Les pratiques communautaires en santé mentale, très diversifiées, peuvent enrichir les modèles biomédicaux, et ce, dans une perspective de justice et d’inclusion sociales», soutient le chargé de cours du Département de sociologie Gil Labescat (Ph.D. sociologie, 2016), coresponsable du colloque avec Élizabeth Tran, étudiante en psychologie et chargée de projet au Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale (RACOR).
Organisé en collaboration avec le RACOR, qui chapeaute plus de 100 groupes dans la région de Montréal, le colloque appellera à une reconnaissance accrue des pratiques communautaires pour répondre aux défis actuels de la santé mentale, en envisageant des solutions s’appuyant sur une complémentarité sociale des approches.
«Alors que le système de soins doit souvent composer avec des urgences surchargées et un personnel épuisé, les organismes communautaires prônent une approche holistique de la santé mentale prenant en compte les différentes dimensions des trajectoires de vie, note le chargé de cours. Cette approche est axée sur l’autonomie des personnes, le soutien social et les ressources locales, Bref, pour les organismes communautaires, la création du lien social doit être au cœur du regard sur la santé mentale.»
Plusieurs Uqamiennes et Uqamiens participeront au colloque. Le candidat au doctorat interdisciplinaire en santé et société François Savard (M.A. communication, 2024) présentera le programme «Travailleurs de rue numérique» de la Fondation des Gardiens virtuels, un OBNL qu’il a fondé en 2018. Le programme utilise des plateformes numériques pour offrir gratuitement un soutien confidentiel et individualisé aux jeunes de 14 à 25 ans qui font l’objet de harcèlement et de cyberitimidation, subissent de la violence familiale, éprouvent des difficultés d’adaptation scolaire ou rencontrent des problèmes d’anxiété et de dépression.
Le professeur invité du Département de psychologie Louis-Philippe Côté parlera de Suicide.ca, une plateforme de l’Association québécoise de prévention du suicide qui offre des services d’intervention par clavardage et texto, des outils d’autogestion en santé mentale et des ressources d’information sur la santé mentale et les idées suicidaires. L’exemple de Suicide.ca illustre comment les technologies numériques permettent de repérer les personnes vulnérables au suicide et d’intervenir auprès de celles peu enclines à utiliser les services traditionnels.
La professeure du Département d’éducation et pédagogie Geneviève Sauvé participera à une discussion sur une recherche participative concernant un projet de pair-aidance dans l’accompagnement vers la vie active et l’emploi de personnes vivant avec la schizophrénie et des psychoses apparentées.
Une autre présentation portera sur une recherche menée par la professeure du Département de psychologie Sophie Gilbert et des chercheuses de la TÉLUQ, en partenariat avec l’organisme Médecins du monde (MdM). La recherche consiste à explorer les pistes de soutien psychologique pour les intervenantes et intervenants communautaires œuvrant auprès de populations fragilisées sur le plan de la santé mentale.